GITEGA, 3 sept (ABP) – Les agriculteurs de la zone Mubuga, en commune et province de Gitega (capitale politique et centre du Burundi), saluent l’initiative d’un natif de cette zone M. Mamert Ndihokubwayo qui a entrepris, sur ses fonds propres, la construction d’un grand canal d’irrigation sur la rivière Mukondosi, séparant les collines Mubuga et Ngobeke. Ils demandent toutefois aux autorités compétentes la réhabilitation de la route provinciale 216 reliant la zone Mubuga à la ville de Gitega afin de faciliter à l’écoulement de leur récolte.
Les habitants rencontrés se disent reconnaissant envers ce natif de Mubuga pour les efforts qu’il déploie en faveur du développement de sa zone. Ils espèrent que le canal contribuera à accroître la production de légumes et de fruits et à améliorer les revenus des agriculteurs. Malgré cela, ces habitants affirment que l’état de la route RP 216 constitue un obstacle à l’écoulement des récoltes vers les marchés de la ville de Gitega. Ils affirment que le mauvais état de cette infrastructure entraîne des coûts élevés de transport, tandis que la vente des produits uniquement à Mubuga procure aux agriculteurs de faibles revenus.
Sur cette inquiétude, l’administration de la commune Gitega, lors d’une récente réunion tenue par l’administrateur communal en compagnie du président du conseil communal, a rassuré la question des routes en mauvais état dans toute la commune, est prise en considération. La route provinciale RP 216 figure alors sur la liste des routes à réhabiliter au cours de l’exercice budgétaire 2026-2027 en cours, selon la lettre du cadrage budgétaire, exercice 2026-2027, où on va réhabiliter 32,640 km depuis Gitega (province Gitega) jusqu’à Butezi (province Buhumuza).
Ces habitants invitent également les autres natifs de la zone ayant réussi dans leurs activités à s’inspirer de l’exemple de Mamert Ndihokubwayo et à contribuer au développement de leur milieu d’origine, car ont-ils précisé, le développement de la zone doit être l’œuvre de ses propres fils et filles.
Mamert Ndihokubwayo confirme cette assertion. Il indique qu’il s’est engagé à promouvoir l’agriculture dans sa zone natale s’inspirant de l’appel du Chef de l’État selon lequel il ne veut pas voir le Burundi rester un pays où existent encore des arbres non comestibles alors que ceux-ci peuvent être remplacés par des arbres fruitiers.
Titulaire d’un diplôme de formation pédagogique pour l’enseignement primaire, Mamert Ndihokubwayo exerce actuellement le commerce dans la ville de Gitega. Contrairement à ceux qui recherchent prioritairement un emploi dans la fonction publique après leurs études, il s’est orienté vers le commerce tout en continuant à pratiquer l’agriculture. M. Ndihokubwayo fait savoir qu’une partie des revenus issus de son commerce est régulièrement investie dans l’agriculture et obtient un rendement suffisant.
Ayant constaté que certains agriculteurs qui travaillent avec lui n’obtiennent pas de rendements satisfaisants, il a commencé par leur apprendre les techniques culturales moderne afin d’améliorer leur production, précise-t-il. C’est dans cette logique, selon lui, qu’il a eu l’idée de construire un ouvrage d’irrigation capable d’alimenter en eau plus de 20 hectares de terres agricoles. Il indique que la difficulté de trouver de la main-d’œuvre a également motivé cette initiative, car, précise-t-il, certains travailleurs estimaient que les rémunérations qu’ils recevaient localement étaient insuffisantes, d’où ils quittaient la région pour aller chercher du travail en Tanzanie.
Pour lui, la mise en place de ce système d’irrigation permettra aux travailleurs de cultiver leurs propres champs en plus de leur emploi et ainsi de disposer de revenus supplémentaires pour subvenir aux besoins de leurs familles.
M. Ndihokubwayo précise qu’au départ, il utilisait une motopompe fonctionnant au carburant pour irriguer ses champs. Après avoir échangé avec des personnes âgées de la région, celles-ci lui ont montré un ancien endroit où ils avaient tenté de construire l’ouvrage de retenue d’eau. Il a alors décidé de construire un canal à cet endroit. Il indique avoir réalisé un ouvrage en utilisant du ciment, des pierres et du fer à béton, pour un coût d’environ 30 millions de francs burundais, mais que les pluies ont détruit l’ouvrage, le contraignant à reprendre les travaux.

Loin de se décourager, M. Ndihokubwayo signale qu’il poursuit son projet en faisant notamment appel à des ingénieurs et à d’autres personnes disposant de compétences techniques dans le domaine de la construction. Il affirme qu’à ce jour, les travaux sont réalisés à plus de 90 % et que l’investissement déjà consenti dépasse 70 millions de francs burundais. Il sollicite un appui pour achever ce projet qui, selon lui, permettra d’irriguer plus de 20 hectares, un appui dont environ 17 hectares appartenant aux habitants locaux. Ses propres champs seront irrigués après ceux des autres agriculteurs.
Il convient de signaler que, pour son initiative en faveur du développement de sa communauté, la commune de Gitega a décerné à Mamert Ndihokubwayo un certificat d’honneur accompagné d’une enveloppe, le 1er août 2026, à l’occasion de la célébration de la Journée dédiée aux communes en présence du Chef de l’État.

