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L’augmentation des grossesses non désirées freine le développement durable

ByAdministrateur

Nov 17, 2023

BUJUMBURA, 9 nov(ABP) – La réduction des grossesses non désirées en milieu scolaire nécessite une mobilisation collective et une action concertée, a indiqué le conseiller juridique du maire de la ville de Bujumbura, Mme Madeleine Karabasuka, lors  d’ un atelier d’analyse et de réflexion sur la problématique des grossesses non désirées, en milieu scolaire organisé par le Réseau National des Jeunes vivant avec le VIH/Sida.

Dans son mot d’ouverture, Mme Karabasuka a fait savoir que le gouvernement du Burundi a initié  en 2013, la politique de « Zéro grossesse à l’école » jusqu’à l’horizon 2030, qui vise à prévenir les grossesses en milieu scolaire, à accompagner les jeunes filles enceintes et à faciliter leur réintégration dans le système éducatif.

Pour arriver à cette politique, elle  a déclaré  qu’ils doivent renforcer la collaboration entre les différents partenaires pour prévenir les grossesses non désirées, en général  et  en milieu scolaire, en particulier. Mais aussi garantir la continuité de l’école après l’accouchement, afin de réduire les ménages forcés et les abandons scolaires.

Elle a  également fait remarquer que l’augmentation des  grossesses non désirées constitue l’un des facteurs de la croissance démographique galopante au Burundi et handicape le développement socio-économique avec un impact négatif sur l’atteinte de la vision du Burundi pays émergent en 2040 et développé en 2060. Elle a invité les parents à suivre leurs filles attentivement,  en vue d’éviter les grossesses non désirées en milieu scolaire.

Le conseiller  du Réseau National des Jeunes vivant avec le VIH/Sida, M. Ernest Kigongwe  a indiqué, quant à lui,  que les filles victimes des grossesses non désirées sont confrontées à la stigmatisation dans  la famille et l’entourage, raison pour laquelle certaines filles font recours à l’avortement clandestin avec le risque des complications hémorragiques pouvant entrainer la mort. D’autres développent des troubles psychologiques comme l’anxiété, la  dépression et  voire le suicide.

A cette occasion, il a rappelé que l’augmentation des grossesses non désirées constitue un fardeau pour le pays, ce qui freine le développement durable. En outre, a-t-il ajouté, la plupart des enfants qui naissent sont de père inconnu ce qui va entrainer des conséquences néfastes sociales suite à l’adoption des comportements tels que la délinquance, le banditisme, la prise des substances psychoactives, l’alcoolisme etc.

Vue partielle des participants

La  plupart des auteurs des grossesses non désirées ne sont pas punis même si le règlement scolaire précise que les jeunes scolarisés restent considérés comme des mineurs. Les normes socio-culturelles poussent certains parents à forcer les jeunes filles à un mariage précoce,  lui refusant ainsi le droit de retourner à l’école.

Selon le rapport des données sur les grossesses scolaires de juillet 2020, réalisé par la direction générale de l’enseignement fondamental, post fondamental général et pédagogique, le nombre de cas de grossesses non désirées en milieu scolaire pour les cinq années scolaires de 2014-2015  à 2018-2019  est de 3921 pour le fondamental et de 5229 en post-fondamental. Seulement 2136 dont 2096 filles ont pu réintégrer l’école pour les années scolaires 2018-2019 à 2020-2021.

Certaines raisons qui causent ces grossesses en milieu scolaire sont notamment une longue période d’attente pour retourner à l’école, la pauvreté, le mariage précoce ou forcé,  certains documents exigés pour  réintégrer l’école qui ne sont pas facile à trouver, le manque d’informations fiables sur la santé sexuelle et reproductive, les violences sexuelles, le harcèlement sexuel, l’abus sexuel, ect.

M. Kigongwe a rappelé  que le ministère en charge de l’éducation a mis en place le règlement scolaire de protéger les élèves à l’école. L’article 70 de ce règlement dit que « la fille renvoyée pour grossesse peut réintégrer dans un autre établissement dès que l’enfant aura au moins 12 mois et au plus deux ans, munie de l’extrait d’acte de naissance de l’enfant « . Il a demandé que ce règlement soit changé pour que ces filles aient un congé de maternité de 3 mois, au lieu de 12 mois, en vue d’éviter le retard de réintégrer à l’école.