NTAHANGWA, 29 sept (ABP) – Diane Ntakirutimana et Henriette Ndayisenga, deux jeunes filles de Bujumbura, fabriquent des sandales pour dames à base de fils brodés depuis 2021. Elles exercent cette activité en parallèle avec leurs études et parviennent ainsi à subvenir à certains de leurs besoins, ont indiqué les intéressées dans une interview accordée à l’ABP.
À voir son aisance dans l’exercice de ce métier, il serait difficile de croire que Diane Ntakirutimana ne le pratique que depuis quelques années. Elle a indiqué avoir appris ce métier auprès de sa tante en avril 2021. Depuis, cette activité est devenue une véritable passion pour elle.
Après avoir appris gratuitement le métier, elle ne disposait que de deux rouleaux de fil et d’un crochet pour commencer. Elle a estimé son capital de départ à environ 5 500 FBu. Pour fabriquer une paire de sandales, elle avait notamment besoin d’un talon qui coûtait environ 5 000 FBu, une somme qu’elle ne possédait pas à ses débuts. Elle a alors trouvé une solution en utilisant les moyens dont elle disposait. « J’ai pris les cordes que j’avais striées et je les ai mises sur un talon d’une paire de sandales que je ne portais plus. Cela leur a donné un air mignon. Je les portais à l’Université ou à l’église. Ceux qui les voyaient les ont aimées et ont passé des commandes. C’est ainsi que j’ai obtenu mes premiers revenus », a-t-elle raconté.
Henriette Ndayisenga, une amie de Ntakirutimana, a indiqué avoir été impressionnée par les sandales fabriquées par cette dernière. Elle a alors souhaité apprendre à les confectionner. « Après les avoir vues pour la première fois, j’ai eu envie de savoir à tout prix comment les fabriquer », a-t-elle témoigné. Ntakirutimana a accepté de lui apprendre le métier. Depuis novembre 2021, les deux jeunes femmes travaillent ensemble dans cette activité. Selon elles, d’autres jeunes ont également été initiés à la fabrication de ces sandales. En plus de la fabrication des sandales, Ntakirutimana confectionne des nappes de table brodées ainsi que des paniers appelés « amakapo ».
Malgré leur volonté de développer leur activité, les deux jeunes entrepreneures font face à plusieurs difficultés. Comme beaucoup de jeunes entrepreneurs débutants, elles ont indiqué ne pas être suffisamment informées sur les opportunités disponibles pour renforcer leurs compétences, promouvoir leurs produits et accéder aux marchés. Elles ont également déploré la méfiance de certains clients à l’égard de leurs produits. Malgré l’esthétique, la solidité et la diversité de leurs modèles, leurs sandales font souvent l’objet de négociations à la baisse.
« Nous vendons nos sandales entre 15 000 et 20 000 FBu, mais on nous dit souvent qu’elles sont chères. Pourtant, certains préfèrent acheter les sandales kenyanes à 25 000 FBu, qui ne sont pas plus solides que les nôtres », a regretté Ndayisenga.
Les deux jeunes femmes ne disposent pas d’une machine leur permettant de fabriquer elles-mêmes les talons de leurs sandales. Elles sont donc obligées de recourir aux services des cordonniers du quartier. Cette situation constitue, selon elles, un handicap pour leur activité. Elles ont notamment déploré le non-respect de certains délais ainsi que la qualité parfois insuffisante des talons qui leur sont fournis. « Cela remet en cause notre travail », ont-elles fait savoir. Elles souhaitent disposer de leur propre machine afin de pouvoir fabriquer entièrement leurs sandales.
Selon Ntakirutimana, la fabrication des sandales lui permet de disposer d’une certaine autonomie financière et de contribuer à la satisfaction de ses besoins. « Avec le peu d’argent que je gagne dans ce métier, je parviens à subvenir à mes besoins. C’est un souci de moins pour mes parents », a-t-elle témoigné. Elle espère que cette activité lui permettra également de faire face aux difficultés liées au chômage des jeunes. De son côté, Ndayisenga a affirmé que cette activité lui permet de prendre en charge certains de ses besoins depuis qu’elle l’a commencée. Elle a toutefois déploré le fait que les métiers ne soient pas suffisamment valorisés au Burundi. Elle appelle les autres jeunes à apprendre au moins un métier, estimant qu’une telle compétence peut constituer une source de revenus et une alternative au chômage.
