CANKUZO, 13 mai (ABP) – Les couples dits infertiles sont appelés à se faire soigner aux établissements sanitaires et éviter les influences de l’extérieur. Cet appel est lancé par le médecin directeur de la province sanitaire de Buhumuza Dr Prosper Bigendakumana, dans un entretien avec l’abp.
Le médecin directeur de la province sanitaire Dr Bigendakumana a fait noter que l’infertilité est l’incapacité de fécondation. Il a affirmé que l’existence des couples infertiles est une réalité en province Buhumuza, tout en précisant que l’infertilité peut attaquer les femmes et les hommes et est due au facteur tubo péritonéal. Il a cité certaines causes pouvant occasionner cette anomalie chez la femme. D’une part les trompes pourraient être fermées par les microbes suite aux infections sexuellement transmissibles, d’autre part l’anomalie d’infertilité pourrait être due à l’avortement volontaire ou spontané ; ou tout simplement à l’accouchement non assisté.
Il cite également la tuberculose, les opérations, l’hyper prolactinémie chez les filles, les fibromes du col de l’utérus, imperforation imnéale, glaire cervicale acide, etc.
Chez l’homme, cette maladie est causée de plus en plus par la cliptorquidie, le diabète, le problème de torsion testiculaire, consommation des tabacs et de drogues, etc.
Ainsi, une des femmes de la commune Gisagara sur la colline Mugera raconte qu’elle a pu concevoir 3 ans après le mariage.
« Nous étions face aux différentes agressions de la part des voisins et connaissances qui n’hésitaient pas de me reprocher de la prostitution et de consommation de trop de médicaments de limitation des naissances avant le mariage ou avoir été guidée par les mauvais esprits. Heureusement, mon mari s’opposait à toutes ces accusations, il m’aimait beaucoup, m’aidait et m’encourageait toujours dans la prière.
Les examens médicaux n’avaient rien trouvé de défaut sauf les infections. J’étais toujours sous traitement médical et essayais de respecter les conseils que les médecins me donnaient et heureusement que le tout puissant a répondu à nos larmes ».
Une autre femme de la commune Cankuzo de cette province Buhumuza dit qu’elle a déjà atteint l’âge de la ménopause sans avoir conçu. Avec des larmes sur les yeux, elle regrette de ne pas présenter ses problèmes aux hôpitaux.
« Moi, j’ai gardé dans ma tête que c’est un handicap incorrigible et nous étions toujours en attente des miracles de Dieu. »
Le représentant légal de l’organisation Rurame en charge de la promotion de la santé mentale, de l’éducation et de l’autonomisation économique des ménages à besoin spécifique, M. Lin Ndayikengurukiye a fait noter que si la femme ne met pas au monde, elle éprouve un sentiment de culpabilité.
Dans ce cas-là, ajoute-il, avec les influences du voisinage ou de la parentalité, l’homme reste convaincu que la femme est la seule à être attaquée par l’infertilité, d’où le comportement de violence conjugale et de divorce.
Les conséquences tombent sur la femme qui pourrait vivre en stresse, l’anxiété ainsi que la dépression. Elles sont également constatées chez tout le couple qui se sent isolé, stigmatisé suite au comportement de marginalisation sociale.
Ndayikengurukiye et Dr Prosper Bigendakumana interpellent la population à comprendre que l’infertilité peut toucher les femmes et les hommes. Ils encouragent les couples à saisir les services médicaux pour détecter les causes profondes de d’infertilité et à éviter les influences des relations parentales et de la communauté.
Selon l’OMS, l’infertilité touche environ 1 sur 6 personnes dans le monde.

