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Quand les espaces urbains inutilisés deviennent des jardins nourriciers

ByAdministrateur

Sep 24, 2026
Isaac Ndinzuruvugo

NTAHANGWA, 7 sept (ABP) – Un vieil homme de 70 ans connu au nom d’Isaac Ndinzuruvugo, a opté pour la valorisation des terrains (bandes de recul) se trouvant sur le bord de la route en quartier Kigobe du nord de la ville de Bujumbura, pour y cultiver les amarantes, a constaté l’ABP sur place.

Lors d’une descente effectuée le jeudi 3 septembre 2026 sur les lieux, l’ABP a constaté le travail acharné de cet homme âgé, qui a consacré tout son temps sur ces légumes. Seul sans main d’œuvre, cet agriculteur manifeste un engagement responsable, et gagne de l’expérience progressivement, et la fraicheur de ses cultures en saison des pluies qu’en saison sèche ne cesse d’impressionner les gens de son voisinage.

Le vieil homme se lève chaque jour à 6 heures du matin pour arroser ses plantes, à une heure où certains, même parmi les plus jeunes, préféreraient encore profiter de quelques heures de sommeil. Il recouvre de paille les jeunes amarantes afin de les protéger contre les rayons ardents du soleil, de conserver l’humidité du sol et de favoriser leur croissance. D’où ses légumes restent frais et grandissent rapidement. Pour lui, cette attention quotidienne et l’utilisation de la paille constituent le secret de la réussite de son potager.

Lors d’une interview accordée à l’ABP, cet homme originaire de Nyabiraba en commune  Rwibaga de la province Bujumbura, a indiqué qu’il va bientôt totaliser 30 ans étant en ville de Bujumbura, sur le même lieu où se trouvent ses cultures.

Il témoigne qu’au moment où il est arrivé sur le lieu, cet endroit était une forêt, et le sol était aride. Il indique qu’il a aménagé petit à petit le terrain pour le rendre fertile en apportant de l’urée, et qu’il a commencé à y planter des amarantes même si les premiers résultats ont été décevants. Par après, a-t-il fait savoir, il a opté d’utiliser le fumier  naturel, ce qui a rendu le sol plus productif.

D’après lui, le cas de la Tanzanie qui cultive dans des forêts lui a servi de modèle, d’où est née l’idée d’apporter des herbes et du fumier pour essayer de donner la fertilité à ce sol et commencé de semer les légumes, une stratégie qui a apporté des stratégies positives au fur du temps. Il témoigne aussi que depuis ces résultats, les autres personnes ont  commencé de l’imiter, mais ne parviennent pas encore à le faire comme il le fait.

Concernant l’importance de son secret agricole de paillage, cet agriculteur révèle que cette technique reste encore méconnue de nombreux cultivateurs. Il explique que le paillage ne demande pas de grands moyens : de la paille, de l’herbe sèche ou d’autres matières végétales peuvent suffire.

« En couvrant le sol autour des jeunes plants, le cultivateur protège ses cultures contre la chaleur, limite l’évaporation de l’eau et aide le sol à conserver ses nutriments. » a-t-il indiqué, ajoutant que cette pratique simple pourrait être davantage adoptée par les agriculteurs de Bujumbura, surtout dans les périodes de forte chaleur, afin de mieux préserver leurs cultures tout en réduisant les besoins en eau.

Isaac Ndinzuruvugo indique être satisfait de son parcours, signalant qu’il parvient à couvrir ses besoins et ceux de sa famille avec l’argent tiré de cette agriculture dans cet espace. « Cet espace me sers également des frais pour ma santé ainsi que celle des membres de ma famille » a-t-il fait savoir, déplorant que les maladies freinent son développement, que s’il n’y avait pas de maladies, il aurait franchi un autre pas.

Cet agriculteur lance un appel à la jeunesse surtout ceux se trouvant près des marais d’eau et ayant accès aux parcelles, de se lancer dans la culture des amarantes, car ces derniers n’ont pas de saison. « L’amarante se cultive dans toutes les saisons et a un revenu important pouvant autonomiser un grand nombre des jeunes et lutter contre le chômage. » rappelle-t-il.

Concernant ceux qui disent que les légumes n’ont pas de marché de vente et ne peuvent pas générer assez de revenus, M.  Ndinzuruvugo démenti ces propos. Il donne l’exemple de son champ qui ne fait qu’une vingtaine de mètres, mais qui peut générer jusqu’à plus de 260000 fbu par un seul coup de récolte.

Il indique aussi que les amarantes sont plus consommées par les ménages à Bujumbura, mais aussi qu’elles sont prescrites par les professionnels de la santé, vu qu’elles contiennent une grande quantité d’éléments nutritifs  qui sont bon pour la santé.

Isaac Ndinzuruvugo indique en outre que certains terrains sont encore inexploités et que cela représente une grande perte pour l’Etat et la population. Selon cet agriculteur, ces petits espaces de recul par exemple, ne devraient pas être uniquement consacrés aux fleurs.

Il propose plutôt d’en exploiter la partie intérieure pour y cultiver des légumes à cycle court, tandis que les extrémités pourraient être réservées aux fleurs. Cette manière sert, selon lui, de concilier l’embellissement de l’environnement et la production alimentaire sur des espaces souvent peu exploités. « Planter du gazon et des fleurs c’est bon pour l’embellissement, mais il faut aussi penser à notre alimentation. Légumes et fleurs peuvent bien cohabiter dans un même espace : les légumes à l’intérieur et les fleurs aux extrémités » a-t-il conseillé.

Il appelle les jeunes à éviter la paresse et à considérer cette culture comme une grande opportunité. Il les encourage à s’inspirer de son expérience, affirmant qu’une fois qu’ils en verront les résultats, ils ne voudront plus l’abandonner.  Il a également rappelé aux jeunes que l’homme vieillit tout en restant actif, et que ce qu’il produit aujourd’hui pourra lui être utile lorsqu’il n’aura plus la force de travailler.