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Appel à la CVR d’enquêter sur toutes les dates sombres qui ont endeuillé le Burundi

ByAdministrateur

Avr 4, 2024

BUJUMBURA, 3 avr (ABP) – La commission vérité et réconciliation (CVR) a organisé mardi le 2 avril 2024 à Bujumbura, une séance d’information et de sensibilisation sur les résultats des activités de ladite commission, exercice 2018-2022, à l’intention des représentants des partis politiques membres du forum des partis (FDP), afin qu’ils puissent donner leurs contributions.

Le secrétaire du bureau de la CVR Mme Pascasie Léa Nzigamasabo a d’abord fait une brève présentation sur les réalisations de la CVR 2018-2022. Elle a précisé que la CVR a pour mission d’enquêter sur les violations commises de 1885 à 2008.

D’après Mme Nzigamasabo, la CVR a déjà enquêté sur les événements tragiques qu’a traversés le Burundi en 1972-1973. C’est à cette période que la CVR a qualifié ces événements tragiques de « génocide commis contre les Bahutu et de crimes contre l’humanité commis contre les Batutsi du sud-ouest et contre les Batwa de Mwaro et Muramvya ».

Mme Nzigamasabo n’a pas manqué de signaler que ce qui a poussé la CVR à penser à qualifier ces atrocités de 1972-1973 de  » génocide », c’est que les enquêtes ont montré certains éléments de planifications. Elle a cité la mise en place d’un dispositif dès 1965, identification indirecte des futures victimes, discours politiques et éditoriaux des précurseurs, plan d’extermination des Bahutu (dénoncé en 1968 par le commandant Martin Ndayahoze dans un rapport confidentiel au Président Michel Micombero), des fosses communes creusées avant 1972, établissement préalable des listes des personnes à arrêter et à exécuter, recensement des maisons et des véhicules des victimes Bahutu dans tout le pays.

Après ces événements de 1972-1973, le Burundi a vu la fracture identitaire renforcée. Les personnes assassinées auraient pu développer le pays. Il y a eu épuration dans les services publics (écoles, administration, armée et autres). Il y a eu exil forcé des populations rescapées, naissance de mouvements politiques et tentatives de retour forcé des exilés, traumatisme et paupérisation des rescapés et des familles des victimes et recul de l’économie nationale.

Après avoir terminé cette présentation, un film documentaire englobant tous les résultats déjà trouvés par la CVR surtout les enquêtes menées, l’exhumation des fosses communes dans les différentes provinces du pays et les témoignages, a été présenté à ces représentants des partis politiques.  Le secrétaire du bureau de la CVR a invité les représentants des partis politiques à accompagner le travail de la CVR en sensibilisant les Burundais sur le fait que la vérité ressortie par la CVR sur les dates sombres qu’a traversé le Burundi, ne doit pas être un prétexte pour raviver les rancœurs, mais qu’elle doit plutôt servir de leçon aux générations actuelles et futures.  C’est une façon d’éviter aussi que ces événements tragiques ne se reproduisent plus dans le pays.

Lors des échanges, les représentants des partis politiques ont félicité la CVR pour le travail déjà abattu. Ils ont demandé à cette commission d’accélérer la vitesse pour enquêter sur d’autres dates sombres qui restent.  Ces derniers ont aussi exhorté cette commission à faire tout son possible pour que les biens spoliés en 1972-1973 soient remis à leurs propriétaires. Pour cette question, les commissaires de la CVR ont répondu qu’il y a une loi y relative qui a été transmise au parlement pour l’adoption.  Mais en attendant, les commissaires de la CVR conseillent à tous ceux qui ont des biens spoliés de les remettre à leurs propriétaires sans attendre l’intervention de la justice.

La CVR a été aussi demandée d’organiser des séances de sensibilisation à l’endroit des jeunes jusqu’à 40 ans pour qu’ils connaissent la vérité et leur inculquer l’esprit patriotique et vivre l’unité dans leur diversité