MUKAZA, 15 mai (ABP) – Un entrepreneur burundais et informaticien, a accordé une interview à l’ABP, mardi le 12 mai 2026, au cours de laquelle il est revenu sur son parcours dans la fabrication du savon à partir des champignons et noyaux d’avocats.
A première vue, rien ne prédestinait Ndayihimbaze à devenir fabricant de savon naturel. Informaticien de formation, diplômé en télécommunication, ce jeune entrepreneur burundais est aujourd’hui à la tête de la maison ISAN, une startup spécialisée dans la production de savons et produits cosmétiques à partir de matières premières locales telles que des noyaux d’avocats, des carottes et des champignons.
L’idée de se lancer dans cette activité lui est venue lors d’un séjour en Tanzanie, à l’occasion d’une assemblée de jeunes organisée sous forme de simulation destinée à préparer les participants à représenter leurs pays. C’est dans ce cadre qu’il a rencontré plusieurs jeunes engagés, parmi lesquels Delphin Kaze qui lui a montré comment la jeunesse pouvait contribuer au développement de la communauté.
A son retour au Burundi, alors que le monde faisait face à la pandémie de COVID-19, Ndayihimbaze a constaté le besoin croissant en produits d’hygiène. Il décide alors de se renseigner sur la fabrication du savon. « J’ai cherché différentes informations, je me suis formé sur internet et j’ai visité différentes usines pour comprendre comment le savon est fabriqué », explique-t-il. Son aventure entrepreneuriale commence avec un capital modeste de 60 000 francs burundais. Au départ, il s’approvisionnait auprès d’autres producteurs afin de tester le marché et observer la réaction des consommateurs.
Les clients ont rapidement bien accueilli ses produits. Encouragé par cette réception positive, il décide de passer à l’étape suivante : produire lui-même son propre savon. Pour cela, il investit dans l’achat de matières premières comme la soude en poudre et différents huiles nécessaires à la fabrication.
Cependant, les débuts lui ont été difficiles. Ses premières productions, issues d’un mélange de théories apprises dans différentes sources, ne donnaient pas toujours des résultats satisfaisants. Certains savons étaient ratés ou abîmés.
« On m’a conseillé de commencer avec de petites quantités », raconte-t-il. En suivant ce conseil, j’améliorais progressivement mes techniques de fabrication. Petit à petit, les résultats deviennent meilleurs et mon activité a commencé à prendre de l’ampleur, a-t-il expliqué.
Aujourd’hui, la particularité de la maison ISAN réside dans son engagement de fabriquer les produits naturels. Selon son fondateur, l’entreprise privilégie des ingrédients aussi naturels que possible et limite l’utilisation de composants chimiques.
Dans sa volonté d’innover, Ndayihimbaze a introduit les champignons dans la fabrication de certains savons.
A l’époque, cette culture était fortement encouragée au Burundi, notamment dans le cadre des initiatives visant à promouvoir les produits locaux.
L’entrepreneur Ndayihimbaze veut également valoriser les matières premières disponibles localement, a-t-il ajouté. Les noyaux d’avocat, souvent considérés comme des déchets, sont transformés en ingrédients utiles pour la fabrication des savons. Cette approche permet non seulement de réduire les coûts de production, mais aussi de proposer des produits accessibles à une large partie de la population. Pour lui, utiliser des matières premières locales est une manière de soutenir l’économie nationale tout en offrant des produits naturels et abordables aux consommateurs burundais.
Grâce à sa persévérance et à son esprit d’innovation, Ndayihimbaze fait aujourd’hui partie des jeunes entrepreneurs qui contribuent à promouvoir la transformation locale et l’entrepreneuriat au Burundi.

