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ABP - Agence Burundaise de Presse

Grenier de l'information au Burundi

Les rapatriés saluent un pays apaisé où renaît la confiance

Arcade Nimpagaritse, rapatrié de la colline Rubaragaza

BUJUMBURA, 28 nov (ABP) – Arrivés ces derniers mois de camps d’exil, des rapatriés de la colline Rubaragaza (zone Bwagiriza, commune Ruyigi, province Buhumuza) témoignent de leur accueil chaleureux, de la sécurité retrouvée et des appuis reçus pour se réinsérer dans leur communauté. Ils racontent une vie d’exil difficile et appellent ceux qui hésitent encore à rentrer « pour reconstruire chez eux ».

Les retours s’organisent «en toute dignité et sécurité », selon Nestor Bimenyimana, directeur général du rapatriement, de la réinstallation et de la réintégration des réfugiés au ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique. Interviewé le 22 novembre 2025, il a expliqué que le gouvernement, en partenariat avec le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Burundi et d’autres acteurs, a multiplié les campagnes d’information, réunions diffusées en direct, témoignages de rapatriés, et visites « go and see » et « come and tell », pour montrer la réalité sur le terrain et encourager les retours.

Arcade Nimpagaritse, un rapatrié qui a vécu neuf ans au camp de Nduta (Tanzanie), raconte: « Depuis 2015, moi et ma famille avions fui vers Nduta. La vie y était très dure: privations, rumeurs sur l’insécurité au Burundi, écoles et marchés fermés. Cette année, fatigués de l’exil, nous nous sommes inscrits pour rentrer. A notre arrivée, nous avons été bien accueillis et accompagnés pour nous installer. Aujourd’hui, nous exerçons nos activités quotidiennes sans problème; aucun droit n’est bafoué. Je demande à mes compatriotes encore en exil de revenir aider à bâtir le pays.».

Joselyne Ndayishimiye, également rapatriée de la même colline, témoigne d’un quotidien « comme en prison » dans le camp. « Nos enfants étudiaient dans des conditions déplorables, les activités génératrices de revenus étaient inexistantes. Ici, je suis heureuse: je peux lancer des projets de développement et je n’ai subi aucune discrimination », témoigne-t-elle.

Le chef de colline Rubaragaza, Gérard Nsanzurwimo, confirme que les rapatriés sont bien accueillis et qu’ils bénéficient d’un accompagnement local. Outre l’aide gouvernementale et celle des partenaires, des semences et d’autres appuis agricoles sont distribués pour relancer les activités champêtres.

A leur arrivée, les rapatriés reçoivent un paquet-retour: une allocation financière équivalente à 200 dollars par personne, des vivres et des biens non alimentaires couvrant trois mois, ainsi qu’une somme équivalente à 20 dollars pour le transport jusqu’à leur communauté. Le dispositif inclut aussi l’accès aux services de base (santé, éducation, documentation civile) et des actions de sensibilisation à l’intégration dans des coopératives, lesquelles peuvent bénéficier de crédits sans intérêts. Le gouvernement et ses partenaires assurent un suivi pour traiter les défis liés à la terre, au logement et à la sécurité. Depuis 2017, plus de 260 000 réfugiés burundais sont rentrés au pays. Entre janvier et fin octobre 2025, environ 29 000 réfugiés ont été rapatriés sur les 55 400 prévus.

Bernard Ntwari chargé de l’Information publique au HCR au Burundi souligne que les conditions qui ont poussé ces refugies burundais  à l’exil ont changé et les invite à rentrer, rappelant que « nulle part on n’est mieux que chez soi ».