MUKAZA, 15 oct (ABP) – Le journal Umuzi News, en collaboration avec la Maison de la presse du Burundi, a organisé, mercredi 14 octobre 2026 à Bujumbura, une séance de présentation publique de contenus médiatiques consacrés à la santé mentale des enfants et des adolescents au Burundi.
Dans son discours de circonstance, le directeur a.i. d’Umuzi News, Jean de Dieu Ndikumasabo, a réaffirmé l’engagement de son média en faveur d’un journalisme rigoureux, humain et fondé sur les faits. Il a indiqué que l’initiative de présentation de ces contenus médiatiques s’inscrit dans la volonté de partager les compétences acquises par les journalistes, notamment en journalisme d’investigation et en journalisme de données, afin de renforcer les capacités des professionnels des médias et de promouvoir un journalisme davantage tourné vers les préoccupations des citoyens.
Dans ce cadre, dix journalistes issus des médias publics et privés, représentant la radio, la télévision, la presse écrite et les médias en ligne, ont participé, les 26 et 27 septembre 2026 à Gitega, à une formation sur le traitement responsable et rigoureux des questions liées à la santé mentale des enfants et des adolescents. Cette formation a été suivie d’un travail d’investigation sur le terrain, avec la collecte de témoignages et l’accompagnement éditorial de professionnels expérimentés.
M. Ndikumasabo a souligné que ces productions privilégient une approche centrée sur l’humain (Human-Centered Storytelling), qui consiste à partir des expériences vécues pour raconter les réalités des personnes concernées avec sensibilité, sans compromettre la rigueur journalistique. Selon lui, la santé mentale ne se limite pas aux statistiques et aux données médicales, mais concerne également les enfants en difficulté, les adolescents confrontés à une souffrance silencieuse et les familles à la recherche d’un accompagnement adapté.

Il a estimé que cette approche permet non seulement de donner la parole aux personnes concernées, mais aussi de mieux comprendre les obstacles à la prise en charge, d’interroger les mécanismes existants et de mettre en lumière les responsabilités ainsi que les solutions possibles.
Le directeur a.i. d’Umuzi News a rappelé que le rôle du journaliste consiste à informer sans stigmatiser, à questionner sans condamner à l’avance et à sensibiliser sans dramatiser. Il a également invité les journalistes à considérer les observations formulées lors de la présentation comme des occasions de perfectionnement, soulignant que le journalisme d’investigation exige persévérance, humilité et fidélité aux faits.
Il a enfin remercié les formateurs, les éditeurs, les journalistes participants, les professionnels de santé et toutes les personnes ayant contribué à ces productions. Il a également salué la collaboration de la Maison de la presse du Burundi, réaffirmant la volonté d’Umuzi News de promouvoir un journalisme au service de la compréhension, du dialogue et de la responsabilité sociale, fondé sur l’éthique et le respect de la dignité humaine.
Lors de la séance de présentation des productions médiatiques consacrées à la santé mentale des enfants et des adolescents, huit œuvres sur les dix initialement prévues ont été présentées. Les huit journalistes participants provenaient de différents médias, à savoir Shima FM de Rumonge, le journal Le Renouveau du Burundi, Bonesha FM, Indundi Culture, la Radio-télévision Isanganiro (RTI), la Radio-télévision nationale du Burundi (RTNB), Umuco de Ngozi et Star FM de Gitega.
Leurs productions ont abordé diverses problématiques, notamment la schizophrénie, la toxicomanie, le déficit intellectuel, les troubles précoces du développement, les troubles du comportement, l’autisme et la cécité, le stress post-traumatique ainsi que d’autres troubles psychologiques.
S’exprimant lors de la présentation publique des productions journalistiques consacrées à la santé mentale des enfants et des adolescents au Burundi, le coordinateur du projet Santé mentale pour l’enfant et l’adolescent, Avit Ndayiziga, a expliqué que cette initiative est issue de son expérience de boursier du Carter Center, aux États-Unis, en 2024. Dans ce cadre, il a travaillé sur les liens entre le changement climatique et la santé mentale, en mettant l’accent sur les enfants et les adolescents. Cette expérience lui a ensuite permis de s’engager, avec le Child Mind Institute, dans un projet de formation et d’accompagnement éditorial des journalistes burundais spécialisés dans le traitement des questions de santé mentale.
M. Ndayiziga a également insisté sur la nécessité d’accorder davantage d’attention à la santé mentale des enfants et des adolescents, un domaine qu’il estime encore insuffisamment pris en compte au Burundi. Il a notamment relevé le manque de spécialistes en pédopsychiatrie dans le pays.
Il a précisé que les productions réalisées visent à sensibiliser la population, à encourager les personnes concernées à rechercher une prise en charge auprès de professionnels de santé et à combattre les croyances qui attribuent les troubles mentaux à la sorcellerie.
Se réjouissant du travail accompli avec les journalistes participants et l’équipe du projet, M. Ndayiziga a salué leur engagement dans la production de reportages destinés à améliorer la compréhension de la santé mentale et à contribuer au bien-être des enfants et des adolescents au Burundi.
S’exprimant par visioconférence, le directeur des bourses au Child Mind Institute, Peter Rauci, et la directrice associée de “The Rosalynn Carter Fellowships for Mental Health Journalism and Media” au Carter Center, Karen Ladley, ont salué le travail des formateurs et des journalistes burundais dans la couverture de la santé mentale des enfants et des adolescents, les encourageant à poursuivre leurs efforts de sensibilisation et de lutte contre la stigmatisation.

