MUGERE, 28 sept (ABP) – Le gouvernement du Burundi entend renforcer la prévention, le dépistage précoce et la prise en charge des maladies cardiovasculaires à travers la décentralisation des services, la recherche ainsi que l’amélioration des compétences et des plateaux techniques, a indiqué le ministre de la Santé publique, Fidèle Nkezabahizi, vendredi le 25 septembre 2026.
Il s’exprimait à l’occasion de l’ouverture du 10ème Congrès de cardiologie du Burundi, organisé par la Société burundaise de cardiologie (SBC) dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale du cœur, sous le thème « Médecine cardiovasculaire au Burundi : avancées, défis et perspectives ».
Dans son discours, le ministre a souligné que l’hypertension artérielle, les accidents vasculaires cérébraux, le diabète et leurs complications ne constituent plus des pathologies marginales au Burundi.
Ces maladies affectent les familles et la population active et ont des répercussions sur la productivité nationale.
Pour faire face à cette situation, il a présenté trois orientations stratégiques. La première porte sur la décentralisation de la prévention et du dépistage, notamment par l’intégration du dépistage précoce de l’hypertension artérielle, de l’obésité et du tabagisme au premier niveau de soins, dans les structures de santé communautaire et les districts sanitaires.
La deuxième concerne la valorisation des données nationales et de la recherche locale. Le ministre a appelé la communauté scientifique à produire davantage de données épidémiologiques adaptées aux réalités socioéconomiques du Burundi, afin d’éclairer les décisions en matière de politiques publiques, de budget et de choix technologiques.
La troisième orientation vise la modernisation des compétences et des plateaux techniques. Le gouvernement entend poursuivre l’amélioration des équipements des hôpitaux de référence et renforcer la formation continue des médecins généralistes et des personnels soignants de première ligne.
Le ministre a également appelé les partenaires au développement à poursuivre les alliances stratégiques visant à réduire la mortalité prématurée liée aux maladies non transmissibles. De son côté, la représentante de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a rappelé que les maladies cardiovasculaires constituent la principale cause de décès dans le monde, avec environ 17 à 18 millions de décès chaque année.
Elle a cité parmi les principaux facteurs de risque l’alimentation malsaine, l’inactivité physique, le tabagisme et la consommation nocive d’alcool. La pollution de l’air peut également contribuer à l’apparition des maladies cardiovasculaires, a-t-elle ajouté.
Selon elle, ces facteurs peuvent notamment favoriser l’hypertension artérielle ainsi que l’augmentation du taux de sucre et des lipides dans le sang. L’hypertension constitue à son tour un facteur majeur des crises cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux et des maladies rénales chroniques.
L’OMS appelle ainsi au renforcement de la prévention, du dépistage et de la prise en charge des maladies cardiovasculaires, particulièrement de l’hypertension artérielle, à travers l’intégration de son contrôle dans les soins de santé primaires.
Le président de la Société burundaise de cardiologie, Dr Constantin Nyamuzangura, a indiqué que ce 10ème congrès vise à renforcer les collaborations entre les acteurs du secteur et à dégager des perspectives concrètes pour améliorer la prévention et la prise en charge des maladies cardiovasculaires au Burundi.
S’adressant aux jeunes médecins, aux professionnels de santé et aux étudiants en cardiologie, il les a encouragés à s’impliquer davantage dans la recherche, la formation et la prise en charge des patients, estimant qu’ils constituent une partie importante de l’avenir de la cardiologie au Burundi.
Au cours des échanges consacrés à l’état des lieux de la médecine cardiovasculaire au Burundi, les panélistes ont souligné la contribution de la Société burundaise de cardiologie au développement de cette discipline, notamment à travers la formation, l’organisation de rencontres scientifiques et le renforcement des services de soins.

Ils ont toutefois relevé plusieurs défis dans le domaine de la cardiologie, notamment l’insuffisance des ressources humaines spécialisées, le manque d’équipements et de médicaments ainsi que l’insuffisance de la sensibilisation de la population, susceptible d’entraîner des consultations tardives.
Pour relever ces défis, ils ont recommandé au ministère de la Santé publique de renforcer les équipements et les infrastructures sanitaires, de développer les compétences des ressources humaines, d’améliorer la disponibilité des médicaments et d’intensifier la sensibilisation de la population.
Les participants se sont engagés à mener des actions de sensibilisation dans les hôpitaux, à l’intention des familles, afin de les encourager à faire examiner les enfants et les adultes présentant des signes susceptibles d’évoquer une maladie cardiaque, notamment une forte douleur à la poitrine, des palpitations, une fatigue inhabituelle et persistante ou un essoufflement. Ces différentes actions devraient contribuer à améliorer l’accès, la qualité et la continuité de la prise en charge des maladies cardiovasculaires au Burundi, ont conclu les participants.

