• mar. Oct 6th, 2026

ABP - Agence Burundaise de Presse

Grenier de l'information au Burundi

Les conflits familiaux peuvent laisser des séquelles durables chez l’enfant, selon un psychologue clinicien

ByAdministrateur

Oct 6, 2026
Le psychologue clinicien Christophe Armel Arakaza Ndoruwanka

MUKAZA, 2 oct (ABP) – Les conflits familiaux, les violences conjugales et certains styles éducatifs parentaux peuvent avoir des répercussions importantes sur le développement psychologique et émotionnel des enfants, a indiqué le mardi 29 septembre 2026, le psychologue clinicien Christophe Armel Arakaza Ndoruwanka, du Carré-Fort des Psychologues Lumière Mpore, une organisation locale engagée dans la promotion de la santé mentale et du bien-être au Burundi, lors d’une interview qu’il a accordée à l’ABP.

Selon ce psychologue, le vécu quotidien de l’enfant au sein de sa famille peut influencer son caractère, sa manière de comprendre le monde, ses relations avec les autres ainsi que son bien-être et sa santé mentale. Ces effets peuvent apparaître dès la petite enfance et se prolonger jusqu’à l’adolescence, voire à l’âge adulte.

« Le vécu quotidien d’un enfant a des conséquences sur son caractère, sur sa manière de voir les choses, de comprendre et d’interagir avec les autres », a expliqué M. Ndoruwanka.

Il a souligné que les recherches consacrées aux styles éducatifs parentaux montrent l’importance de l’environnement familial dans le développement psychologique de l’enfant.

Les conflits répétés entre les parents, les violences intraconjugales ainsi que les pratiques éducatives autoritaires, dénigrantes ou dégradantes peuvent notamment affecter la construction de l’enfant.

D’après lui, les conflits familiaux peuvent avoir différentes origines, notamment le caractère des conjoints, les difficultés sociales et économiques ou encore les problèmes auxquels les adultes sont confrontés dans leur vie quotidienne. Ces situations peuvent provoquer des réactions émotionnelles qui influencent les interactions au sein du ménage.

Face à ces situations, l’enfant tente de comprendre ce qui se passe autour de lui et peut également chercher à s’identifier à ses parents. Il risque ainsi d’imiter certains comportements observés dans son environnement familial.

Le psychologue évoque également les blessures émotionnelles pouvant découler de certaines expériences vécues durant l’enfance, notamment le rejet, l’abandon, l’humiliation, l’injustice et la trahison. Le rejet peut notamment être ressenti par un enfant lorsque sa naissance intervient dans un contexte difficile, marqué par des problèmes économiques, sociaux ou familiaux.

L’enfant peut alors percevoir qu’il n’était pas désiré ou qu’il constitue une charge supplémentaire pour ses parents.

Concernant l’abandon, M. Ndoruwanka explique qu’un enfant peut ressentir ce sentiment lorsque ses parents sont séparés ou lorsqu’un parent est éloigné en raison du travail, d’une hospitalisation ou d’autres circonstances. Même lorsque cette séparation est indépendante de la volonté du parent, l’enfant peut l’interpréter comme un abandon et intérioriser ce sentiment.

L’humiliation peut, quant à lui, être liée aux conditions de vie de l’enfant. Les difficultés économiques peuvent notamment empêcher certains parents de répondre à des besoins scolaires ou matériels de leurs enfants.

La comparaison avec d’autres enfants disposant de vêtements, de chaussures ou de fournitures scolaires peut alors renforcer chez certains enfants un sentiment de honte ou d’infériorité. Le psychologue cite également l’injustice parmi les blessures susceptibles d’affecter l’enfant.

Celle-ci peut être ressentie lorsqu’un enfant est sévèrement puni sans comprendre clairement la faute qui lui est reprochée, ou lorsqu’il est témoin de violences ou d’humiliations entre ses parents.

Selon M. Ndoruwanka, ces expériences peuvent avoir des répercussions qui ne s’arrêtent pas nécessairement à l’adolescence. Certaines personnes peuvent continuer à en ressentir les effets dans leur vie adulte, notamment dans leurs relations conjugales, sociales ou professionnelles.

Il appelle ainsi à une meilleure prise en compte de l’environnement familial dans la promotion de la santé mentale et du bien-être des enfants, estimant que les expériences vécues au sein du ménage jouent un rôle important dans leur développement psychologique.