MUKAZA, 7 oct (ABP) – Le ministre de la Justice, des Droits de la personne humaine et du Genre, Alfred Ahingejeje a, mardi le 6 octobre 2026, appelé les professionnels du droit et du secteur bancaire à renforcer leur collaboration afin de contribuer à la sécurisation des opérations financières et au développement d’un secteur bancaire performant et accessible.
Il s’exprimait à l’ouverture de la 23ème édition des Journées annuelles de l’Association africaine des juristes des banques et établissements financiers (AJBEF), organisées au Burundi pour une durée de quatre jours sous le thème : « Juristes des banques, acteurs incontournables de la performance bancaire et financière ». La cérémonie a réuni notamment des directeurs généraux d’institutions financières, des bâtonniers ainsi que des membres de l’AJBEF.
Dans son discours, M. Ahingejeje a indiqué que la tenue de ces assises au Burundi constitue une occasion de renforcer le dialogue, la réflexion et le partage d’expériences entre les établissements bancaires, les professionnels du droit, la magistrature, les législateurs et les autorités compétentes.
S’agissant de l’accès au financement des petites et moyennes entreprises et des ménages, il a insisté sur la nécessité de disposer d’un cadre juridique clair, de garanties fiables et de mécanismes efficaces de règlement des différends.
Le ministre a également souligné l’importance de prévenir les litiges, de traiter les affaires dans des délais raisonnables et d’assurer l’exécution des décisions de justice, dans le respect de l’indépendance de la magistrature et des garanties procédurales.
Il a, par ailleurs, évoqué la modernisation des systèmes de paiement, qui offre de nouvelles possibilités en matière d’inclusion financière, tout en exigeant une vigilance accrue sur la sécurité des opérations, la protection des données, la responsabilité des différents intervenants ainsi que les mécanismes de réclamation et de recours des utilisateurs.
Ahingejeje a en outre appelé les professionnels du droit et du secteur bancaire à renforcer les dispositifs de prévention de la criminalité financière et à œuvrer ensemble pour un secteur bancaire plus sécurisé, performant et accessible.
De son côté, le président de l’Association burundaise des juristes des banques et établissements financiers, Clément Nduwimana, a rappelé que cette association, créée au Burundi en 2017, regroupe les juristes travaillant dans les banques et établissements financiers. Elle est également membre de l’Association africaine des juristes des banques et établissements financiers (AJBEF). Selon lui, l’objectif de cette organisation est notamment de favoriser le partage d’expériences et de connaissances sur l’application du droit dans le secteur bancaire, particulièrement en matière d’octroi et de recouvrement des crédits.
Nduwimana a expliqué que l’organisation de ces journées annuelles, qui en sont à leur 23e édition et se tiennent à tour de rôle dans différents pays, vise à permettre aux participants d’échanger sur les questions juridiques liées aux activités bancaires et financières.
Il a rappelé que le juriste intervient dès la conception des opérations bancaires afin de clarifier les obligations des différentes parties, d’anticiper les difficultés et de proposer des solutions adaptées. Cette intervention contribue, selon lui, à protéger les intérêts des établissements financiers, des déposants et des clients. Il a également insisté sur l’importance de la sécurité juridique dans l’efficacité du financement, notamment à travers la constitution correcte des garanties, l’élaboration de contrats clairs et la mise en place de mécanismes efficaces de règlement des différends.
Le président de l’AJBEF au Burundi a appelé les juristes à accompagner la conception de services financiers accessibles, fiables et compréhensibles pour les utilisateurs. Il a aussi plaidé pour une collaboration étroite entre les services juridiques, commerciaux, de conformité et de gestion des risques, notamment dans la prévention de la criminalité financière et la gestion des conflits d’intérêts.
Il a indiqué que les échanges de cette 23ème édition permettront aux juristes des banques du Burundi d’approfondir leurs connaissances sur les règles juridiques régissant le secteur bancaire, particulièrement celles relatives à l’octroi et au recouvrement des crédits, afin de contribuer à l’amélioration des opérations de financement. Les participants à ces assises représentent notamment la Mauritanie, le Cameroun, le Sénégal, le Burkina Faso, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Niger, la Guinée-Conakry, le Togo, le Mali, la République démocratique du Congo et le Burundi.