Mme Karen a rappelé que, depuis 1996, le Carter Center accompagne les journalistes dans le traitement responsable et éthique des questions de santé mentale. Ce programme a permis de former plus de 450 journalistes et de recenser au moins 1 500 productions médiatiques sur cette thématique.
Elle a souligné l’influence des médias sur la perception de la santé mentale par le public, insistant sur l’importance d’un langage et d’images respectueux des personnes concernées. Elle a enfin réaffirmé la volonté du Carter Center de poursuivre son soutien aux journalistes à travers le développement de réseaux professionnels, l’élaboration de guides adaptés aux réalités locales et le renforcement des capacités, afin de promouvoir une couverture médiatique plus responsable de la santé mentale.
Au nom des responsables des médias, le directeur de la Radio nationale du Burundi, Prosper Ngabirano, a remercié les organisateurs de cette séance ainsi que tous les partenaires ayant contribué à la formation des journalistes burundais sur la santé mentale.
Selon lui, la présentation des productions réalisées par les journalistes formés témoigne déjà de l’importance de cette initiative et des compétences acquises. « Nous nous réjouissons, en tant que responsables des médias, de constater que nos journalistes s’intéressent davantage à cette thématique qui, il faut le reconnaître, reste encore insuffisamment exploitée dans nos rédactions », a-t-il reconnu.
Il a encouragé les bénéficiaires de la formation à mettre en pratique les connaissances acquises et à poursuivre leurs efforts pour produire des contenus professionnels, pertinents et accessibles à tous. Il a également invité les organisateurs et leurs partenaires à étendre ces formations à d’autres thématiques encore peu couvertes par les médias, afin de disposer d’un nombre suffisant de journalistes spécialisés.
« Que cette formation marque le début d’une collaboration durable et que de telles initiatives se poursuivent afin de renforcer les capacités de nos journalistes sur des sujets essentiels, mais encore peu développés dans nos médias », a-t-il souhaité.

Pour sa part, Jérôme Ndereyimana, journaliste à la radio Indundi Culture et représentant des bénéficiaires de la formation, a exprimé sa reconnaissance envers les rédactions qui les ont désignés pour participer à cette formation, les organisateurs ainsi que les encadreurs qui les ont accompagnés durant la collecte des informations. Il a également remercié les personnes-ressources qui ont accepté de répondre à leurs sollicitations.
Selon lui, la santé mentale, particulièrement celle des enfants et des adolescents, devrait être pleinement intégrée au système de santé burundais. Il a ainsi appelé les organisateurs à poursuivre leurs actions de plaidoyer, notamment en s’appuyant sur un réseau de professionnels des médias disposant des compétences nécessaires pour traiter cette thématique.
M. Ndereyimana a, à toutes fins utiles, assuré que les journalistes formés étaient disposés à apporter leur contribution, en collaboration avec leurs rédactions respectives.
Signalons que cette séance de présentation des productions médiatiques consacrées à la santé mentale des enfants et des adolescents s’inscrivait dans le cadre de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre de chaque année.

