MUKAZA/MPANDA/GITEGA, 5 fév (ABP) – Le Burundi a célébré, le jeudi 5 février 2026, le 35ème anniversaire de la Charte de l’Unité nationale, adoptée le 5 février 1991 dans le cadre de réconcilier les communautés, promouvoir la paix, la justice sociale et la démocratie, et bannir toute idéologie divisionniste.
En commune Mukaza de la province Bujumbura, les cérémonies marquant la célébration de cette journée se sont déroulées à la place de l’Unité nationale où une gerbe de fleurs a été déposé par le Vice-Président de la République, Prosper Bazombanza et son épouse au monument de l’Unité érigé sur la colline Vugizo, en présence de différentes personnalités du Burundi dont le Premier Ministre Nestor Ntahontuye, le Président du Sénat, les Présidents des Cours suprême et constitutionnelle, et l’ancien Président de la République, Sylvestre Ntibantunganya.
Au cours d’un entretien avec la presse, l’ancien Président Ntibantunganya, qui a pris part à la préparation de la Charte de l’Unité nationale qui a été adoptée par référendum le 5 février 1991, a fait savoir qu’il y a des progrès en matière de l’unité au sein du peuple burundais.
Selon cette personnalité, deux ans après l’adoption de la Charte de l’Unité nationale, le Burundi a vécu une période démontrant un signe d’intolérance, qui était difficile à comprendre vu l’engagement qui venait d’être pris. Il s’est réjoui que par après, des démarches qui ont été menées, notamment la négociation et la conclusion de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation aux Burundi, et la négociation entre le gouvernement de transition et le mouvement politique CNDD-FDD de l’époque, aient aidé les Burundais à mieux maîtriser les divisions ethniques au Burundi.

« Les Burundais sont davantage tolérants et cohabitent pacifiquement au vu de ces différences à caractère ethnique dont on parle, » se réjouit-il, après avoir souligné qu’en marge de ces initiatives, la mise en place de la Commission vérité et réconciliation (CVR), qui est à l’œuvre depuis une quinzaine d’années, a aussi joué un rôle important dans l’amélioration de l’unité entre les burundais. Cette unité doit être consolidée à travers la bonne gouvernance et la justice, a-t-il ajouté.
Pour le Président du parti de l’Unité pour le progrès national (UPRONA), M. Olivier Nkurunziza, le Burundi est aujourd’hui paisible grâce à cette Charte, mais il y a de quoi améliorer, tout en évitant l’exclusion ethnique, politique et régionale ou sur base d’appartenance religieuse. Il trouve nécessaire la sensibilisation de toutes les couches politiques et sociales de la population burundaise sur le contenu de la Charte de l’Unité nationale, et sur l’importance de l’unité, parce que cette dernière est la base de tout développement.
Il appelle le gouvernement burundais et les responsables des partis politiques à tout faire pour combattre des enseignements de haine pouvant reculer l’unité nationale à ce jour.

sur la place de l’unité à Gitega
Pour sa part, le Président du parti CDP (Conseil des patriotes), Anicet Niyonkuru a indiqué que l’absence de frustration devant les termes désignant l’ethnie au Burundi est un signe témoignant de la présence de paix et d’unité au sein du peuple burundais.
En commune Mpanda (Nord-Ouest du Burundi), les festivités étaient rehaussées par l’administrateur communal, Léopold Ndayisaba. Dans son allocution, l’administrateur communal a invité les habitants sur place à la sauvegarde de l’unité des Burundais, difficilement acquise. Ceci, poursuit-il, en dépassant toutes leurs tendances, en conjuguant leurs efforts et en s’adonnant aux projets de développement de leurs ménages et du pays.
L’administrateur Ndayisaba les a appelés à la confraternité, à la complémentarité et à la bonne collaboration dans leurs services, domaines et secteurs respectifs. Ceci car, Dieu est toujours parmi ceux qui vivent en harmonie, ajoute-t-il.
A noter que les festivités ont été débutées par la prière et le dépôt des gerbes de fleurs au monument de l’Unité, par l’administration communale et la représentation communale du parti CNDD-FDD.
En commune et province Gitega (capitale politique et centre du pays), les cérémonies se sont déroulées sur la place de l’Unité au centre urbain de Gitega, sous l’égide du gouverneur de la province Gitega, M. Liboire Bigirimana. Elles ont débuté par une prière œcuménique, suivie de l’hymne national, du dépôt d’une gerbe de fleurs par le gouverneur de la province Gitega, et enfin, de l’hymne de l’Unité nationale.
Le gouverneur Bigirimana a, dans son discours, remercié tous ceux qui ont pris part à ces cérémonies. Il les a invités à méditer profondément sur les paroles du chant célébrant l’unité des Burundais.
Le gouverneur de la province Gitega a indiqué que l’unité est un élément indispensable pour le développement d’une nation car, a-t-il précisé, sans elle, l’on ne peut rien produire. « Là où l’unité fait défaut, aucun développement n’est possible, » a-t-il ajouté. Il s’est également réjoui de l’unité qui se manifeste au sein des confessions religieuses, des partis politiques, des communautés et ailleurs.
Il a, ainsi, exhorté les Burundais à préserver leur pays en mettant en avant des actions porteuses de développement, afin d’atteindre la Vision 2040–2060. « Il est impossible d’atteindre cette vision sans l’Unité, » a précisé M. Bigirimana. Il a, enfin, appelé les habitants de Gitega à préserver cette unité.
Notons que ces festivités ont vu la présence de certains députés élus dans la circonscription de Gitega ; de l’épouse de feu président Melchior Ndadaye, héros de la Démocratie ; de la Présidente du Conseil national de la communication (CNC) ; du Secrétaire provincial du parti CNDD-FDD dans cette province, des leaders et de la population.

