MUKAZA, 20 févr (ABP) – Lors de l’atelier national de sensibilisation sur le rapport biennal de transparence, tenu du 18 au 19 février 2026, les experts ont présenté les principaux secteurs responsables des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Burundi, ainsi que leurs impacts sur l’environnement et le climat.
Selon les estimations pour l’année 2023 : Agriculture et Foresterie : 1 830,023 Gg équivalent CO₂. Ces émissions proviennent de l’élevage (fermentation entérique), de la gestion du fumier, de l’utilisation d’engrais azotés, et de la gestion des sols agricoles.
Énergie : 1 225,9 Gg équivalent CO₂, issue principalement de la combustion des combustibles fossiles dans les transports, les industries et les ménages.
Déchets : 373,042 Gg équivalent CO₂, principalement à travers la décomposition des déchets solides et la gestion des eaux usées, qui produisent du méthane.
Quant au secteur des Procédés Industriels et Utilisation des Produits (PIUP), ses émissions sont plus faibles, estimés à 48,975 Gg équivalent CO₂.
Par ailleurs, le secteur Foresterie et Affectation des Terres (FAT) constitue un puits de gaz à effet de serre mais sa capacité de séquestration est en diminution continue depuis 2005.
A cette occasion, Jean Girukwishaka, expert en inventaire des émissions issues des déchets, a expliqué que tous ces secteurs émettent des gaz à effet de serre, ayant des conséquences directes et indirectes sur la couche d’ozone et le réchauffement climatique. Selon lui, ces effets se traduisent par une augmentation de la température, des changements dans les régimes de pluies, avec sécheresses ou inondations, la montée du niveau du lac Tanganyika, conséquence du réchauffement climatique, la disparition de certaines espèces animales et végétales, affectant la biodiversité locale.
Girukwishaka a également dénoncé certaines mauvaises pratiques quotidiennes qui aggravent la situation. Il a notamment cité le brûlage à l’air libre des déchets solides ménagers :
« Dans les ménages, au lieu de confier les déchets solides aux sociétés ou associations collectrices, on les entasse quelque part et on les met à feu. Cette pratique dégage du CO₂ et des oxydes, tous des gaz à effet de serre qui auront bientôt des impacts sur le climat. »
L’expert a demandé à cet effet, aux responsables communaux chargés de l’environnement à intensifier la sensibilisation sur les conséquences néfastes de la dégradation environnementale. Il a insisté sur la nécessité de promouvoir des pratiques agricoles durables, une meilleure gestion des déchets et une utilisation rationnelle de l’énergie afin de réduire les émissions à la source.
Les participants ont salué la pertinence de la formation et se sont engagés à œuvrer activement pour réduire les émissions polluantes dans leurs communes. Ils ont également reconnu les efforts du gouvernement dans la mise en œuvre des engagements internationaux, notamment dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et de l’Accord de Paris.
Signalons que cette formation a rassemblé les responsables communaux de l’environnement des 42 communes ainsi que ceux des cinq provinces, renforçant ainsi la coordination nationale dans la lutte contre les changements climatiques et la protection de l’environnement.

