MUKAZA, 1er oct (ABP) – Le ministre ayant la Justice dans ses attributions, Alfred Ahingejeje, a ouvert, jeudi 1er octobre 2026, une réunion d’échange sur l’amélioration de l’accès des Batwa aux droits fonciers au Burundi. La rencontre réunissait les représentants de cette communauté et les responsables des organisations de défense des droits de l’homme.
Dans son intervention, M. Ahingejeje a rappelé aux familles batwa qu’elles ne devraient plus se considérer comme vivant à une époque où leurs principales activités étaient la chasse et la poterie. Il les a encouragées à connaître et à exercer leur droit d’accès à la terre et à pratiquer l’agriculture au même titre que les autres Burundais. Il a indiqué que le gouvernement burundais déploie des efforts pour permettre aux familles batwa d’accéder aux terres cultivables. Il a souligné que plus de 90 % de la population burundaise dépend de l’agriculture.
Concernant les programmes d’attribution des terres, M. Ahingejeje a plaidé pour que les Batwa soient prioritaires lors de la distribution de nouvelles terres, afin qu’ils ne soient pas laissés en marge du processus de développement du pays. Il a également appelé les bénéficiaires batwa à éviter de revendre les terres qui leur sont attribuées, les exhortant plutôt à les exploiter afin d’améliorer leurs conditions de vie.
S’agissant de l’accès aux forêts naturelles, le ministre Ahingejeje a demandé que les Batwa puissent à nouveau obtenir les autorisations nécessaires pour y accéder. Il a rappelé qu’ils y trouvent notamment des plantes médicinales ainsi que certains produits destinés à leur alimentation.
De son côté, le représentant légal de l’UNIPROBA, Emmanuel Nengo, a expliqué que cette rencontre visait à identifier les actions à mener pour garantir aux Batwa leurs droits fonciers et favoriser leur intégration dans la société au même titre que les autres citoyens.
Abordant la question de la médecine traditionnelle, M. Nengo a souligné l’importance de préserver les connaissances liées à cette pratique. Selon lui, celles-ci contribuent à la prise en charge de certains problèmes de santé. Il a appelé les familles batwa à transmettre ces connaissances à leurs enfants afin d’éviter leur disparition.
Concernant l’intégration des Batwa dans la société, le représentant légal de l’UNIPROBA a invité cette communauté à renforcer son sentiment d’appartenance à la nation burundaise, à sortir de l’auto-exclusion et à s’investir davantage dans les activités de développement.
Au cours des échanges, les participants ont évoqué plusieurs défis auxquels les Batwa sont confrontés, notamment le problème des terres qui leur sont attribuées par certaines communes, mais qui leur sont ensuite retirées, particulièrement lorsqu’ils ne disposent pas de documents attestant leur droit de propriété ou d’occupation.
À ce sujet, les responsables de la communauté batwa ont demandé aux autorités compétentes de délivrer aux bénéficiaires les documents fonciers nécessaires afin de garantir leur sécurité juridique sur les terres qui leur sont attribuées.
Concernant la promotion des activités génératrices de revenus et d’autres initiatives de développement, ils ont appelé les responsables élus issus de la communauté batwa à différents niveaux à se rapprocher davantage des Batwa vivant sur les collines, afin de les accompagner et de les sensibiliser aux activités de développement.
S’agissant du projet d’enregistrement des Batwa pour bénéficier de terres, les responsables de cette communauté ont demandé que le processus soit mené avec davantage de rigueur. Ils ont estimé que certaines personnes qui se font actuellement enregistrer n’appartiendraient pas à la communauté batwa.

