GITEGA, 8 sept (ABP) – La confédération des associations des producteurs agricoles pour le développement (CAPAD), en collaboration avec le projet d’appui à l’inclusion financière agricole au Burundi (PAIFAR-B), a organisé, du 3 au 4 septembre 2026 à Gitega, un atelier national consacré au financement agricole.
Cette rencontre a réuni les responsables des coopératives agricoles accompagnées par le PAIFAR-B ainsi que des banques, des institutions de microfinance, partenaires du projet, dans le but d’échanger sur les moyens de faciliter l’accès des producteurs agricoles à des financements adaptés à leurs besoins.
Le président de la CAPAD, Gilbert Nyandwi, a indiqué que cet atelier constitue un cadre de dialogue entre les organisations de producteurs et les établissements financiers, en vue de favoriser la mise en place de solutions davantage adaptées aux réalités du secteur agricole.
Les participants ont relevé plusieurs contraintes qui limitent l’accès des petits producteurs aux services financiers. Il s’agit notamment de la saisonnalité des revenus agricoles, des risques climatiques liés aux fluctuations des marchés, de l’insuffisance des garanties réelles, des délais de retour sur l’investissement ainsi que du coût élevé des opérations financières dans les zones rurales enclavées.
Le calendrier de mise à disposition des financements a également été identifié comme un défi majeur. Selon les participants, les retards dans le traitement des dossiers peuvent empêcher les producteurs de disposer des ressources nécessaires au moment opportun. Ils ont, à cet effet, insisté sur la nécessité d’adapter la disponibilité des financements au calendrier des différentes campagnes agricoles.
Présentant l’expérience de la fédération nationale des coopératives du Burundi (FENACOBU), en matière de financement des coopératives agricoles, Onesime Nishimwe a exposé différents mécanismes de financement, notamment les financements individuels et collectifs, le crédit solidaire ainsi que le warrantage.
De son côté, le consultant expert Jean Bosco Niyonzima, qui intervenait sur les risques liés au financement agricole, les mécanismes de sécurisation des crédits, ainsi que les produits financiers et les perspectives d’une finance durable et inclusive, a présenté cinq produits financiers adaptés aux besoins du secteur agricole. Il a notamment cité le crédit de campagne destiné au financement des intrants, le crédit d’équipement pour des investissements à moyen terme de deux à cinq ans, le crédit de stockage ou warrantage garanti par les stocks, le financement de la chaîne de valeur basé sur un contrat avec un acheteur et le crédit d’investissement destiné aux projets structurants. À ces produits s’ajoutent sept produits d’épargne, à savoir « Objectif Semis », « Soudure », « Garantie », « Groupe/Tontine », « Stock », « Épargne + Assurance » et « Investissement ».
Un panel regroupant des représentants de la KCB, de la BIDF, d’Interbank, de la BCB, de la CECM, de la MUTEC et de Twitezimbere Microfinance, a permis aux organisations paysannes de s’informer davantage sur les produits financiers disponibles, les conditions d’accès ainsi que les modalités de remboursement.
Les échanges ont également porté sur le financement des coopératives et les groupes de caution solidaire, considérés comme des mécanismes pouvant contribuer à surmonter les difficultés liées à l’insuffisance des garanties.
Les participants ont par ailleurs recommandé aux producteurs d’anticiper la constitution de leurs dossiers, afin de réduire les délais de traitement et de permettre la disponibilité des financements avant le début des campagnes agricoles.
Face aux risques liés aux changements climatiques, les participants ont insisté sur l’importance de mettre les intrants à la disposition des producteurs dans les délais requis, de promouvoir l’utilisation de variétés résistantes au stress hydrique et de développer des solutions locales, notamment les biofertilisants, dans un contexte caractérisé par des épisodes de pluies violentes.
Le représentant du coordonnateur du PAIFAR-B et chargé du volet financement, Ladislas Habonimana, a souligné l’importance de faciliter l’accès de la population à des services financiers abordables et adaptés à ses capacités. Mis en œuvre avec l’appui du Fonds international de développement agricole (FIDA), le PAIFAR-B ambitionne d’atteindre environ 154.000 bénéficiaires à l’horizon 2029, tout en accordant une attention particulière à la protection de l’environnement, a-t-il expliqué.
Au terme des échanges, les participants ont appelé à la poursuite du dialogue entre les différents acteurs afin de renforcer une finance rurale accessible, sécurisée et durable, susceptible d’accompagner les producteurs dans l’amélioration de leur productivité et le développement de leurs activités.

