MUKAZA, 16 déc. (ABP) – A Bujumbura, l’intérêt des jeunes filles pour les cheveux naturels commence à se manifester, notamment à travers le recours à des salons spécialisés dans le traitement naturel des cheveux. Le constat a été fait par l’ABP lors d’une descente effectuée au salon DTN Saloon, l’une des maisons spécialisées dans le traitement des cheveux naturels à Bujumbura, ce lundi 15 décembre 2025.
Lors d’une interview accordée à l’ABP, Diane Nduwayezu, coiffeuse spécialisée dans le traitement des cheveux naturels, a indiqué que ce choix est souvent motivé par les problèmes rencontrés avec les mèches artificielles et les produits défrisants. Selon elle, ces produits provoquent la chute des cheveux, des démangeaisons, l’affaiblissement de la fibre capillaire et parfois des brûlures du cuir chevelu.
D’après Nduwayezu, le traitement des cheveux naturels se fait à l’aide de produits entièrement naturels favorisant la pousse des cheveux. Ces produits sont fabriqués à base de fruits et légumes tels que la banane mûre, l’avocat et l’ail, ainsi que du jus d’oignon rouge, du gingembre et des œufs. Elle a précisé qu’aucun produit chimique n’est utilisé lors de ce traitement.
Cette traiteuse de cheveux a révélé que l’idée d’entreprendre dans le domaine du traitement des cheveux naturels est née du constat selon lequel les mèches et les produits chimiques utilisés dans le défrisage dit moderne causent de nombreux inconvénients, notamment des brûlures, la chute des cheveux et d’autres maladies pouvant apparaître à long terme.
Nduwayezu a par ailleurs rassuré que, même si certaines filles apprécient encore les défrisages et les tresses modernes au détriment des cheveux naturels, ces derniers offrent une beauté incomparable, même à l’étranger.
« Avec des cheveux naturels bien traités et bien coiffés, quand tu marches dans la rue à l’étranger, les gens ne font qu’admirer tes cheveux et te dire : waouh, tu es jolie ! », A-t-elle souligné.

Selon elle, les cheveux naturels ne nécessitent pas des budgets exorbitants comme les traitements chimiques ou le tressage avec des mèches artificielles. Elle a par ailleurs fait savoir qu’il est possible de traiter ses cheveux soi-même à la maison à l’aide d’un simple peigne et de les coiffer pour obtenir un beau look, contrairement aux tressages modernes qui demandent beaucoup de moyens financiers et causent souvent des douleurs difficiles à supporter.
Malgré les avantages de ce traitement, Nduwayezu a indiqué que plusieurs défis subsistent, notamment le manque de bouteilles pour emballer les décoctions naturelles (souvent importées et coûteuses), la difficulté d’obtenir du matériel de salon, le faible capital des salons spécialisés limitant leur capacité d’accueil, entre autres. Elle a également signalé la difficulté d’obtenir les documents administratifs nécessaires à l’ouverture et au fonctionnement de leurs salons, appelant les autorités compétentes à faciliter leur délivrance.
Cette professionnelle du traitement des cheveux naturels demande à l’Etat de soutenir les jeunes entrepreneurs œuvrant dans ce domaine, notamment en facilitant l’obtention des documents administratifs et en aidant à la promotion de leurs produits tant au Burundi qu’à l’étranger.
Diane Nduwayezu a enfin appelé les jeunes, surtout les filles, à préserver leur beauté naturelle en traitant leurs cheveux de manière naturelle, et à ne pas se laisser influencer par certaines tendances étrangères risquées, dont l’origine est parfois inconnue. Elle les invite à aimer le naturel et à représenter dignement le pays à l’étranger par leur beauté naturelle.

