MUGERE, 30 jan (ABP) – L’Association Burundaise des Ecrivains et Promoteurs Officiels du Livre (ABEPL) a organisé, le jeudi 29 janvier 2026, une soirée littéraire marquante à l’occasion du vernissage officiel du nouveau roman « L’Amant de Maman » de l’auteure Jeanne d’Arc Nduwayo.
Cet événement a réuni des écrivains, des intellectuels, des passionnés de littérature ainsi que des autorités administratives.
Dans son discours d’ouverture, le ministre de la jeunesse, des sports et de la culture, Lydia Nsekera a, d’abord, rappelé l’essor des lettres s’inscrit dans la vision nationale de développement. Elle a souligné que la politique culturelle du Burundi, adoptée en 2017, reconnaît la littérature comme une expression culturelle majeure, au même titre que les autres arts tels que la musique, la danse et le théâtre.
Mme Nsekera a précisé que le gouvernement, via son ministère de tutelle, a mis en place le Centre burundais de lecture et d’animation culturelle (CEBULAC), dont la mission est de promouvoir la lecture et l’animation culturelle au Burundi. Ce centre œuvre pour la création de centres de lecture et d’animation culturelle et à la mise à disposition d’ouvrages écrits par des auteurs burundais, en particulier en kirundi, a-t-elle confirmé.
A travers cette initiative, le gouvernement entend intégrer la littérature dans l’identité du peuple burundais.
De plus, « Un peuple qui n’écrit pas ne réfléchit pas ; un peuple qui ne lit pas ressemble à un peuple affamé, car il ne peut se développer », a martelé la ministre. Elle a insisté sur l’importance d’encourager les citoyens burundais, et particulièrement les femmes, à s’adonner à la lecture mais aussi à l’écriture, afin de former des leaders éclairés. Pour elle, le roman présenté s’inscrit dans cette dynamique, car il porte la voix des écrivains et témoigne à la fois des rêves et des défis de la société. A cette occasion, elle a remercié l’auteure pour son engagement, estimant que son œuvre contribue à faire vivre la littérature et à enrichir la culture commune, ajoutant que l’engagement des écrivains burundais qui, à travers la littérature, participent à l’éveil des consciences et à la transformation sociale.

De son côté, l’auteure du roman « L’Amant de Maman », Mme Nduwayo, a souligné que le livre demeure un outil puissant de transmission des valeurs, de dénonciation des injustices et de préservation de la mémoire collective. Selon elle, des œuvres comme « L’Amant de Maman » remplissent pleinement cette mission en osant aborder des réalités souvent tués au sein de la société. Elle a ajouté que ce roman s’impose comme une œuvre audacieuse et profondément humaine.
A travers une narration sensible et parfois dérangeante, l’auteure met en lumière les réalités familiales complexes, marquées par le silence, les non-dits et les blessures intimes. D’après elle, le titre du roman invite le lecteur à une réflexion approfondie sur les tabous sociaux, la filiation, la vérité et les conséquences du mensonge au sein du foyer.
A cette occasion, Mme Nduwayo a témoigné qu’elle a écrit ce roman pour donner une voix à ceux qui souffrent en silence et interpeller la responsabilité collective face aux injustices vécues dans l’intimité des familles. Son écriture, à la fois sobre et poignante, pousse le lecteur à s’interroger sur ses propres certitudes et le courage de dire la vérité.
Les échanges qui ont suivi la présentation de l’ouvrage ont mis en évidence l’impact du roman sur le public. Plusieurs intervenants ont salué le courage de l’auteure ainsi que la pertinence du thème abordé, estimant que ce livre ouvre un débat nécessaire au sein de la société burundaise. « L’Amant de Maman » a ainsi été perçu non seulement comme une œuvre littéraire, mais aussi comme un véritable miroir social invitant la prise de conscience et au changement.

Signalons qu’à travers ce vernissage, l’ABEPL réaffirme son rôle dans la promotion de la littérature nationale et dans l’accompagnement des écrivains engagés. Le roman « L’Amant de Maman » rejoint désormais les œuvres contemporaines qui marquent la littérature burundaise par leur profondeur et leur portée sociale.

