MUKAZA, 19 oct. (ABP) – Le Centre professionnel de kinésithérapie (C.P.KINE) a organisé vendredi le 16 octobre 2026 à Bujumbura, un atelier scientifique consacré à la compréhension des troubles du neurodéveloppement chez l’enfant et l’adolescent, dans le but de mieux faire connaître ces troubles et de favoriser une meilleure prise en charge des personnes concernées.
Selon Déo Ndayishimiye, kinésithérapeute et directeur du C.P.KINE, le centre prend en charge des troubles neurologiques chez l’enfant depuis neuf ans. Au cours de cette période, indique-t-il, le centre CP KINÉ a notamment reçu des enfants présentant un retard de langage, certains ne commençant à parler qu’entre quatre et six ans, ainsi que des enfants présentant des signes d’hyperactivité, des troubles de la concentration ou de l’autisme.
Il a expliqué que certains enfants hyperactifs peuvent avoir des comportements difficiles à gérer, comme sauter sur les tables, casser des objets, courir sans précaution ou se blesser.
Face à ces comportements, M. Ndayishimiye signale que certains parents, faute de comprendre les troubles dont souffrent leurs enfants, recourent aux punitions et aux châtiments corporels.
Selon lui, à l’école également, ces enfants peuvent être considérés comme turbulents et subir des mauvais traitements, notamment des coups ou des punitions consistant à les obliger à rester à genoux, a-t-il déploré.
Face à cette situation, le C.P.KINE a organisé cet atelier, faisant appel à deux experts spécialisés dans le neurodéveloppement de l’enfant et de l’adolescent, de la naissance jusqu’à l’âge de 18 ans, à savoir la neuropsychiatre italienne Maria Picilli et le psychothérapeute néerlandais, le professeur Gerrard Neurts.
L’atelier s’adressait notamment aux parents, aux professionnels de la santé, en particulier ceux qui s’occupent des enfants, ainsi qu’aux enseignants.
Il visait à renforcer leurs connaissances sur les troubles du neurodéveloppement, les méthodes de prise en charge et les approches thérapeutiques adaptées, notamment l’orthophonie.
D’après M. Ndayishimiye, le développement des neurones intervient dans l’évolution du comportement humain.
Il a indiqué que certains enfants peuvent présenter des troubles liés à des atteintes neurologiques, notamment la paralysie cérébrale, ou à d’autres complications survenues avant ou après la naissance.
Il a également évoqué des situations où un enfant peut présenter un comportement différent de celui des autres enfants de son âge, malgré des consultations ne révélant pas d’anomalie apparente.

Plusieurs troubles neurologiques ont été abordés au cours de l’atelier, notamment l’autisme et l’épilepsie.
Concernant cette dernière, M. Ndayishimiye a relevé que certaines personnes l’associent à la consommation de certains aliments, notamment la viande de porc, à certaines conditions de vie, à une malédiction ou à l’hérédité.
Il a souligné que les explications apportées par les experts ont permis de corriger certaines de ces idées reçues, en rappelant que l’épilepsie peut notamment se manifester pendant le sommeil.
Le directeur du C.P.KINE a par ailleurs indiqué que les deux experts ont proposé de continuer à accompagner les professionnels du centre à distance. Ceux-ci pourront leur transmettre, par internet, des vidéos de patients afin de faciliter l’analyse des cas et de bénéficier de leurs conseils pour la prise en charge, gratuitement.
S’agissant des signes pouvant alerter les parents chez les enfants atteints de ces troubles, M. Ndayishimiye a souligné l’importance de l’observation du comportement de l’enfant dès son jeune âge. Un retard de langage, une hyperactivité excessive ou des difficultés à rester en compagnie d’autres enfants devraient inciter les parents à consulter rapidement un professionnel de santé.
Il a estimé que le recours à des guérisseurs traditionnels dans de telles situations peut notamment s’expliquer par une méconnaissance de ces troubles ou par certaines croyances.
Il a ainsi appelé à une sensibilisation accrue de la population afin que les familles puissent reconnaître les signes d’alerte et savoir où faire consulter leurs enfants.
Ndayishimiye a également invité les médias à contribuer à cette sensibilisation à travers des articles et des émissions consacrés aux troubles du neurodéveloppement.

Il a déploré que certains enfants concernés aient abandonné l’école en raison des mauvais traitements qu’ils y subissaient, tandis que d’autres n’y sont pas inscrits par leurs familles à cause de leur comportement ou de leur état de santé.
Il a aussi signalé des cas d’enfants attachés avec des cordes à domicile, certains parents craignant qu’ils ne causent des dégâts lorsqu’ils sont laissés en liberté.
Selon lui, de telles pratiques, loin d’aider les enfants, aggravent leurs souffrances, alors qu’ils ont besoin d’un accompagnement adapté par des professionnels.
Il a enfin insisté sur la nécessité d’une action concertée entre les parents, les professionnels de la santé, les enseignants et les décideurs pour améliorer la connaissance de ces troubles et renforcer la prise en charge des enfants concernés. Il a réitéré son appel aux télévisions et aux plateformes numériques à multiplier les émissions et les publications sur le sujet afin d’informer davantage la population.
