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L’action anthropique, à l’origine des changements climatiques

ByAdministrateur

Sep 22, 2023

BUJUMBURA, 12 sept (ABP) – L’enseignant à l’Université des Grands Lacs (UGL) et chercheur dans le domaine de l’environnement, M. Tharcisse Ndayizeye, a indiqué à l’ABP, au cours d’une interview, que l’action anthropique est à l’origine des changements auxquels le monde entier en général et le Burundi en particulier, fait face ces derniers jours, lesquels changements affectent différents secteurs de la vie des pays.

Selon ce chercheur en environnement, on parle de changement climatique quand il s’agit d’une situation qui s’observe à une période assez longue, qui peut s’étendre à 30 ans.

Le changements climatique s’opère à l’échelle planétaire par le fait qu’il y a des changements au niveau de l’atmosphère dus à l’action anthropique qui provoque une émission des gaz à effets de serre dont principalement le dioxyde de carbone (CO2), qui provient de l’industrialisation et des automobiles.

Les entreprises industrielles augmentent du jour au lendemain. Chaque pays a tendance à accroître son industrialisation, d’où le CO2 émis dans l’atmosphère augmente d’une année à l’autre, ce qui va renforcer la couche atmosphérique.  « Quand nous recevons l’énergie qui vient du soleil, il y a l’albédo (Grandeur caractérisant la proportion d’énergie lumineuse réfléchie ou diffusée par un corps éclairé), piégé par cette couche et qui provoque le réchauffement climatique », a-t-il expliqué.

Le chercheur Ndayizeye a précisé que le réchauffement en soi n’est pas mauvais, mais quand il y a trop de réchauffement suite à l’activité humaine, les conséquences sont très nombreuses dans différentes dimensions. Par exemple, ici au Burundi où plus de 90% de la population vivent de l’agriculture, quand il y a changement climatique caractérisé par des inondations, les gens qui cultivent dans les marais peuvent travailler à perte. L’inondation, la grêle, la sécheresse et le cyclone ont un impact sérieux sur la production au niveau national. « Nous allons, non seulement manquer de quoi manger, mais également nous allons avoir des difficultés à trouver des devises », a-t-il fait remarquer.

Selon l’enseignant-chercheur, le réchauffement climatique peut causer une fondation des permafrosts (des blocs de grêle) dans les pôles qui, lorsqu’ils s’effondrent, causent des conséquences au niveau de l’élévation des mers, des lacs et des rivières. L’exemple typique est celui du lac Tanganyika qui a récemment détruit les maisons érigées aux environs de ses anciennes rives. « Est-ce que vous imaginez le sort des personnes qui ont contracté des crédits auprès des banques mais qui se voient obligées de quitter leurs maisons et de continuer à rembourser les crédits? », a-t-il déploré.

Dans le secteur de la santé, M. Ndayizeye a donné l’exemple des moustiques qui, jadis, sévissaient dans la région de l’Imbo, mais qui sont maintenant capables de s’adapter dans des régions dites froides (Kayanza, Ngozi, Gitega), grâce au réchauffement planétaire.

Malheureusement, les responsables de changement climatique ne sont pas uniquement des Burundais. Un Chinois ou un Américain peut polluer l’atmosphère, mais les conséquences sont subies par les personnes n’ayant pas les moyens pour se protéger. « Lorsqu’il fait trop chaud, combien de Burundais qui disposent des ventilateurs chez eux ? », s’est-il demandé.

Il a, par ailleurs, révélé que les acteurs environnementalistes n’acceptent pas l’usage des climatiseurs car, a-t-il expliqué, ces outils de climatisation provoquent des réchauffements tout en émettant d’autres gaz néfastes au niveau environnemental.

Etant donné que l’industrie est à la base des changements climatiques, les pays les moins avancés, surtout ceux de l’Afrique, sont moins industrialisés et ont des difficultés à s’adapter à ces changements climatiques. Les pays industrialisés ne cessent de s’enrichir alors qu’ils n’ont pas réservé des moyens pour sauver les populations qui sont en danger à cause des actions menées par leurs industries, s’est-il lamenté.

Le Burundi est un pays souverain qui participe dans le concert des nations et qui dispose des forêts qui captent le CO2 dans l’atmosphère. A cet effet, le chercheur Ndayizeye a demandé la mise en application du principe pollueur-payeur, afin de nous donner des moyens suffisants pour faire face aux conséquences liées aux changements climatiques car, s’est-il exprimé, les responsables de ces derniers et leur apport sont connus et bien identifiés. Il faut qu’ils interviennent de façon efficace pour aider les victimes des changements climatiques, a-t-il souhaité.

Ainsi, a-t-il proposé, même si l’on contribue peu aux changements climatiques, il faut adopter un comportement responsable au niveau national, qui vise à éviter d’émettre les gaz à effets de serre dans l’atmosphère par l’utilisation des énergies renouvelables et en privilégiant le transport en commun et la gestion rationnel des déchets à la fois industriels et ménagers, à travers leur recyclage ou valorisation, afin que le pays soit un modèle planétaire.

Se réjouissant de la situation en rapport avec la gestion des sachets qui a été maîtrisée, l’enseignant-chercheur a sollicité que la gestion des déchets soit aussi maîtrisée. En outre, il a ajouté que la santé des collecteurs de ces déchets et les véhicules qui les transportent laissent à désirer. L’on n’a pas également embauché des individus pour la vidange régulière des poubelles installées dans certaines places publiques, a-t-il déploré.

            Pour terminer, il a conseillé que chaque personne devrait être sensible à l’environnement en évitant de jeter des déchets ou des plastiques n’importe où, en essayant d’être responsable tout en déposant les déchets dans un endroit approprié qui ne menace personne. « Et la personne qui va récupérer ces déchets doit être protégée », a-t-il souligné, avant de demander à l’Etat burundais de montrer à la population toutes les zones à haut risque, afin qu’elle ne s’y installe plus.