RUTANA/MUHANGA/NGOZI/MUGERE, 6 fév (ABP) – Les communes Rutana, Muhanga, Ngozi et Mugere se sont jointes aux autres communes du pays pour célébrer le 35ème anniversaire de l’Unité nationale. Les cérémonies ont débuté par une messe célébrée à la cathédrale Saint-Joseph, présidée par Monseigneur Léonidas Nitereka.
Dans son homélie, Monseigneur Nitereka a rappelé que l’unité des Burundais a été construite après des périodes difficiles marquées par des conflits et des violences. Il a insisté sur la nécessité de consolider cette unité dans le respect de la vérité, de la justice, de la compassion et du pardon mutuel, et a exhorté les fidèles à éviter tout ce qui pourrait diviser le pays, soulignant que l’unité est le fondement d’une paix et sécurité durables.
Dans son allocution, l’administrateur communal de Rutana, Gordien Ntakirutimana, a souhaité aux habitants une bonne fête de l’Unité nationale et les a encouragés à promouvoir une unité concrète, basée sur l’action, l’amour et la solidarité. Il les a également invités à s’impliquer activement dans les travaux de développement afin de soutenir la vision d’un
Burundi émergent en 2040 et développé en 2060.
A Muhanga où s’est rendue l’ABP, les cérémonies y relatives ont débuté par une messe célébrée à la paroisse Muhanga. Peu après, les festivités se sont poursuivies au monument de l’Indépendance où ont été déposées trois gerbes de fleurs, à commencer par celle déposée par l’administration communale de Muhanga, suivie de celles y déposées par les responsables communaux du parti CNDD-FDD et des forces de l’ordre et de défense.
Dans son discours de circonstance, l’administrateur communal de Muhanga, Mme Annonciate Nizigiyimana, a rappelé la genèse de l’adoption de la Charte de l’Unité Nationale. Par cette même occasion, elle a exhorté ses dirigés à consolider l’unité nationale, ce qui, selon ses propos, leur permettra d’aboutir à la concrétisation des objectifs que s’est fixés le pays.

« Dans notre divergence, nous devons rester sereins et unis en s’attelant aux travaux d’intérêt public », a-t-elle renchéri, les interpellant à se lever comme un seul corps pour combattre toute forme de divisions et tout ce qui est susceptible de les distraire.
A Ngozi, les festivités ont eu lieu au stade Muremera, dans la ville de Ngozi, où se trouve le monument dédié à l’unité nationale, devant lequel des gerbes de fleurs ont été déposées. La cérémonie a été rehaussée par la présence du gouverneur de la province de ButanyereraVictor Segasago.
Dans son discours, il a rappelé que l’accord d’Unité nationale est intervenu après des conflits et de violation des droits de l’homme ayant opposé les burundais suite à une mauvaise gouvernance entraînant des massacres, donnant l’exemple de ce qui s’est passé à Ntega-Marangara, ainsi que dans d’autres régions du pays.
C’est ainsi que les burundais ont signé cet accord afin de se concerter et de se doter d’un leadership consensuel, pour qu’ils soient unis, partagent la même patrie et y vivent dans un climat pacifique, a-t-il ajouté.
Selon M. Segasago, la célébration de cette journée constitue une occasion de se souvenir que tous sont burundais et que ce qui les unit est plus fort que ce qui les divise, d’autant plus qu’ils partagent la même langue, la même culture et les mêmes traditions. Il a rappelé que les ancêtres travaillaient ensemble et combattaient l’ennemi de la nation d’un même élan.

Il a invité les citoyens burundais à suivre cet exemple en renforçant leur solidarité et en s’organisant en coopératives afin d’accroître la production, lutter contre la pauvreté et ainsi contribuer à la vision d’un Burundi émergent et développé à l’horizon 2040-2060. Il a ajouté que la diversité ethnique n’est qu’un artifice hérité du colonialisme, destiné à diviser les Burundais pour mieux les dominer.
De son côté, l’abbé Emmanuel Nzeyimana, curé de la paroisse de Ngozi, dans une messe d’ouverture des cérémonies marquant cette journée, a rappelé que l’accord d’Unité nationale reposait sur 3 objectifs majeurs : renforcer l’Unité nationale, protéger les droits de l’homme et promouvoir la réconciliation en vue d’une paix durable. Il a indiqué que cette Unité avait été fragilisée par la suite : certains Burundais ayant perdu la vie, d’autres ayant fui le pays où ayant été persécutés.
Il a exhorté les Burundais à l’introspection et à un changement de mentalité afin de bâtir l’avenir du pays sur l’unité et un développement inclusif. Il a enfin appelé les dirigeants du pays ainsi que ceux du parti au pouvoir à insuffler aux citoyens un esprit d’unité et de paix.
A Mugere, Dans son discours, l’administrateur de la commune Mugere en province Bujumbura (ouest du Burundi) Mme Adélaïde Hatangayo a indiqué les Burundais étaient naguère unis dans leur voisinage et s’entraidaient en tout. C’est cette unité qui les a toujours caractérisés qui a fait que le Burundi a décroché l’indépendance sous le lead du prince Louis Rwagasore, a-t-elle mentionné, appelant participants à être unis dans les ménages et aux services.

Elle a signalé que ce qui a motivé l’existence de ladite Unité c’est que le pays a traversé des moments difficiles dans les années 1961,1965, 1972, 1988 et autres. Pour cette raison, les Burundais ont jugé bon de s’asseoir ensemble, ont adopté la Charte de l’Unité nationale le 5 février 1991 afin de tourner la page même si cela n’a pas fait long feu. Elle a, en effet, appelé les participants à la fête à aimer le Burundi, car c’est la seule mère-patrie, à ne pas le salir, car ils ne trouveront nulle part une autre mère patrie.
L’administrateur Hatangayo a également exhorté les fonctionnaires de l’Etat, les opérateurs économiques privés et la population en général à toujours travailler en synergie, à éviter la discrimination dans la gestion de la chose publique, à respecter les droits de la personne humaine et à respecter les textes et lois du Burundi afin de cheminer ensemble vers la vision d’un Burundi émergent en 2040 et développé en 2060.

