MUKAZA, 10 fév (ABP) – Le Centre pour la promotion de l’information et du développement (CEPID) a tenu, mardi le 10 février 2026, à Bujumbura, une conférence de presse dans le cadre de présenter son rapport sur les faits marquants ayant caractérisé le paysage médiatique burundais en 2025 et de formuler des recommandations y relatives.
Le rapport présenté par ce représentant légal du CEPID relate les questions liées à l’accès aux sources d’information, aux mécanismes de délivrance des cartes de presse, aux interactions entre médias et autorités publiques ainsi qu’aux contraintes matérielles et logistiques susceptibles d’affecter la production et la diffusion de l’information.
Concernant le paysage médiatique burundais, M. Niyonkuru a reconnu que la radio reste la principale source d’information pour la population. Il a, néanmoins, fait remarquer que la pénétration d’internet limitée aux zones urbaines reste un défi à relever, étant donné que les médias en lignes et les blogs semblent gagner du terrain et attirer l’attention des jeunes, des intellectuels et des citadins en particulier.
S’agissant des points positifs observés tout au long de l’année 2025, le CEPID se réjouit que l’importance du travail journalistique soit reconnue au plus haut niveau du pays. Lors d’une séance de moralisation tenue le 1er décembre 2025, au palais présidentiel Ntare Rushatsi, à l’endroit des responsables et professionnels des médias et des acteurs médiatiques, le président de la République, Evariste Ndayishimiye a déclaré que certaines autorités qui retiennent l’information ou refusent de communiquer avec les journalistes devraient changer de comportement, a illustré le président et représentant légal du CEPID.
Le CEPID salue également l’allocution du président Ndayishimiye prononcée le 28 août 2025, à Gitega, à travers laquelle il est revenu sur la décision du Conseil national de la communication (CNC) qui interdisait aux médias d’aborder librement la question liée à la pénurie de carburant, estimant que cette décision empêchait une véritable information publique et qu’il valait mieux que les médias le disent ouvertement, afin que les citoyens puissent s’organiser et que des solutions soient recherchées ensemble.

Revenant sur le processus électoral de 2025, M. Niyonkuru a déclaré que les élections législatives et communales de juin 2025 ont constitué un moment clé pour les médias burundais. La couverture médiatique de ce double scrutin s’est caractérisée par une forte présence des médias dans la diffusion des activités y relatives, a-t-il fait remarquer.
Le président et représentant légal du CEPID a, par ailleurs, déploré que la délivrance de carte de presse par le CNC ait continué de susciter des préoccupations en 2025. Des retards importants dans le traitement des dossiers des demandeurs des cartes de presse ont été observés, a souligné M. Niyonkuru, déplorant également que cela ait eu un impact sur le travail des médias, étant donné que la carte de presse est le seul document officiellement reconnu comme un justificatif de métier de journaliste.
Sur le plan socioéconomique dans le paysage médiatique, M. Niyonkuru a fait remarquer qu’en 2025, les médias ont également été fortement affectés par l’inflation et la pénurie de carburant qui a posé un problème majeur de mobilité. Cette situation a eu des répercussions directes sur les conditions de travail des professionnels des médias car, a-t-il signifié, les revenus demeurent généralement faibles et instables.
« Les déplacements nécessaires à la couverture médiatique de l’actualité sont devenus plus rares, plus coûteux et souvent impossibles à assurer de manière régulière. Les reportages réalisés sur terrain ont ainsi été drastiquement réduits, affectant la capacité des journalistes à observer les faits par leurs yeux, à recueillir des témoignages variés et à rendre compte des réalités vécues par les populations dans différentes régions du pays, » a-t-il déploré.
Selon lui, cette situation a eu un impact significatif sur la qualité, la diversité et la profondeur de l’information diffusée par les médias. La réduction de la présence médiatique sur le terrain a contribué à l’appauvrissement du traitement de l’information, a-t-il ajouté.
Ainsi, le CEPID n’a pas manqué de formuler quelques recommandations. Face à tous les défis relevés en 2025, le CEPID recommande de renforcer les garanties institutionnelles visant à assurer la sécurité des journalistes, notamment par un traitement diligent et impartial des incidents signalés ; une transparence en matière de sanctions, de suspension et de délivrance de la carte de presse ; l’amélioration de l’accès des médias aux sources d’information institutionnelles ; et une application cohérente du cadre juridique.
Le CEPID recommande également d’adopter les mesures favorisant l’amélioration des conditions de travail des journalistes et la viabilité économique des médias ; de renforcer les cadres de concertation réguliers et structurés entre les autorités publiques, les organes de régulation et les médians ainsi que de dépénaliser les délits de presse de manière totale.
Selon le président du CEPID, le CNC et les autres institutions publiques devraient privilégier le dialogue ou des sanctions administratives proportionnées, afin d’éviter la suspension des médias en cas de manquement aux règles déontologiques ou l’emprisonnement des journalistes.
A noter que le CEPID est une initiative des journalistes burundais qui ont été formés en Journalisme Multimédia par l’Ecole supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille, en France). Il vise à former les journalistes à travers le partage des connaissances acquises, à relever les défis auxquels les journalistes font face dans leur travail quotidien et à mener une coopération étroite avec les organes régulateurs des médias, a révélé le président dudit Centre, Patrick Niyonkuru.

