• ven. Juin 5th, 2026

ABP - Agence Burundaise de Presse

Grenier de l'information au Burundi

La sécurisation foncière, pilier de la paix et du développement durable

ByAdministrateur

Juin 5, 2026
Ir Clément Ndikumasabo, le Directeur Général Responsable du Programme Environnement et Gestion Durable des Terres

MUKAZA ,4 juin (ABP) – Le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage, avec l’appui du projet Amahoro-at-Scale et en collaboration avec l’organisation internationale néerlandaise ZOA, a organisé le mercredi 3 juin 2026 la deuxième Conférence nationale sur le foncier sous le thème : « Terre sécurisée, clé de la paix et moteur du développement durable ».

Dans son discours d’ouverture, le Directeur Général Responsable du Programme Environnement et Gestion Durable des Terres, Ir Clément Ndikumasabo, a indiqué que cette conférence avait pour objectif d’évaluer la mise en œuvre des recommandations issues de la première conférence tenue en 2022, tout en examinant les défis persistants dans le secteur foncier et les solutions à y apporter.

Selon lui, la terre est l’une des ressources les plus précieuses du pays. Elle constitue le socle de l’agriculture, principale source de subsistance de la population, mais également un facteur de stabilité sociale, de cohésion communautaire et de développement économique. Sa gestion efficace est donc une responsabilité collective qui engage l’État, les collectivités, les partenaires et les citoyens.

Il a également souligné que le Gouvernement du Burundi a placé la gouvernance foncière parmi ses priorités stratégiques.

« Cette orientation s’inscrit pleinement dans la Vision Burundi 2040-2060, qui ambitionne de bâtir une économie moderne, résiliente et inclusive, fondée notamment sur une gestion durable des ressources naturelles et la modernisation du secteur agricole. », a-t-il ajouté.  La terre contribue également à la mise en œuvre du Plan national de développement ainsi qu’à l’atteinte des Objectifs de développement durable, notamment ceux liés à la lutte contre la pauvreté, à la sécurité alimentaire, à l’égalité des genres, à la gestion durable des terres et au renforcement d’institutions efficaces.

A cette occasion, il a salué les réalisations enregistrées dans le cadre du projet Amahoro-at-Scale, notamment la certification foncière systématique, la médiation des conflits, le renforcement des capacités des services fonciers communaux ainsi que la promotion d’une gestion plus inclusive et durable des terres.

Ces avancées démontrent que la sécurisation foncière constitue un puissant levier de paix sociale, de prévention des conflits, d’amélioration de la productivité agricole et de protection des ressources naturelles.

Elles contribuent également à renforcer la confiance des populations envers les institutions publiques.

De son côté, le chef de mission de ZOA, Richard Vernet, a fait remarquer que cette conférence vise à créer un espace de réflexion partagée entre les institutions nationales, les autorités locales, les services fonciers, les partenaires techniques, les organisations de la société civile, les chercheurs et les communautés concernées.

Selon lui, la terre est à la fois un moyen de production, un patrimoine familial et un facteur d’identité. Cependant, lorsqu’elle n’est pas suffisamment sécurisée, elle peut devenir une source potentielle de tensions. C’est pourquoi la sécurisation foncière ne doit pas être considérée uniquement comme une question technique et administrative, mais également comme un levier essentiel de paix sociale, de cohésion communautaire, de sécurité alimentaire, d’investissement agricole et de développement durable.

Au cours des présentations, Dr Emery Nukuri, qui a exposé une analyse du contenu du document de politique nationale foncière au Burundi, a précisé que le pays éprouve encore des difficultés à résoudre efficacement les problèmes observés dans la gouvernance foncière.

Photo de famille des participants

A cet effet, il a relevé plusieurs défis auxquels la politique foncière entend répondre, notamment la prolifération des quartiers anarchiques, l’augmentation des inondations et autres catastrophes naturelles, la forte pression exercée sur les ressources foncières ainsi qu’un système foncier largement dominé par le droit coutumier, souvent source de conflits fonciers.

Face à ces défis, les participants ont recommandé aux parties prenantes œuvrant dans le domaine de la gestion et de la protection des terres de vulgariser davantage les pratiques de conservation des sols, d’intensifier l’urbanisation planifiée des villes afin de réduire la pression sur les terres agricoles, ainsi que de relocaliser les populations installées dans les zones à risque.