MUKAZA, 7 fév (ABP) – L’Association des familles victimes de l’infertilité au Burundi (AFVI) a organisé le vendredi 6 février 2026, un atelier médias avec de ses partenaires dans le but de se faire connaître et de sensibiliser les personnes concernées par le problème de l’infertilité afin qu’elles puissent adhérer à l’association.
Cet atelier a également été une bonne occasion d’expliquer à la population burundaise que l’infertilité est une maladie comme les autres.
Dans son discours d’ouverture, le président de l’AFVI, Déocratias Muhigirwa a indiqué que l’infertilité est une réalité bien présente dans la société burundaise en expliquant que de nombreuses personnes en souffrent et sont souvent victimes de violences et de discriminations à cause de cette situation. Selon lui, c’est cette réalité qui a conduit à la création de l’association en 2024.
« Aujourd’hui, l’AFVI regroupe environ 150 familles issues de différentes provinces du pays.
Muhigirwa a profité de cette occasion pour rappeler les nombreuses difficultés auxquelles font face les familles touchées par l’infertilité, notamment la stigmatisation sociale, l’exclusion, le manque de moyens financiers pour accéder aux soins, le coût élevé des médicaments, les violences verbales, etc.

Pour relever ces difficultés, M. Muhigirwa a insisté sur la nécessité de faire comprendre à la population que l’infertilité est une maladie comme toute autre, et que les personnes qui en souffrent ne doivent pas être marginalisées. Il a expliqué que cette maladie, bien qu’invisible physiquement, détruit profondément les familles touchées, au point que certains ménages finissent par perdre tout espoir.
D’après lui, » les familles touchées par l’infertilité, n’ont pas la possibilité de mener des activités de développement, car nous contractons des crédits auprès des banques pour nous soigner, dans l’espoir d’avoir un enfant, mais souvent sans succès. »
Par ailleurs, il a encouragé les familles concernées à prendre conscience de leur situation, à comprendre qu’elles ne sont pas seules et que, grâce à une prise en charge médicale appropriée, il est possible d’avoir un enfant.

Il a ainsi lancé un appel au gouvernement du Burundi d’apporter un appui aux familles démunies, touchées par l’infertilité pour qu’elles puissent accéder aux soins. Il a également demandé que les médicaments liés au traitement de l’infertilité soient intégrés dans la mutuelle de santé, afin que les assurés puissent en bénéficier.
Le président de l’AFVI a recommandé aux responsables des médias de diffuser largement le message que l’infertilité est une maladie comme les autres afin d’aider les personnes qui en souffrent à ne pas être stigmatisées ou exclues de la société.
De son côté, le Dr Gibert Nibitanga, médecin spécialiste dans la prise en charge de l’infertilité à l’Hôpital Umugiraneza de Kibimba, a expliqué que cette maladie peut toucher aussi bien les femmes que les hommes.
Toutefois, il a précisé que les femmes sont les plus affectées, tandis que les hommes représentent environ 18 % des cas.
Il a indiqué que l’infertilité peut être causée par plusieurs facteurs, notamment la faible qualité des spermatozoïdes, l’obstruction des trompes chez la femme ou des canaux reproducteurs chez l’homme, ainsi que d’autres causes médicales.
Il a enfin rappelé aux couples qui vivent ensemble depuis 12 à 24 mois sans concevoir de consulter rapidement un médecin afin d’en connaître la cause. Il a précisé que certaines personnes souffrent de stérilité, une condition irréversible, tandis que l’infertilité peut être traitée et offrir une chance d’avoir un enfant.
Lors des témoignages, certains membres de l’AFVI ont salué le fait de s’être regroupés, estimant que cela leur a permis de comprendre qu’ils ne sont pas seuls à faire face à ce problème.
Tous ont tenu un même message, appelant les Burundais en général, et particulièrement leur communauté respective, à les considérer comme les autres, car ils ne sont pas responsables de cette maladie qu’ils ont trouvée sur leur chemin.
Ils ont souligné que l’absence d’enfant n’est pas le seul problème auquel sont confrontées les familles, rappelant que même celles qui ont des enfants rencontrent d’autres difficultés parfois plus graves.
Ils ont enfin demandé à la population de comprendre que l’infertilité est un défi à relever ensemble et de cesser toute forme de stigmatisation ou d’exclusion à leur égard.
Au moment des échanges, les participants ont recommandé au gouvernement burundais et aux partenaires de renforcer les services de santé reproductive, d’appuyer juridiquement les victimes de l’infertilité en vue de protéger leurs droits et de lutter contre les discriminations ainsi que de les inclure dans les programmes nationaux de santé afin que la voix des familles victimes d’infertilité soit entendue.

