GITEGA, 9 fév (ABP) – Le Conseil national de la communication (CNC) organise, du 9 au 10 février 2026 à Gitega (capitale politique et centre du Burundi), un atelier de renforcement des capacités sur la maîtrise de l’information, à l’intention des rédacteurs en chef et chefs des programmes des médias burundais, a appris l’ABP sur place.
La présidente du CNC, Espérance Ndayizeye a signalé que cet atelier vise à promouvoir le professionnalisme afin de produire des contenus médiatiques de qualité au sein des rédactions et services des programmes. Elle a fait savoir que cet atelier vient à point nommé au moment où avec l’avènement du numérique, la rigueur dans la collecte et le traitement en vue d’une information objective, exacte et utile tend à disparaître au profit de la rapidité et du scoop conduisant à la dégradation et manipulation de l’information chez certains journalistes, surtout ceux œuvrant sur les réseaux sociaux.

Elle a également signalé que certains journalistes, au lieu de se soucier de l’impact de l’information sur le public, ils vont même jusqu’à privilégier le nombre d’abonnés que génère le poste ou tout simplement les ‘‘views’’. C’est pourquoi, a-t-elle précisé, le CNC a rencontré ceux qui suivent les contenus des journaux du jour au jour pour voir ensemble comment promouvoir le professionnalisme et les productions médiatiques de qualité au sein des rédactions et services des programmes.
La présidente du CNC a rappelé aux participants à cet atelier qu’un reportage n’est pas forcément utile parce qu’il est suivi par un grand nombre de personnes, comme c’est souvent le cas pour les informations sur les conflits entre individus ou les accidents. Elle a souligné qu’une information réellement utile est celle qui apporte une valeur ajoutée ou qui provoque un changement au citoyen. « Je suis confiante qu’après les deux jours, vos connaissances seront renforcées pour promouvoir le professionnalisme dans vos médias respectifs, » a-t-elle souhaité.
La conférencière du jour, Francine Ndihokubwayo a rappelé que le média a le devoir d’informer le public de manière libre, exacte et équilibrée, tout en respectant les principes de véracité, d’impartialité, de responsabilité et d’équité qui garantissent une information de qualité et permettent de maintenir la confiance du public.
Lors des échanges, le participant Philippe Ngendakumana du Journal Ikiriho a conseillé aux rédacteurs en chef que, lorsqu’ils ne sont pas d’accord avec un journaliste sur un article ou un reportage, ils sollicitent d’autres journalistes pour lire ce travail et donner leur avis. Ainsi, le journaliste pourra améliorer son article ou, à défaut, le rédacteur en chef pourra laisser publier le produit.
De son côté, le rédacteur en chef du journal Iwacu, Abbas Mbazumutima a recommandé aux rédacteurs en chef, pour bien accomplir leur mission, de s’entourer de deux ou trois personnes de confiance qui puissent les conseiller. Il a également insisté sur la nécessité de bien connaître le comportement et la manière de penser des journalistes qu’ils encadrent.

