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La Stratégie nationale appelle à renforcer la lutte contre la corruption

ByAdministrateur

Oct 28, 2026
Le président de la République du Burundi, Evariste Ndayishimiye

MUKAZA, 12 oct ABP) – La corruption demeure un défi majeur au Burundi et touche aussi bien les milieux urbains que ruraux. C’est ce qui ressort du document de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption, lancé officiellement le vendredi 9 octobre 2026 par le président de la République du Burundi, Evariste Ndayishimiye.

Selon le rapport de l’enquête intégrée sur la corruption, réalisée par l’Institut national de la statistique du Burundi (INSBU), les pratiques de corruption étaient plus répandues en milieu urbain qu’en milieu rural. Environ 12 % des citadins ayant entrepris des démarches administratives ont été directement confrontés à la corruption, contre 5,3 % en milieu rural.

Le document fait également état de disparités entre les anciennes provinces du pays. La mairie de Bujumbura enregistrait la proportion la plus élevée, avec 15,9 %, suivie des provinces de Ngozi (9,4 %), de Cibitoke (8,9 %), de Bujumbura (8,5 %) et de Muyinga (8 %). En revanche, les proportions les plus faibles étaient enregistrées dans les provinces de Muramvya (2,1 %), de Rutana (2,2 %), de Mwaro (2,4 %), de Makamba (2,8 %) et de Rumonge (2,8 %).

S’agissant des perspectives à l’horizon 2040, les indicateurs relatifs à l’efficacité de l’administration révèlent la nécessité de renforcer les efforts de lutte contre la corruption. Le niveau de transparence, estimé à 12,5 % en 2021, devrait atteindre 60 % en 2040, conformément aux ambitions de la Vision du Burundi. De même, l’indice de perception de la corruption, évalué à 17 % en 2022 selon le document, devrait être porté à 60 % à l’horizon 2040.

Le document identifie plusieurs secteurs particulièrement exposés aux pratiques de corruption. Il s’agit notamment des marchés publics, de la gestion des terrains et des bâtiments de l’État, des finances, de la gestion des ressources humaines dans les entités publiques, de l’éducation, du système judiciaire, de la Police nationale du Burundi, du secteur agropastoral, de l’administration douanière et fiscale, du commerce, de la construction, du charroi de l’État, des mines, des forêts et boisements domaniaux, ainsi que du secteur de la santé.

Ces constats s’appuient sur plusieurs sources d’information, notamment les jugements et arrêts rendus par les cours et tribunaux, les études réalisées par différents partenaires, les suggestions recueillies dans les boîtes installées à travers le pays par la Présidence de la République, les rapports définitifs produits par les organes de contrôle, les entretiens avec certains responsables des institutions publiques et la perception de la population.

Par ailleurs, le document souligne que la corruption n’est pas un phénomène propre au Burundi, mais qu’elle touche également les autres pays de la sous-région et du continent africain, à des degrés divers. Les données de l’indice de perception de la corruption de Transparency International font ressortir des écarts entre les pays de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC). Selon les chiffres repris dans le document, le Rwanda affiche un score de 57 %, suivi de la Tanzanie avec 40 %. Le Kenya obtient 31 %, l’Ouganda 26 %, la République démocratique du Congo 20 %, le Burundi 17 %, la Somalie 9 % et le Soudan du Sud 8 %. Ces différences sont notamment associées à la faiblesse des mécanismes de contrôle institutionnel et à la fragilité des contextes politiques dans certains pays, selon le document.