MUGERE, 24 fév (ABP) – Les artisans œuvrant dans les petits métiers artisanaux en zone Kanyosha, commune Mugere en province Bujumbura, expriment le besoin pressant d’acquérir du matériel moderne. Ils considèrent ce matériel comme indispensable pour développer leurs activités. Ils déplorent toutefois de ne pas encore pouvoir y accéder, faute de moyens financiers suffisants.
Sur leurs lieux de travail, ces artisans utilisent encore des outils traditionnels, notamment des scies manuelles, des aiguilles à cuir, de la colle artisanale, des clous pour semelles, des rabots simples, des marteaux, des enclumes artisanales et des machines à coudre mécaniques. Ils expliquent que ces équipements rudimentaires exigent beaucoup d’efforts physiques, prolongent le temps de production et limitent la quantité d’ouvrages réalisés par jour. Selon eux, cette situation entraîne des retards pour les commandes, une finition parfois moins précise et des revenus insuffisants pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Lors d’interviews, ces artisans ont indiqué que l’introduction d’outils modernes, tels que les scies électriques, les raboteuses automatiques, les postes à souder performants ou encore les machines à coudre industrielles, permettrait d’augmenter considérablement la productivité et d’améliorer la qualité des produits finis. Ces équipements offriraient également la possibilité de diversifier les services proposés, de respecter les délais et de conquérir de nouveaux marchés, ont-ils fait remarquer.
Adrien Nijimbere, tailleur au quartier Kajiji, a signalé les défis liés au matériel traditionnel. « Les machines à coudre mécaniques occasionnent souvent de la fatigue et sont moins performantes par rapport aux machines électriques modernes, même si ces dernières ont parfois moins de garanties en cas de coupure électrique », a-t-il expliqué.
Il a ajouté que parfois, les machines mécaniques et les fers à repasser à charbon entachent les vêtements, surtout ceux de couleur blanche, ce qui n’est pas le cas pour les machines et fers électriques. Il a aussi souligné qu’avec des matériels électriques, ces artisans gagnent également beaucoup de temps.
Déo Nsambirubusa, cordonnier œuvrant dans la même zone, évoque des difficultés similaires. Selon lui, le recours aux outils traditionnels, tels que l’alêne, le marteau, les aiguilles à cuir et la couture manuelle, rend la fabrication et la réparation des chaussures longues et pénibles. L’absence de machines modernes limite le nombre de paires produites chaque jour et réduit la capacité à honorer les commandes dans les délais. Ce cordonnier souligne également que le travail manuel exige beaucoup d’efforts physiques, notamment pour percer le cuir épais et fixer solidement les semelles, ce qui peut parfois affecter la finition des produits.
Malgré le manque d’outils modernes, ces artisans de Mugere s’efforcent de travailler avec diligence et créativité. Tailleurs, cordonniers et soudeurs mettent tout leur savoir-faire et leur patience au service de leurs clients. Ils essaient de s’adapter aux contraintes des matériels traditionnels pour produire des ouvrages de qualité, même si cela prend plus de temps et demande plus d’efforts physiques.
Ils estiment que la modernisation de leurs ateliers contribuerait non seulement à accroître leurs revenus, mais aussi à créer des emplois pour les jeunes de la localité. Toutefois, ils rappellent que le coût élevé de ces outils modernes demeure un obstacle majeur. C’est ainsi qu’ils réitèrent leur appel à un appui financier et technique de la part des autorités et des partenaires au développement, afin de dynamiser ce secteur clé de l’économie locale.

