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Le dépistage du cancer du col de l’utérus devrait s’étendre à tous les hôpitaux et centres de santé

ByAdministrateur

Nov 11, 2021

BUJUMBURA, 10 nov (ABP) – Le chef de programme à l’ABUBEF (Association burundaise pour le bien-être familial), Dr Audrine Kaneza, a plaidé au cours d’une interview accordée mercredi à l’ABP, pour que le dépistage du cancer du col de l’utérus s’étende à tous les centres de santé afin que les femmes puissent y avoir accès.

Dr Kaneza a fait savoir que l’ABUBEF a organisé du 28 au 30 octobre 2021 une campagne de dépistage du cancer du col de l’utérus et que sur 168 femmes qui se sont faites dépister, deux avaient un cancer du col de l’utérus très avancé tandis qu’une avait des lésions précancéreuses. Cette dernière a été traité et guérie. Même après cette campagne deux autres femmes ont été dépistées de cette maladie grave. Raison pour laquelle elle a appelé toutes les femmes âgées de 25 ans et plus de se faire dépister de ce cancer une fois l’année.

Dr Kaneza a fait savoir que le dépistage du cancer du col de l’utérus est une activité de routine qui se fait dans tous les centres de l’ABUBEF situés dans six provinces du pays à savoir Bujumbura Mairie, Rumonge, Ngozi, Gitega, Muyinga et Kirundo.

Elle a déploré cependant que les femmes ne répondent pas massivement pour faire ce test combien important car, selon elle, le cancer du col de l’utérus est une maladie qui attaque une femme à petit feu du fait que les signes sont imperceptibles.

Une femme qui attrape le virus responsable de cancer par exemple à 15 ans développera les lésions précancéreuses à 30 ans, et si elle ne se fait pas dépister, elle ne saura jamais qu’elle a le cancer. Quand elle commencera à sentir la douleur surtout au cours des rapports sexuels et à avoir des saignements, c’est que le cancer est au stade avancé où on ne peut plus rien sauver.

Elle a fait savoir qu’il serait difficile de donner des chiffres, mais elle a indiqué que trois femmes dépistées sur 168 qui se sont présentées au cours de cette campagne, montrent que la situation est « alarmante ».

A celles qui pensent que le dépistage couterait cher, elle a indiqué que le prix est fixé à 5000 FBu dans tous les centres de l’ABUBEF, un prix dérisoire si l’on le compare aux dépenses occasionnées par la maladie. Mieux vaut prévenir que guérir, a-t-elle conseillé. Elle en a appelé aux hommes et femmes des médias de porter la voix plus loin pour que cette maladie soit tenue en compte au même niveau que les autres cancers.

Dr Kaneza a fait savoir que le PNLS (Programme national de lutte contre le Sida) avait formé des médecins dans tous les hôpitaux et centres de santé sur le dépistage et le traitement dès les lésions précancéreuses, mais elle ignore pourquoi ce programme n’a pas continué pour que le dépistage puisse se faire dans tous les hôpitaux et centre de santé.

Elle a par ailleurs fait savoir qu’un vaccin serait disponible pour les jeunes filles et que les parents peuvent l’acheter pour leurs enfants, mais pour elle, ce vaccin devrait être rendu possible et accessible pour tous.

Elle n’a pas manqué de plaider pour que le pays soit doté d’un centre de cancérologie. Selon elle, les femmes ne se feraient pas dépister par peur, du fait qu’il n’y a pas de centre de traitement.

Le virus à base de cette maladie est le papilloma virus humain et se transmet par voie sexuelle. Les femmes qui présentent le plus grand risque de l’attraper sont les jeunes filles qui font des rapports sexuels à bas âge (15 à 20 ans) alors que leur corps n’est pas assez développé, les femmes à partenaires multiples et les femmes infectées par le VIH/Sida.