MUKAZA, 12 oct (ABP)-La lutte contre la corruption concerne l’ensemble des acteurs, notamment les institutions publiques, les médias, le secteur privé, les syndicats et les organisations religieuses. Telle a été annoncée par Gérard Hakizimana, le représentant légal de la société civile FOLUCON-F, à l’occasion du lancement de la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption.
Selon son analyse, M. Hakizimana a fait savoir que la crédibilité de ce combat dépend de la cohérence entre les discours et les pratiques de chacun. Il a, à cet égard plaidé pour une mobilisation collective en faveur de la transparence, de la redevabilité et de la bonne gouvernance au Burundi.
Dans sa présentation intitulée « Préserver les ressources publiques pour construire l’avenir du Burundi », lors des cérémonies organisées le vendredi 9 octobre 2026, dans le cadre de la lutte contre la corruption, Gérard Hakizimana a souligné que la corruption ne constitue pas seulement une violation de la loi, mais représente également un obstacle majeur au développement économique et social.
Il a indiqué que le détournement des ressources publiques empêche les citoyens d’accéder aux opportunités essentielles dans des secteurs tels que l’éducation, la santé, les infrastructures et l’emploi. La lutte contre ce phénomène doit ainsi être considérée comme un combat pour la dignité humaine, la justice sociale et le progrès collectif, a-t-il ajouté.

Concernant l’ampleur du défi, M.Hakizimana a évoqué des estimations relatives aux pertes économiques liées à la corruption en Afrique, ainsi qu’aux flux financiers illicites qui quittent le continent. Il a également abordé la situation du Burundi à travers l’Indice de perception de la corruption (IPC), rappelant que cet indicateur constitue un outil de diagnostic permettant d’identifier les défis et d’encourager les réformes, plutôt qu’une condamnation définitive d’un pays.
L’intervenant Hakizimana a, en outre, insisté sur les responsabilités de l’Etat dans la prévention, la détection et la sanction des actes de corruption, mais aussi dans le contrôle de la gestion publique, l’information des citoyens et la reddition des comptes. Il a également mis en évidence le rôle de la société civile, appelée à observer, alerter, sensibiliser, documenter les problèmes et contribuer aux réformes.
Il a indiqué que le renforcement des mécanismes de contrôle, la publication régulière des données publiques, la protection des lanceurs d’alerte, l’amélioration de la transparence et une participation citoyenne accrue figurent parmi les pistes d’actions avancées. Il n’a pas oublié de souligner une collaboration plus étroite entre les différents acteurs engagés dans la promotion de la bonne gouvernance et la gestion transparente des ressources publiques.
Gérard Hakizimana a, ensuite, accordé une attention particulière à la jeunesse, estimant qu’il est indispensable de préparer les générations futures à évoluer dans une culture fondée sur le mérite, l’intégrité, le travail, la responsabilité et l’excellence. L’objectif étant de transmettre aux jeunes la conviction qu’il est possible de réussir honnêtement et dignement, tout en contribuant à la construction d’une société plus juste et plus responsable.
Le représentant légal de FOLUCON-F a rappelé que la lutte contre la corruption ne doit pas viser une personne, mais plutôt les pratiques qui compromettent l’intérêt général. Il a, enfin, insisté sur la nécessité de renforcer les institutions plutôt que de les fragiliser.

