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La culture démocratique, levier des droits humains

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Jan 23, 2026
Le secrétaire exécutif permanent de la Commission Episcopale Justice et Paix, l’abbé Emile Ndayizigiye

BUJUMBURA, 31 déc (ABP) – Le secrétaire exécutif permanent de la Commission Episcopale Justice et Paix (CEJP), l’abbé Emile Ndayizigiye, affirme que le renforcement de la culture démocratique est un processus d’éducation du peuple qui se fait de manière continue. Selon lui, la démocratie vient du peuple et retourne au service du peuple. Il s’exprimait mercredi le 24 décembre 2025 au cours d’une interview accordée à l’ABP.

Il indique qu’au niveau de la CEJP, les interventions consistent à éduquer les différentes couches sociales, notamment les jeunes dès le bas âge et au niveau secondaire, les adultes ainsi que les intellectuels. La commission conçoit la démocratie comme un système au service de la personne humaine, où la dignité humaine dépasse tout système politique. Elle met également l’accent sur le renforcement de l’Etat de droit, dans lequel le respect des droits humains prime. Un autre pilier fondamental est le respect des biens communs, à travers la mise en place de conditions permettant à chacun de réaliser ses aspirations. La démocratie doit aussi être fondée sur la loi, laquelle garantit l’égalité de tous.

Mme Marie Kinyabuku, membre du Réseau Femmes et Paix

Mme Marie Kinyabuku, membre du Réseau Femmes et Paix (RFP), dans une interview accordée à l’ABP, mardi le 30 décembre 2025, estime qu’une culture démocratique renforcée se manifeste par un partage équitable des postes dans le pays. Cela implique l’inclusion de toutes les catégories de citoyens dans les instances de prise de décision, en particulier les femmes. Selon elle, ce renforcement consolide la notion d’égalité et favorise le respect des droits humains, en éliminant les complexes de supériorité chez les uns et d’infériorité chez les autres. Elle souligne également que le pays respecte les instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux, en particulier ceux relatifs aux droits des femmes. Mme Kinyabuku ajoute que la démocratie renforcée au Burundi a constitué une véritable opportunité pour les femmes burundaises. Elle explique que la démocratie leur a permis de participer aux négociations d’Arusha, afin de revendiquer leurs droits. A cet effet, le Burundi a inscrit l’égalité des sexes dans sa Constitution, avec un quota de 30 % de femmes dans les fonctions publiques. La démocratie a ainsi joué un rôle déterminant dans la participation politique des femmes, leur permettant de s’intégrer dans la course au pouvoir en toute liberté. Elle a également favorisé leur pleine influence à travers l’occupation de postes clés au sein des partis politiques. Dans un système démocratique, les barrières culturelles deviennent des sujets de débat ouverts, facilitant un changement de comportement en faveur d’une masculinité positive.

De son côté, le président du Forum de dialogue permanent des partis politiques (FDP), M. Félicien Nduwuburundi, a souligné que la culture démocratique joue un rôle crucial dans la prévention et la résolution pacifique des conflits, en général, et des conflits électoraux, en particulier. Il a indiqué que certains principes démocratiques doivent être adoptés, notamment la tolérance et l’acceptation du pluralisme, qui consistent à reconnaître et à accepter la diversité des partis politiques, des idées divergentes et des croyances différentes. Il a précisé que la culture démocratique incite les partis politiques en compétition à accepter les résultats des élections ou à les contester par voie légale. Cette attitude permet d’éviter les crises postélectorales violentes, dans la mesure où les règles du jeu sont acceptées à l’avance et où les mécanismes de gestion des litiges sont respectés.

Selon M. Nduwuburundi, la culture démocratique encourage également un dialogue permanent entre les partis politiques, même en dehors des périodes électorales. Ce dialogue favorise l’instauration d’un climat de confiance et de respect mutuel, ainsi que le recours à la médiation pour gérer les désaccords sans violence. Il a insisté sur le fait que, dans une démocratie, l’exercice du pouvoir doit se faire par des moyens pacifiques, en rejetant la violence, l’intimidation et les affrontements physiques, ce qui contribue à la stabilité et à la paix sociale. La responsabilité et l’éthique politiques renforcent la confiance, réduisent les tensions et consolident la démocratie ainsi que l’État de droit.

Pour sa part, le président du Conseil National de la Jeunesse (CNJ), Thierry Ingabire, a indiqué que les jeunes bénéficient d’une éducation civique axée sur la compréhension des processus électoraux, le respect des lois, des institutions et des résultats des urnes. Il a également fait savoir que le CNJ a mis en place des cadres de dialogue inter-jeunes, rassemblant des jeunes de différentes appartenances politiques, afin de prévenir les divisions, de promouvoir un esprit de tolérance et de faire des jeunes des acteurs de paix et de stabilité tout au long du processus électoral.

En période électorale, une culture démocratique renforcée permet aux jeunes de s’engager politiquement sans basculer dans la violence. Elle favorise le débat d’idées, le respect de l’adversaire politique et la responsabilité individuelle. Pour les jeunes affiliés aux partis politiques, elle encourage une compétition loyale et pacifique, où chacun défend ses convictions dans le respect de l’intérêt supérieur de la Nation. Pour l’ensemble de la jeunesse, elle garantit que les élections deviennent un moment d’expression citoyenne plutôt qu’une source de confrontation.

Les jeunes peuvent ainsi prévenir les conflits électoraux avant, pendant et après les élections, notamment par le rejet des discours de haine, la lutte contre la désinformation et la promotion du dialogue.