BUJUMBURA, 26 jan (ABP) – La Croix-Rouge du Burundi (CRB) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont tenu, le vendredi 23 janvier 2026, à Bujumbura, une rencontre dénommée « Media Drink » avec les professionnels des médias, afin de présenter leurs réalisations de l’année 2025 et leurs perspectives pour l’année 2026.
Lors de la présentation des réalisations de l’année 2025, le Secrétaire général de la Croix-Rouge du Burundi, M. Anselme Katiyunguruza a indiqué que l’année écoulée a été marquée par les élections ayant conduit à la mise en place d’une nouvelle législature. Selon lui, ces élections se sont déroulées dans un climat calme, contrairement à certaines traditions africaines où les processus électoraux sont souvent accompagnés de troubles sociaux.
Il a fait savoir que la CRB a été chargée d’assurer les premiers secours en cas de besoin, précisant qu’un suivi a été effectué dans plus de 14 000 bureaux de vote. D’après lui, quelques interventions ont ainsi eu lieu pour prendre en charge différentes formes de vulnérabilité, notamment des malaises et de petits accidents survenus sur les lieux.
M. Katiyunguruza a souligné que ces interventions s’inscrivaient dans un plan de contingence élaboré par la Croix-Rouge à chaque fois que de grands événements d’envergure nationale sont annoncés. Il a également indiqué que l’année 2025 a été marquée par d’importants mouvements de populations en provenance de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), fuyant les conflits armés, soulignant que c’est à cet effet que la CRB a activé un plan de contingence pour l’assistance de ces populations.
Selon lui, au lendemain des accords signés aux États-Unis entre les autorités rwandaises et congolaises, la CRB a fait face à un afflux massif de populations fuyant la guerre dans l’Est de la RDC à travers plusieurs points d’entrée du Burundi. Il a salué l’engagement des volontaires de l’organisation, qui ont assuré l’accueil, l’orientation et l’assistance de ces populations.
Katiyunguruza a également signalé que l’année 2025 a été marquée par des épidémies. Alors que la Croix-Rouge était engagée dans la gestion des derniers cas de la Mpox, l’épidémie de choléra a connu une recrudescence. Il a précisé que l’ensemble du mouvement de la Croix-Rouge, présent et non présent au Burundi, a œuvré pour faire de la Croix-Rouge l’un des principaux acteurs dans la gestion de cette épidémie. Il a aussi fait savoir que l’organisation a développé un système d’approvisionnement en eau potable basé sur une technologie innovante permettant de transformer l’eau boueuse en eau potable.
Pour lui, l’année 2025 a également été celle de la célébration des premiers résultats du processus de restructuration de la société nationale, soulignant que suite à la loi portant nouveau découpage administratif du pays, la CRB s’est alignée sur cette réforme.
« Alors que nous ne disposions que de 18 branches correspondant aux anciennes provinces, nous sommes passés à 42 branches correspondant aux communes du pays », a-t-il indiqué, ajoutant que plus de 451 centres de secours ont été créés au niveau des zones administratives. Les structures collinaires sont ainsi passées de 2 930 à 3 040, a-t-il ajouté. M. Katiyunguruza n’a pas manqué de remercier les médias de la qualité de leur accompagnement, tout en saluant le développement de partenariats solides avec le secteur privé, qui s’est, pour la première fois, engagé aux côtés de la Croix-Rouge dans la prise en charge des différentes vulnérabilités liées aux catastrophes naturelles ou provoquées par l’homme.
Concernant les perspectives pour l’année 2026, il a indiqué que celle-ci devra être une année de véritable implantation et d’évaluation des structures et des organes.
Selon lui, 2026 marquera la fin du cycle de planification stratégique 2022-2026, ainsi que le lancement de l’élaboration du nouveau plan stratégique 2027-2031. Il a également révélé que l’année 2026 devrait être consacrée au renforcement de la mobilisation des ressources à tous les niveaux de l’organisation.
Prenant la parole à son tour, le chef de mission du CICR au Burundi, M. Olivier Haringanji a rappelé la mission du CICR, qui consiste à protéger la vie et la dignité des victimes des conflits armés et d’autres situations de violence, à leur apporter une assistance et à promouvoir le respect du droit international humanitaire. Selon lui, à la suite des conflits armés dans l’Est de la RDC en 2025, le CICR a entrepris des actions de sensibilisation au droit international humanitaire auprès des autorités, des forces de sécurité et du milieu académique, afin de promouvoir le respect et l’application de ce droit.
Il a, par ailleurs, indiqué que ce conflit a entraîné le déplacement de milliers de réfugiés congolais vers le Burundi, soulignant que leur arrivée s’est effectuée dans des conditions très difficiles, provoquant notamment des séparations de nombreuses familles.
Face à cette situation, M. Haringanji a précisé que des actions conjointes ont été mises en œuvre avec la CRB, afin de répondre aux besoins humanitaires les plus urgents, en particulier ceux liés à la recherche et au rétablissement des liens familiaux, ainsi qu’à l’assistance humanitaire. Il a ajouté que le mouvement a mené plusieurs actions visant à renforcer les services ambulanciers, à développer les capacités et compétences des volontaires, à les doter d’équipements et de matériels essentiels pour les interventions humanitaires, ainsi qu’à soutenir l’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans les camps de réfugiés.
Selon lui, en 2026, le CICR et la CRB collaboreront davantage afin de mieux répondre aux besoins d’assistance multiformes des populations nécessiteuses, dans le strict respect de leurs missions.

