KIREMBA, 31 août (ABP) – Les écrits anonymes, les enlèvements et la division de la population selon l’appartenance ethnique figuraient parmi les signes révélateurs des massacres de Ntega-Marangara. Ces faits ont été évoqués le 28 août 2026, lors du deuxième jour des témoignages organisés par la Commission vérité et réconciliation (CVR).
Les témoignages se sont déroulés dans la ville de Masanganzira, en commune Kiremba, province de Butanyerera, en présence de personnes ayant été témoins des massacres communément appelés « Ntega-Marangara ».
Les témoins ont répondu à cinq des seize questions soumises par la CVR afin de lui permettre de mener à bien ses enquêtes sur la vérité.
Dans leurs témoignages, les participants ont affirmé que ces massacres avaient profondément endeuillé de nombreux Burundais. Ils ont notamment évoqué des déplacements de populations, des cas de viols commis aux femmes et filles, des actes de pillage ainsi que d’autres formes de violence.
Le conseiller du gouverneur de la province de Butanyerera chargé des questions politiques et juridiques, Cyriaque Nikoyagize, a présenté ses condoléances aux victimes et aux personnes affectées par les massacres de Ntega-Marangara de 1988. Il a appelé la population de la province de Butanyerera et les Burundais en général à soutenir les travaux de la CVR et à se préparer à la réconciliation. Il a également exhorté les personnes détenant des biens appartenant à autrui à se préparer à les restituer.
Nikoyagize a, en outre, appelé les Burundais à préserver la paix et la sécurité. Il les a invités à éviter tout acte susceptible de raviver les divisions au sein de la population.
À la clôture des activités, le président de la CVR, Pierre Claver Ndayicariye, a annoncé que la commission compte revenir auprès des témoins et d’autres personnes citées comme détenant des informations sur les événements de Ntega-Marangara.
Il a appelé les parents à enseigner aux jeunes générations le respect de la vie humaine, à promouvoir l’éducation à la paix et au respect des droits de la personne humaine, et à les orienter vers la voie de la réconciliation.
Ndayicariye a enfin invité les parents à expliquer la vérité à leurs enfants en tenant compte de leur âge. Cette démarche, a-t-il souligné, doit permettre aux jeunes de connaître les événements tragiques qui ont marqué l’histoire du Burundi et de contribuer à éviter leur répétition.

