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La culture de protection sociale laisse à désirer pour certains employeurs

ByAdministrateur

Avr 18, 2023

BUJUMBURA, 18 avr (ABP) – Le chef du service affiliation des employeurs et immatriculation des travailleurs à l’Institut national de sécurité sociale (INSS), M. Pierre Nshimirimana a indiqué mardi le 11 avril 2023, lors d’une interview avec l’ABP, que l’INSS est en train de déployer beaucoup d’efforts pour sensibiliser plus d’employeurs de s’affilier à cette institution pour se conformer au code du travail en vigueur.

M. Nshimirimana a rappelé qu’actuellement, plus de 13 mille employeurs ont déjà des numéros d’affiliation et plus de 240 mille travailleurs ont été immatriculés. Il a précisé que ce nombre est encore petit par rapport aux entreprises qui existent sur tout le territoire national. Il a également signalé que certains d’employeurs surtout du secteur privé n’ont pas encore compris l’importance de faire immatriculer leurs travailleurs.

Selon lui, certains employeurs arrivent même à refuser des contrats pour leurs employés pour ne pas leur faire des cotisations à l’INSS. A l’âge de la retraite, ces employés vivront dans la mendicité suite à l’absence de leur pension vieillesse parce que leurs employeurs ont refusé de les mettre dans leurs droits.

Pour toutes ces raisons, M. Nshimirimana invite tous les travailleurs des entreprises où les employeurs ne s’acquittent pas de leurs obligations sociales, de venir à l’INSS pour dénoncer ces cas afin que les intervenants en matière de protection sociale puissent approcher ces entreprises pour les sensibiliser à s’affilier.

Il n’a pas manqué de signaler que l’INSS n’a pas le droit de fermer l’entreprise qui contrevient aux mesures d’affiliation. C’est dans ce cadre qu’il a demandé à l’inspection générale du travail à faire beaucoup de visites sur terrain pour que les employeurs qui résistent soient sanctionnés.

Pour se rendre compte de l’existence des entreprises non affiliées à l’INSS, l’ABP a contacté 10 journalistes de différents médias privés. Parmi les dix, trois journalistes seulement ont affirmé qu’ils ont des contrats de travail et qu’ils ont des numéros d’immatriculation à l’INSS. Les sept journalistes qui restent ont témoigné qu’ils travaillent sans contrat de travail, ni de cotisations à l’INSS et encore moins des cartes mutuelles. Ils demandent à l’inspection générale du travail d’effectuer des visites dans tous les médias pour constater ce que se passe sur terrain.

Les mêmes lamentations ont été remarquées chez les employés de certaines sociétés de gardiennage. Ainsi, disent-ils : « Malgré beaucoup de réclamations nos employeurs ont refusé de nous faire des cotisation à l’INSS. Nous demandons au ministère de l’intérieur, du développement communautaire et de la sécurité publique et le ministère en charge du travail d’intervenir ».

Quant à l’inspecteur général du travail et de la sécurité sociale au ministère de la fonction publique, du travail et de l’emploi, M. Astère Bizindavyi, il a indiqué que lors des visites sur terrain, toutes les entreprises sont recommandées à respecter le code du travail dont l’octroi des contrats de travail à ses employés. Selon lui, l’inspection générale du travail et de la sécurité sociale signale à l’INSS, les sociétés qu’elle trouve non encore affiliées à l’INSS.

M. Bizindavyi a, à cet effet, promis que son institution continue à envoyer des contrôleurs dans tout le pays pour que tout le monde, surtout les sociétés privées soient informées sur le respect de la loi portant code de la protection sociale au Burundi, expliquant aussi que les cotisations à l’INSS sont une obligation pour les employeurs pour la gestion des risques professionnels