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La FENADEB relève des défis persistants dans le respect du droit à l’éducation

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Jan 9, 2026
Ferdinand Simbaruhije, porte-parole de la FENADEB

MUGERE, 9 jan (ABP) – La Fédération Nationale des Associations engagées dans le domaine de l’Enfance au Burundi (FENADEB) reconnaît les efforts consentis par l’État burundais pour garantir le droit à l’éducation. Cela a été  indiqué par Ferdinand Simbaruhije, porte-parole de la FENADEB, lors d’un entretien accordé à l’ABP ce jeudi 8 janvier 2026.

Selon lui, plusieurs avancées majeures ont été enregistrées. Il cite  notamment la ratification en 1990 de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, son intégration dans la Constitution burundaise, ainsi que la gratuité de l’enseignement primaire instaurée en 2005.

Il a également relevé la multiplication des écoles à travers le pays et l’adoption, en 2014, de la loi portant ratification de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, fondée sur le principe de la non-discrimination. « Ces engagements traduisent la volonté de l’État de promouvoir une éducation inclusive, en particulier pour les enfants vivant avec le handicap, afin de leur permettre de mener une vie digne et autonome », a-t-il souligné. Il a rappelé que  le thème retenu en 2023 lors de la célébration de la Journée internationale des droits de l’enfant portait sur l’inclusion et la non-discrimination.

Toutefois, la FENADEB déplore plusieurs lacunes persistantes dans le système éducatif burundais. Il parle particulièrement de l’insuffisance et l’inadéquation des infrastructures scolaires, le surnombre d’élèves dans les classes et les abandons scolaires. Ferdinand Simbaruhije pointe  également du doigt  le paiement de certains frais scolaires exigés par des écoles.

S’appuyant sur des données de l’ISTEEBU, il a indiqué que le manque de moyens financiers des parents constitue l’une des principales causes de la non-fréquentation scolaire, avec un taux de 20,8 % en 2021. Il a aussi rappelé que selon le Programme d’Appui au système éducatif des pays membres de la CONFEMEN (PASEC), seuls 5,41 % des enfants disposaient de leurs propres manuels scolaires en 2020. « Le coût réel de l’éducation demeure élevé pour de nombreuses familles, notamment à cause des frais liés aux bancs pupitres, aux enseignants vacataires et au kit scolaire », a-t-il précisé.

Par ailleurs, le porte-parole de la FENADEB a fait savoir  que plusieurs facteurs sociaux continuent d’empêcher certains enfants d’aller ou de rester à l’école. Ce sont notamment la pauvreté extrême, les conflits familiaux, l’alcoolisme ou toxicomanie des parents, la maltraitance et négligence, les abus sexuels, les mariages forcés ou exploitation domestique, le décès ou abandon des parents et la stigmatisation. Il a souligné que les enfants les plus exposés à la déscolarisation sont, entre autres, les orphelins ou les enfants sans soutien familial, les enfants en situation de rue, ceux issus de familles pauvres, ceux  vivant avec le handicap ou avec des parents malades ou handicapés et les enfants travailleurs.

Face à cette situation, la FENADEB affirme mener différentes actions visant à protéger le droit à l’éducation. Parmi celles-ci la sensibilisation des parents et des communautés sur les droits de l’enfant, le plaidoyer auprès des décideurs pour une éducation gratuite, accessible, inclusive et de qualité, ainsi que le suivi des cas de violations des droits.

Elle collabore également avec l’État et d’autres partenaires dans l’élaboration des politiques éducatives, le renforcement des capacités des acteurs de l’éducation et la collecte de données sur les obstacles à la scolarisation. Il a aussi ajouté que la FENADEB fait le suivi de cas de déscolarisation ou de violences en milieu scolaire.

Pour garantir une éducation inclusive et équitable, Ferdinand Simbaruhije a insisté sur la nécessité de renforcer les infrastructures adaptées aux enfants vivant avec handicap, rapprocher les écoles des communautés, offrir des aides aux enfants vulnérables. Il faut aussi adapter les programmes aux réalités et besoins de tous les enfants et  prévenir les violences en milieu scolaire.

Il a aussi ajouté qu’il faut Créer un environnement scolaire protecteur, sensibiliser les parents sur l’importance de l’éducation, impliquer les communautés dans la promotion de l’école pour tous ainsi que procéder à l’identification de tous  les enfants déscolarisés et leur proposer la réintégration

S’adressant enfin aux parents et à la communauté, le porte-parole de la FENADEB les a appelés à collaborer avec les écoles, les autorités locales et les acteurs de l’éducation pour identifier et soutenir les enfants à risque de déscolarisation,  encourager la scolarisation de tous les enfants et à rejeter toute forme de discrimination ou de stigmatisation à l’école ou dans la communauté. « Il est essentiel de créer un environnement familial positif où l’enfant est écouté, encouragé et protégé », a-t-il conclu.