BUJUMBURA, 1er sept (ABP) – Les acteurs de la médecine traditionnelle au Burundi ont été appelés à renforcer leur collaboration avec les chercheurs pour améliorer la qualité et la sécurité des produits issus de cette médecine.
L’appel a été lancé lundi à Bujumbura, lors de la célébration de la Journée africaine de la médecine traditionnelle, organisée par le ministère de la Santé publique, en collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
La journée était placée sous le thème : « Réflexion sur les efforts de la recherche et du développement en matière de médecine traditionnelle pour la réalisation de la couverture sanitaire universelle dans la région africaine ».
Dans son discours, le secrétaire permanent au ministère de la Santé publique, Pierre Sinarinzi, a souligné l’importance de la médecine traditionnelle au Burundi. De nombreux Burundais y recourent en effet pour se soigner, a-t-il indiqué.
Il a rappelé que le gouvernement a mis en place un cadre légal visant à protéger les tradipraticiens. Une structure chargée du contrôle de la qualité des médicaments issus de la médecine traditionnelle a également été mise en place.
Sinarinzi a appelé les tradipraticiens à travailler davantage avec les chercheurs. Cette collaboration devrait contribuer au développement de médicaments à base de plantes médicinales produits localement, a-t-il indiqué.
Selon lui, cette démarche s’inscrit également dans les objectifs du Burundi de devenir un pays émergent à l’horizon 2040 et un pays développé en 2060.
Le représentant de l’OMS à cette activité, Alexis Niyomwungere, a, pour sa part, présenté la médecine traditionnelle comme une composante importante du patrimoine culturel et sanitaire africain.
Pour des millions de personnes, elle reste accessible et constitue souvent le premier recours aux soins, a-t-il expliqué.
L’OMS encourage ainsi les Etats membres à renforcer la recherche scientifique sur l’efficacité, la sécurité et la qualité des produits de la médecine traditionnelle. L’objectif est de favoriser une utilisation sûre et fondée sur des données probantes, a précisé M. Niyomwungere.
Il a salué les efforts du gouvernement et du Réseau national des tradipraticiens du Burundi (RNATB) dans la promotion de ce secteur. L’OMS reste disposée à accompagner le Burundi dans les domaines de la recherche, de la réglementation et de l’utilisation sûre des produits de la médecine traditionnelle, a-t-il ajouté.
Au cours des échanges, les tradipraticiens ont demandé au ministère de la Santé publique de faciliter leur accès aux établissements de santé. Ils souhaitent pouvoir contribuer à la prise en charge des patients, avec l’accord de ces derniers.
Ils ont expliqué que certains malades se tournent vers les tradipraticiens après avoir quitté les hôpitaux, alors que leur état de santé est déjà très critique.
Les participants ont également proposé la création d’une plateforme regroupant les différents acteurs de la médecine traditionnelle. Cette structure leur permettrait d’échanger régulièrement sur les difficultés du secteur et de rechercher des solutions communes.

