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Les artistes burundais appelés à préserver les instruments traditionnels pour sauvegarder la musique authentique du pays

ByAdministrateur

Nov 21, 2025
Le chanteur musicien Sylvestre Ciza

BUJUMBURA, 18 nov (ABP) – Les artistes de la nouvelle génération, fortement influencés par les genres musicaux et instrumentaux étrangers, privilégient l’usage d’instruments modernes au détriment de ceux issus de la tradition burundaise. Cette tendance menace la survie de la musique locale, reflet de la culture nationale, a déploré Silvestre Ciza, chanteur et musicien burundais connu pour ses chansons emblématiques « Burundi Mutima w’Afrika » et « Sangwe Rukundo ».

Selon lui, l’avènement des instruments étrangers a entraîné un recul notable de l’usage des instruments traditionnels. Il cite notamment l’inanga, remplacée par la guitare, le piano ayant pris la place de l’ikembe, et le violon celle de l’indingiti, parmi d’autres exemples.

Ciza alerte que cette perte d’intérêt pour les instruments traditionnels, pousse les jeunes artistes à s’orienter vers la musique moderne étrangère et à adopter des styles tels que le funk, le rock ou d’autres courants venus d’ailleurs, délaissant ainsi la tradition burundaise et les sonorités locales. Ce vétéran de la musique burundaise appelle les artistes à préserver les instruments traditionnels, afin que la musique burundaise ne tombe pas dans l’oubli. Il invite également les parents à inculquer à leurs enfants l’amour de la musique qui représente la tradition du pays.

Sur le plan institutionnel, l’artiste recommande à l’État, à travers le ministère ayant la culture dans ses attributions, d’inclure dans les programmes scolaires et les écoles de musique, des cours consacrés à la musique traditionnelle et à l’usage des instruments locaux. Il estime que, même si la musique burundaise n’a pas encore atteint le niveau de la musique étrangère, il existe une possibilité de fusionner les deux styles pour séduire un public plus large.

« Aucune musique n’est mauvaise, sauf celle qui contient des paroles injurieuses ou dénuées de sens, » a affirmé Ciza, ajoutant qu’il faut préserver la tradition à travers la musique, qui en constitue un vecteur essentiel.

Concernant la réception de la musique burundaise à l’étranger, il souligne qu’elle y est très appréciée, car a-t-il témoigné, le public étranger la considèrent  comme nouvelle et originale. Selon lui, lors des concerts à l’extérieur du pays, les Burundais attirent un grand nombre de spectateurs qui finissent par apprécier cette musique, preuve de sa valeur artistique.

Il n’a pas oublié de conseiller les artistes burundais surtout ceux de la nouvelle génération, d’apprendre à jouer des instruments. D’après lui, un musicien qui maîtrise un instrument possède une valeur ajoutée.

« Lorsqu’on chante en jouant, l’instrument s’harmonise avec la voix et comble les sonorités manquantes, rendant la musique plus agréable à l’oreille, » a-t-il expliqué. Il a également souligné l’importance d’être à la fois chanteur et musicien, afin de pouvoir se produire sans dépendre d’autres instrumentalistes.