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Perdre sa culture est synonyme de perdre son identité

ByAdministrateur

Août 19, 2022

            BUJUMBURA, 18 août (ABP) – « Si on perd sa culture, on perd son identité », a révélé le professeur d’université, Denis Bukuru, à l’occasion de la deuxième édition du festival « Igihugu », organisé du 11 au 13 août 2022 par l’association Gumya sous le thème « Ikirundi cacu, itunga ryacu » (Notre langue maternelle, notre patrimoine).

Selon ce professeur d’université, qui définit la culture comme étant l’ensemble des coutumes et des savoir-faire propres à un pays, a déploré que depuis l’ère coloniale, les Burundais ont sous-estimé les objets fabriqués chez eux, un signe qui témoigne qu’ils ne sont plus attachés à leur culture et à l’héritage légué par les ancêtres.

Le professeur Bukuru a, par ailleurs, fait remarquer que la trahison de sa propre culture devient une malédiction car, a-t-il expliqué, la culture est un guide, un flambeau qui illumine le pays et son peuple, les êtres vivants et les êtres inertes.

Il a poursuivi en indiquant que grâce à la culture, les ancêtres du Burundi connaissaient tout dans tous les domaines du pays : l’agriculture, l’élevage, la poterie, l’extraction des minerais, la vannerie, la forgerie, la chasse, le traitement des maladies, le sport, la défense, pour ne citer que ceux-là.

De plus, à l’école familiale du soir appelée « Ku ziko », les enfants apprenaient de leurs parents pendant le soir, ils allaient à l’école communément appelée « Itorero » pour apprendre des connaissances en rapport avec la culture au palais royal, au palais princier et auprès des autorités royales, a ajouté M. Bukuru tout en précisant que nos ancêtres étaient capables de vivre sans aucune intervention étrangère.

A titre illustratif, le professeur Jean Bosco Manirambona a signalé qu’en 1927, les Burundais ont refusé d’utiliser les houes leur apportées par les Belges, par le fait que ces dernières n’étaient pas durables par rapport à celles qu’ils fabriquaient eux-mêmes. Malheureusement, leur résistance n’a pas duré longtemps car, a-t-il signalé, les Belges ont adopté en 1929 une loi interdisant les Burundais de ne plus extraire les minerais, qui étaient leurs matières premières pour la fabrication de leurs propres houes.

                                                                                   Le professeur Jean Bosco Manirambona

Au niveau de la longévité de nos ancêtres, M. Bukuru a souligné que la nourriture traditionnelle de nos ancêtres leur permettait de vivre longtemps car, la plupart des nourritures qu’ils consommaient devenaient par la suite des anticorps. C’est ainsi que M. Pierre Ryckmans, le haut fonctionnaire belge, gouverneur général du Congo belge et du Ruanda-Urundi de 1934 à 1946, avait déclaré en 1936 que les Barundi ont une longévité extraordinaire par rapport aux populations des autres pays, a fait remarquer M. Bukuru, ajoutant que l’on parlait de la mort surtout pour les nouveau-nés et les enfants de moins de cinq ans seulement.

« Il est temps de nous ressaisir, il est temps de valoriser notre langue maternelle, notre culture et les coutumes ancestrales. Il est temps de valoriser la nourriture traditionnelle de nos ancêtres pour la protection de notre santé », a conclu le professeur d’université, M. Bukuru.