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Le déficit d’assainissement, frein majeur à la Vision 2040-2060

ByAdministrateur

Juil 30, 2025
Un des égouts béants, situé devant la station “Katikati”, est rempli de déchets, à l’image d’un dépotoir.

MUKAZA, 30 juillet (ABP) – Dans plusieurs quartiers de la province Bujumbura, le vol récurrent des plaques d’égouts constitue une menace grandissante, tant pour la sécurité des citoyens que pour l’assainissement urbain. Ce phénomène, en apparence banal, révèle pourtant des enjeux majeurs pour une capitale qui aspire à devenir émergente à l’horizon 2040 et développée en 2060.

Lors d’une descente effectuée par l’ABP dans les quartiers Nyakabiga III et Bwiza, ainsi qu’au centre-ville, notamment à proximité de la station dite « Katikati » et de l’immeuble Bonauto, le constat est que de nombreux égouts sont à ciel ouvert. Ces égouts, souvent situés dans des zones à forte fréquentation, exposent les passants à des risques d’accidents graves.

« Ces cavités sont de véritables pièges et provoquent des accidents, surtout la nuit. De plus, les usagers y jettent divers déchets, ce qui peut engendrer des maladies pour nous », a confié à l’ABP Mme Ange Uwimana, restauratrice à proximité d’un égout béant situé à la 9ème avenue du quartier Bwiza.

Selon Léonidas Nibigira, Commissaire général de l’Office burundais de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction (OBUHA), ces actes sont motivés par la revente frauduleuse des métaux. « Ces vols dégradent les infrastructures urbaines et mettent directement en danger la vie humaine. Au-delà des risques de chute, les conséquences sanitaires sont tout aussi préoccupantes », alerte-t-il. Il a ajouté que ces égouts ouverts deviennent des dépotoirs improvisés où s’accumulent déchets et eaux stagnantes.

« Les odeurs sont insupportables et nous craignons pour notre santé. J’appelle les personnes qui passent à proximité de ces égouts à un changement de mentalité afin d’éviter d’y jeter des ordures, en utilisant les poubelles publiques que ville de Bujumbura a mises à leur disposition pour assainir la ville et concrétiser la vision 2040-2060 prônée par le Président de la République », a témoigné Jean Ndihokubwayo, un habitant du quartier Nyakabiga.

Face à cette situation, l’OBUHA, en collaboration avec la ville de Bujumbura, a annoncé des mesures correctives et préventives. Parmi celles-ci figurent le renforcement des dispositifs de fixation des couvercles, notamment par soudure, ainsi que l’intensification des patrouilles de surveillance, a rassuré M. Nibigira, Commissaire général de l’OBUHA.


Le Commissaire général de l’OBUHA, Léonidas Nibigira

Par ailleurs, a-t-il poursuivi, une campagne de sensibilisation est en cours afin d’informer la population des dangers liés à ces actes et d’encourager la dénonciation des auteurs. À cette occasion, le Commissaire général de l’OBUHA a appelé les autorités administratives à suivre de près les acheteurs de métaux, afin qu’ils cessent toute collaboration avec les réseaux de revente illicite de ces couvercles.

Il est à noter qu’à cette occasion, le Commissaire général de l’OBUHA n’a pas manqué de rappeler à tout un chacun la nécessité d’appliquer strictement la loi pour dissuader les contrevenants et garantir la protection des infrastructures publiques. « Assurer une vie saine à la population est une responsabilité collective pour concrétiser la vision 2040-2060 », a-t-il souligné.

ABP/Denis NTIHINDAGIZWA