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Des travaux d’intérêt général au lieu d’emprisonnement en vue du désengorgement des maisons de détention

ByAdministrateur

Nov 6, 2026
Vue partielle des personnes en conflit avec la loi participant aux travaux d’intérêt général

MURAMVYA, 23 oct (ABP) – Le procureur général de la République, Rose Nkorerimana, a effectué, jeudi 22 octobre 2026, une descente de travail sur la colline Kigina, en zone Mbuye de la commune Muramvya, province de Gitega (centre-ouest), où des travaux d’intérêt général infligés aux personnes en conflit avec la loi sont en cours, a constaté l’ABP sur place.

Arrivée sur le lieu des travaux, Mme Nkorerimana, accompagnée de différents procureurs des parquets, notamment celui du parquet de la République en commune Muramvya, Jean Paul Bigirindavyi, a assisté à une activité d’entretien d’une route communautaire. Ce travail est réalisé par une quarantaine de personnes de la zone Mbuye, appuyées par d’autres venues des zones Bukeye, Kibumbu et Nyarucamo, qui auraient toutes dû être incarcérées. Il s’agit donc de travaux qui s’ajoutent aux libérations provisoires prévues par le Code pénal burundais pour favoriser le désengorgement des prisons.

Selon Mme Nkorerimana, la descente a été organisée dans l’objectif de superviser et d’évaluer ces travaux, mis en avant particulièrement par le parquet général de la République. Elle a indiqué que ces travaux ne peuvent pas réussir sans la participation des responsables administratifs locaux. Elle s’est dite satisfaite de la présence des chefs de zones et de collines hébergeant les personnes concernées, qui travaillent et rentrent chez elles au lieu de vivre en prison.

« Nous sommes venus pour nous rendre compte du déroulement de ces travaux, des défis rencontrés d’une part par l’administration et d’autre part par les exécutants », a déclaré Mme Nkorerimana. Elle a fait savoir qu’après son entretien avec les responsables administratifs, des solutions à certains défis seront apportées progressivement.

Quant aux administratifs, ils ont été appelés à prévoir des travaux durables d’intérêt général, afin que quiconque passe à proximité, puisse constater des réalisations effectuées en lieu et place de l’emprisonnement.

Parmi les activités proposées à l’administration figurent le traçage des courbes de niveau, la préparation des pépinières en vue des boisements et l’octroi d’occasions de travail pour les maçons et les aides-maçons dans la construction des infrastructures publiques, telles que les écoles. Les menuisiers doivent également être impliqués dans la confection des bancs-pupitres destinés aux élèves, à l’aide du bois fourni par l’administration.

Le procureur général de la République a saisi cette occasion pour mobiliser les procureurs de la République qui l’ont accompagnée dans cette descente, afin qu’ils puissent constater que les peines liées à l’incarcération peuvent effectivement être remplacées par des heures de travaux communautaires d’intérêt général. Ils ont été formellement invités à aller sensibiliser les substituts des procureurs de leur ressort et à leur faire savoir qu’à Muramvya, notamment en zone Mbuye, les personnes qui n’ont pas été emprisonnées exécutent en réalité des travaux d’intérêt général dits « ibikorwa nsubiriramunyororo ».

Dans leurs plaidoiries proposées chaque fois avant la clôture des plaintes, les parquets sont appelés à privilégier les travaux en faveur des prévenus accusés d’infractions mineures.

Au nom des responsables administratifs, le chef de la zone Mbuye, Cassien Niyokindi, a rappelé que de telles activités menées par les personnes ayant commis des infractions jugées mineures apportent une importante contribution au développement. A titre d’exemple, M. Niyokindi a signalé des pépinières préparées par des personnes qui auraient dû être incarcérées, mais qui ont permis de mettre à disposition un vaste champ communal de caféiers.

De plus, selon lui, ces personnes sont heureuses de travailler et de rentrer chez elles alors qu’elles devraient être détenues dans des maisons de détention.

Dorine Niyonkuru, qui était en prison pendant 3 mois avant de se voir infliger 360 heures de travaux d’intérêt général, salue cette mesure judiciaire Après avoir effectué les travaux liés à sa peine, elle peut en effet s’occuper de sa famille et des travaux ménagers.

Notons que le procureur général de la République a enfin indiqué qu’en plus des bénéficiaires des séances d’activités d’intérêt général, 647 autres prisonniers des prisons de Bubanza, Ngozi, Muyinga, Rutana, Ruyigi et Muramvya ont récemment bénéficié d’une libération provisoire.