MUKAZA, 23 oct (ABP) – La Croix-Rouge du Burundi a organisé, jeudi le 22 octobre 2026, une réunion d’échanges avec ses partenaires, consacrée à l’évaluation des actions menées en faveur des personnes vulnérables et à la définition des orientations stratégiques pour les années à venir. Cette édition 2026 était placée sous le thème : « Vers une solidarité communautaire plus innovante et reposant sur des organes et des structures consolidés ».
Dans son discours d’ouverture, le représentant du ministre de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique, Roger Ndikumana, a rappelé que les communautés font face à de nombreux défis liés aux changements climatiques et aux catastrophes naturelles, notamment les inondations, les glissements de terrain, les vents violents, la grêle et le déficit hydrique.
Il a également évoqué d’autres urgences humanitaires, telles que les mouvements de population, les problèmes sanitaires, notamment le choléra et le paludisme, les violences sexuelles et basées sur le genre, ainsi que la menace de la maladie à virus Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC).
Selon les prévisions météorologiques de l’Institut géographique du Burundi (IGEBU), a-t-il ajouté, le pays est fortement exposé aux effets du phénomène El Niño, caractérisé notamment par des précipitations anormalement élevées susceptibles d’entraîner des inondations et des glissements de terrain, aggravant ainsi la vulnérabilité des communautés.
Malgré son ancrage communautaire et sa présence sur toutes les collines du pays, la Croix-Rouge du Burundi ne peut répondre efficacement à l’ensemble de ces défis sans l’appui de ses partenaires.
Roger Ndikumana leur a ainsi invités à poursuivre la collaboration avec cette organisation afin de faire face aux urgences humanitaires persistantes et de renforcer la résilience des communautés.
Il a salué la contribution des partenaires aux différentes interventions de la Croix-Rouge du Burundi, notamment la mobilisation communautaire en faveur de la cohésion sociale, l’accueil des réfugiés congolais depuis leur arrivée au Burundi jusqu’à leur prise en charge dans les sites de Busuma et de Musenyi, ainsi que les efforts déployés dans la lutte contre le choléra.
Il a également souligné l’importance du vaste réseau de volontaires de la Croix-Rouge du Burundi dans la diffusion des messages de paix, de cohabitation pacifique et d’entente sociale. Ces actions contribuent au renforcement des mécanismes d’entraide et de résilience, tout en dotant les communautés des capacités nécessaires pour mieux se préparer aux crises, les anticiper et y répondre efficacement.
De son côté, le chef de la délégation du Cluster couvrant le Burundi, le Rwanda, la République démocratique du Congo (RDC) et la République du Congo (Congo-Brazzaville) au sein de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), Ariel Kestens, a réaffirmé l’engagement de cette organisation à accompagner la Croix-Rouge du Burundi, les Sociétés nationales participantes, ses centres régionaux et l’ensemble des partenaires dans la construction des communautés plus résilientes.
Il a insisté sur la nécessité de promouvoir une action humanitaire davantage ancrée dans les communautés, plus efficace et plus durable. Dans cette perspective, il a présenté cinq priorités pour l’avenir : le renforcement de la coopération entre les partenaires, l’accélération de la transformation numérique, l’investissement dans les branches locales et les volontaires, la consolidation de la gouvernance ainsi que le développement de partenariats durables.
Pour sa part, le secrétaire général de la Croix-Rouge du Burundi, Anselme Katiyunguruza, a souligné l’importance de cette rencontre pour évaluer les progrès accomplis dans l’assistance aux personnes les plus vulnérables et réfléchir aux perspectives d’avenir.
Il a également annoncé la préparation d’un projet de plan stratégique pour la période 2027-2031, dont une première partie sera présentée aux partenaires pour examen et échanges.
Il a, par ailleurs, relevé que les réalités actuelles du monde imposent un changement dans la manière d’appréhender les situations humanitaires.
Selon lui, certaines de ces réalités peuvent susciter des réactions ou surprendre, mais elles doivent être considérées avec lucidité afin de mieux adapter les interventions aux besoins des populations.
Au cours des échanges, les participants ont souligné que la lutte contre les catastrophes constitue une responsabilité collective. Ils ont ainsi réaffirmé leur volonté de poursuivre et de renforcer leur collaboration afin de mieux prévenir les risques, de coordonner les interventions et de répondre efficacement aux besoins des communautés affectées.

