• lun. Oct 19th, 2026

Lancement des formations de spécialisation des journalistes sur la Vision Burundi 2040-2060

ByAdministrateur

Oct 19, 2026
La ministre Evelyne Butoyi

GITEGA, 5 oct (ABP) – La ministre de la Communication et des Médias, Evelyne Butoyi, a officiellement lancé, lundi 5 octobre 2026 à Gitega, capitale politique et centre du pays, une série de formations destinées à renforcer les compétences et la spécialisation de plus de 300 journalistes burundais sur la Vision « Burundi, pays émergent en 2040 et pays développé en 2060 », a constaté l’ABP sur place.

La cérémonie a été marquée par la présence de la présidente du Conseil national de la communication (CNC), Espérance Ndayizeye, de la secrétaire nationale chargée de la communication au sein du parti CNDD-FDD, Doriane Munezero, du conseiller du gouverneur de Gitega chargé du développement ainsi que des responsables des médias.

La formation lancée à Gitega réunit des journalistes des provinces de Gitega et Buhumuza. Elle se poursuivra dans les provinces de Bujumbura, Burunga et Butanyerera afin de toucher 300 professionnels des médias sur l’ensemble du territoire national, a-t-on appris.

Dans son discours d’ouverture, Mme Butoyi a indiqué que les professionnels des médias constituent un relais important pour permettre à la population de mieux connaître la Vision 2040-2060 et de comprendre les actions entreprises pour sa mise en œuvre. Selon elle, ces formations permettront aux journalistes d’acquérir les connaissances nécessaires pour mieux informer la population sur les différents secteurs concernés par cette vision.

La ministre Butoyi a insisté sur le fait que la Vision 2040-2060 ne doit pas rester au stade des discours, mais être traduite en actions concrètes. Les journalistes, a-t-elle souligné, figurent parmi les acteurs appelés à contribuer à sa vulgarisation, en maîtrisant les objectifs et les actions à mener dans les différents secteurs de la vie nationale.

De son côté, le directeur général du programme Communication et Médias au sein dudit ministère, Oscar Nzohabonayo, a souligné que les journalistes constituent un maillon essentiel pour permettre aux citoyens de mieux comprendre le contenu de la Vision et de contribuer à sa mise en œuvre. Il a notamment rappelé que la voix des médias porte loin, appelant ainsi les médias à jouer pleinement leur rôle dans la réalisation de la Vision 2040-2060. Il a précisé que celle-ci n’est ni un simple slogan ni une théorie, mais un document stratégique national dont la mise en œuvre concerne toutes les composantes de la société.

Nzohabonayo a expliqué que la réalisation de la vision nationale nécessite des objectifs clairs dans chaque domaine, des tâches précises ainsi que des indicateurs permettant de mesurer les progrès accomplis. Dans ce contexte, il a appelé les médias à mieux comprendre leur rôle, notamment à travers la production et la diffusion d’une information professionnelle, diversifiée, fiable et utile au développement du pays.

Dans son exposé, le directeur des Médias au ministère de la Communication et des Médias, Aloys Haziyo, a indiqué que le paysage médiatique burundais a connu une évolution remarquable ces dernières années, avec environ 200 médias actuellement opérationnels, tandis que de nouvelles demandes d’agrément continuent d’être introduites. Il a également relevé l’essor des médias numériques, qui offrent de nouvelles possibilités d’accès à l’information et de participation du public.

Toutefois, cette évolution, selon lui, s’accompagne de plusieurs insuffisances qui affectent la qualité des productions médiatiques. Il a notamment cité les reportages et émissions mal réalisés ou mal montés, la mauvaise qualité de certaines photos et images, les problèmes de son ainsi que le manque de professionnalisme dans la présentation de certains journaux. Il a également relevé l’insuffisante exploitation de certains genres journalistiques, notamment les débats, le journalisme d’investigation, les portraits et les éditoriaux. Le déséquilibre dans le traitement de l’information, la diffusion de fausses informations et le manque de diversification des sujets figurent également parmi les préoccupations soulevées.

Vue partielle des participants

Selon M. Haziyo, certains médias ont tendance à se limiter aux commandes institutionnelles, tandis que certaines radios et télévisions consacrent une part importante de leurs programmes à la musique et aux films, au détriment de contenus plus diversifiés. Il a par ailleurs fait état, dans de rares cas, de contenus pouvant conduire à l’incitation à la haine, à la révolte ou à la violence, à l’atteinte à l’ordre public et à la dignité humaine, ainsi qu’à l’apologie du crime ou à l’outrage à l’autorité suprême.

La présentation de M. Haziyo a également identifié quinze principaux défis auxquels fait face le secteur médiatique burundais. Il s’agit notamment de l’insuffisance de la formation technique et professionnelle, du manque de moyens financiers et d’équipements, des difficultés d’accès à l’information et des problèmes liés au transport et au carburant. S’y ajoutent la rétention de certaines informations par des autorités, l’insuffisance des infrastructures et du personnel, les interruptions des programmes dues aux coupures d’électricité, ainsi que les difficultés liées au paiement des redevances annuelles sur les antennes à l’Agence de régulation et de contrôle des télécommunications (ARCT).

Le secteur des médias fait également face, selon toujours Haziyo, à l’existence de quelques zones d’ombre pour certaines radios, à la faiblesse des connaissances en matière de production publicitaire et au manque de culture de la publicité au sein d’une partie de la population. La présentation a enfin relevé des lacunes dans le management du personnel, l’insuffisance ou l’absence de salaires pour certains journalistes ainsi que la mauvaise connectivité à Internet