BUJUMBURA, 5 août (ABP) – Le président de la République du Burundi, Evariste Ndayishimiye, a rencontré, mercredi 5 août 2026, les membres de la diaspora burundaise investissant dans différents secteurs du pays, dans le cadre d’un échange consacré à leur contribution au développement national ainsi qu’aux défis auxquels ils sont confrontés dans leurs activités.
A l’ouverture de la rencontre, le chef de l’Etat a indiqué que cette initiative répond à la volonté d’instaurer un dialogue direct avec les Burundais de la diaspora qui contribuent déjà au développement du pays à travers leurs investissements. Il a salué leur engagement et les a encouragés à poursuivre leurs efforts en faveur de la croissance économique du Burundi.
Selon lui, le développement du pays ne pourra être atteint que si tous les Burundais s’impliquent activement et abandonnent les mentalités qui freinent le progrès. Il a rappelé que le Burundi dispose d’importantes ressources susceptibles de stimuler son économie, à condition qu’elles soient mieux exploitées.
Evoquant les secteurs prioritaires, le président Ndayishimiye a cité l’agriculture, prenant l’exemple de la culture de l’avocat, dont la demande ne cesse de croître sur les marchés internationaux. Il a également mis en avant le potentiel du secteur minier, estimant qu’une exploitation rationnelle et responsable des ressources minières pourrait générer davantage de richesses et contribuer au développement durable du pays.
Le numéro un burundais a, en outre, déploré la faible valorisation du potentiel touristique du Burundi. Il a notamment cité le Parc national de la Ruvubu, estimant que ce patrimoine naturel mérite une promotion accrue. Il a invité les services compétents ainsi que les investisseurs de la diaspora à accompagner les efforts visant à développer le tourisme, considéré comme un secteur capable de créer des emplois et de générer des revenus.
Au cours des échanges, plusieurs membres de la diaspora ont présenté les investissements qu’ils ont déjà réalisés dans différents domaines, notamment l’industrie, les services et les nouvelles technologies, tout en exposant les difficultés qui entravent leurs initiatives.
Concernant les véhicules électriques importés par les investisseurs de la diaspora, ces derniers ont demandé au gouvernement de renforcer le réseau national des stations de recharge, particulièrement dans les provinces de l’intérieur du pays, afin de faciliter l’utilisation de ces véhicules.
En réponse, le président de la République a souligné que le développement de ces infrastructures constitue une responsabilité partagée entre l’Etat et les investisseurs privés. Il a encouragé les opérateurs économiques de la diaspora à contribuer eux-mêmes à l’installation de stations de recharge à travers le pays.
A ce propos, un investisseur de la diaspora, dirigeant d’une société spécialisée dans l’importation de véhicules électriques, a annoncé qu’un programme de construction de stations de recharge est déjà en cours.
Les investisseurs de la diaspora ont également plaidé pour la mise en place d’un guichet unique dédié à leurs investissements, afin d’accélérer le traitement des dossiers administratifs et de résoudre rapidement les difficultés auxquelles ils sont confrontés.
Ils ont, par ailleurs, proposé la création d’un mécanisme judiciaire permettant un traitement plus rapide des litiges impliquant les investisseurs de la diaspora. Selon eux, les longues procédures judiciaires immobilisent les capitaux et découragent les investissements. Ils ont suggéré que, dans les cas ne relevant pas de fraude, des sanctions pécuniaires soient privilégiées lorsque la législation le permet.
Réagissant à cette préoccupation, le chef de l’Etat a assuré que les dossiers des investisseurs concernés seront examinés au cas par cas avant toute décision.
En clôturant la rencontre, le président de la République a demandé aux responsables en charge de la diaspora de renforcer l’organisation et la coordination de ce secteur afin d’améliorer la collaboration avec les Burundais de l’étranger. Il a enfin exhorté les membres de la diaspora à travailler dans l’unité et à conjuguer leurs efforts, rappelant que le développement du Burundi repose avant tout sur l’engagement de ses propres citoyens.

