BUJUMBURA, 22 janv. (ABP) – Le métier de cuisinier, souvent perçu comme un simple passe-temps, peut se transformer en véritable profession lorsqu’il est exercé avec passion et persévérance, a témoigné Prosper Nduwimana, cuisinier professionnel, lors d’un entretien accordé à l’ABP le mercredi 21 janvier 2026.
Selon M. Nduwimana, sa carrière a débuté en 2018, après l’obtention de son diplôme des humanités générales. Au départ, il considérait la cuisine comme un simple passe-temps, visant principalement à se procurer un peu d’argent de poche tout en poursuivant ses études. Avec le temps et l’expérience acquise aux côtés d’autres experts du domaine, il a développé une véritable passion pour ce métier, qu’il exerce aujourd’hui de manière professionnelle et qui constitue sa principale source de revenus.
Parlant de la routine quotidienne d’un cuisinier, M. Nduwimana a expliqué que chaque journée est longue et surchargée. « Nous nous levons très tôt pour préparer le terrain, garantir l’hygiène et préparer les matériels de cuisine et les condiments. Le travail ne s’arrête que lorsque tous les clients sont servis. Même dans les hôtels ou les bars, le cuisinier rentre le dernier, épuisé, et revient tôt le matin », a-t-il précisé.
Concernant le niveau de la cuisine burundaise, il a estimé que le pays se classe parmi les meilleurs dans la région, grâce aux maîtres cuisiniers locaux. Cependant, il a regretté que certains Burundais préfèrent encore des plats étrangers comme les frites ou les spaghettis au détriment des plats locaux, qu’il qualifie de plus savoureux.
M. Nduwimana a mentionné entre autres la cherté de certains aliments et condiments, surtout importés, ainsi que le manque d’eau dans certains quartiers, qui complique le respect de l’hygiène indispensable en cuisine. « Lorsqu’on a des réservations importantes, les dépenses en eau deviennent très élevées et peuvent causer des pertes. En cas de pénurie, nous devons parfois parcourir plusieurs quartiers pour nous en procurer », a-t-il déploré.
Il a également souligné le manque de temps de repos : « Les jours que les autres considèrent comme jours de repos, comme les week-ends, sont pour nous les jours où nous travaillons le plus. »
Pour M. Nduwimana, le métier de cuisinier permet de vivre dignement, révélant que grâce à ce métier, il est devenu autonome et peut subvenir à ses besoins. Il encourage les jeunes à s’intéresser à ce domaine afin d’améliorer leur condition de vie et de lutter contre le chômage.
Enfin, il a insisté sur l’importance de respecter et d’honorer ce métier, de maintenir le professionnalisme et de développer la formation culinaire au Burundi, notamment par la création d’écoles de cuisine et la mise à disposition de matériels adaptés, souvent indisponibles ou coûteux. Il a également recommandé la multiplication des industries agro-alimentaires locales pour transformer les produits sur place, ce qui permettrait de réduire les prix.

