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Célébration de la semaine internationale de la francophonie, édition 2024

ByAdministrateur

Mar 21, 2024

BUJUMBURA, 20 mars (ABP) – L’agence universitaire de la francophonie (AUF) au Burundi en collaboration avec l’Université du Burundi, sous le haut patronage du ministère de l’éducation nationale et de la recherche scientifique, a organisé le 19 mars 2024 à Bujumbura, une conférence publique, dans le cadre de la célébration de la semaine internationale de la francophonie.

L’assistant du ministre de l’Education nationale et de la Recherche Scientifique, Herménegilde Burikukiye a indiqué que le ministère se réjouit du pas franchi pour la promotion de l’éducation au Burundi. Il a précisé que le Burundi est un pays aux mille Collines et mille facettes avec un accent particulier sur la francophonie, ajoutant que la langue française est une langue officielle éducative, enseignée dans tous les paliers de l’enseignement dudit ministère. M. Burikukiye a aussi rappelé les missions du ministère centrées entre autres sur la conception, la planification et l’exécution d’une politique nationale cohérente en matière d’éducation, de formations techniques et professionnels, ainsi que l’organisation de l’enseignement supérieur conformément à la population sectoriel en matière d’éducation et de formation.

A son tour, le représentant de l’AUF au Burundi, Fulgence Nahayo a fait savoir que l’AUF est une association des universités à travers le monde entier, et que le Burundi compte 11 établissements d’enseignement supérieur membres de l’AUF, dispensant la formation en langue française. Il a ajouté que l’AUF est aux côté de ces universités en exploitant la méthode du standard adapté, qui ne vient pas de la forme dictatoriale mais qui vient sous forme consensuelle avec ces universités dans la mise en place des projets structurales pour l’amélioration du système éducatif au Burundi.

Il a révélé par ailleurs, cette agence a un campus numérique avec des programmes de formation en français de licence, de master, mais aussi des programmes de recherche, et un centre d’employabilité francophone. D’après lui, la stratégie de l’AUF 2021-2025 met en avant cinq axes à savoir la transformation numérique et la gouvernance universitaire, l’employabilité et l’entrepreneuriat par la jeunesse universitaire, le réseautage et la coopération internationale, la formation des formateurs et l’innovation pédagogique ainsi que la recherche et la valorisation des résultats de recherche.

Il a pour ce annoncé des concours prévus, dont un concours dénommé « ma thèse en 180 secondes » édition 2024  ouvert aux étudiants où les gagnants auront des prix au niveau national, concours interrégional intitulé « mon idée, mon entreprise » ouvert également aux étudiants en activité, qui doit se clôturer par la remise des prix au niveau national et régional en termes de projets d’entreprises. C’est dans ce cadre qu’il a interpellé les étudiants de concevoir de bons projets liés surtout à l’environnement pour cette année.

Dans sa présentation sur « la situation du français dans les milieux éducatif et perspectives »,  l’enseignant chercheur du département de français à l’institut de pédagogie appliquée en même temps président de l’association Burundaise des enseignants de français, Pierre Nduwingoma, a indiqué qu’après l’indépendance l’enseignement du français se faisait en parallèle avec l’enseignement du kirundi, donc deux langues dans le milieu éducatif. Il a affirmé que le français est utilisé dans l’administration, soulignant que l’utilisation quotidienne de cette langue serait à peu près à 20%.

Comparé à l’ancien collège, M. Nduwingoma a indiqué que le français a perdu un grand nombre d’heures dans le système fondamental. Selon un ouvrage rédigé en 2018 par les chercheurs Athanase Nsengiyumva et Merchior Ntahondiriye sur les pratiques de classe, il a été constaté que l’enseignement du français effectué majoritairement dans des milieux ruraux et semi-ruraux sans électricité, d’où l’exploitation des documents audiovisuels n’est pas possible et les conditions d’enseignement et apprentissage difficile. Un autre constat, selon ce même ouvrage, c’est que le système d’externat limite les initiatives culturelles comme les clubs de français, donc pas de renforcement linguistique. Selon cette recherche, 43,42% des enseignants ne sont ni expérimentés ni qualifiés en cette étude, ce qui impose le besoin des enseignants qualifiés pour enseigner la langue française. Dans la plupart des écoles, un seul enseignant assurait l’enseignement de 4 langues, ce qui conduit à la surcharge et à la frustration. Concernant la relation pédagogique (le rapport entre l’apprenant et le formateur), il été observé l’existence de l’enseignant type autoritaire où un apprenant ayant échoué est grondé et a tendance à se taire en classe. Par-là, a signalé Nduwingoma, la pédagogie active et participative n’est pas utilisée.

Vue partielle des participants