• jeu. Oct 29th, 2026

Les pays riverains du lac Victoria renforcent leur coopération pour relever les défis du secteur de la pêche

ByAdministrateur

Oct 29, 2026
Le secrétaire permanent au ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage, Emmanuel Niyungeko

MUKAZA, 7 oct (ABP) – Les pays riverains du lac Victoria entendent renforcer leur coopération, afin de relever les défis liés à la gestion et au développement durable du secteur de la pêche. C’est ce qui ressort des échanges et débats tenus du 2 au 6 octobre 2026 à Bujumbura, lors d’une session ministérielle consacrée aux questions liées à la pêche et aux moyens de subsistance des communautés riveraines.

Cette session ministérielle a réuni les ministres responsables de la pêche et de l’aquaculture ainsi que les ministres responsables des Affaires de la Communauté d’Afrique de l’Est des quatre Etats membres de l’Organisation des pêches du lac Victoria (LVFO), à savoir le Burundi, le Kenya, l’Ouganda et la République-Unie de Tanzanie.

Dans une interview accordée à la presse en marge de la session, le secrétaire permanent au ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage, Emmanuel Niyungeko, a indiqué que la coopération entre les pays membres de la communauté régionale constitue un avantage pour le Burundi dans la promotion et le développement du secteur de la pêche. Elle favorise également le partage d’informations et d’expériences sur les ressources halieutiques disponibles dans les lacs et les rivières ; a-t-il ajouté.

S’agissant des défis qui entravent le développement durable du secteur de la pêche dans les pays concernés, le secrétaire permanent Niyungeko a cité l’utilisation d’engins de pêche non autorisés et la pratique de la pêche sans respect des normes minimales en vigueur. Il a également évoqué l’insuffisance de données régulièrement disponibles sur les stocks de poissons dans les différentes zones aquatiques, une situation qui complique la planification et la gestion durable des ressources halieutiques.

Pour relever ces défis, M. Niyungeko a insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation de tous les acteurs du secteur, notamment les pêcheurs, les opérateurs privés et les autres intervenants. Il a salué, à cet égard, la participation du secteur privé aux travaux de la réunion, estimant que celui-ci doit jouer un rôle important dans la vulgarisation des décisions et des normes adoptées au niveau régional.

Il a également appelé au renforcement des capacités des acteurs du secteur de la pêche, ainsi qu’à une meilleure régulation du commerce des produits halieutiques, afin de prévenir une exploitation excessive des ressources et de préserver les stocks de poissons dont disposent les pays membres.


Ng’wasi Damas Kamani, vice-ministre de l’Elevage et de la Pêche de la République-Unie de Tanzanie

Pour sa part, Ng’wasi Damas Kamani, vice-ministre de l’Elevage et de la Pêche de la République-Unie de Tanzanie, a indiqué que les défis auxquels est confronté le secteur de la pêche sont notamment liés à la réglementation des activités sur le lac, à la lutte contre la pêche illégale et à la mise en œuvre des décisions. Elle a fait savoir que le lac Victoria, partagé entre la Tanzanie, l’Ouganda et le Kenya, constitue une importante source de revenus et de moyens de subsistance pour des millions de personnes.

Selon elle, la partie tanzanienne estime que plus de six millions de personnes dépendent directement ou indirectement du secteur de la pêche. Les difficultés qui affectent ce secteur peuvent ainsi entraîner des pertes d’emplois, notamment pour les jeunes, une baisse des revenus et des conséquences sur la sécurité et l’économie des communautés concernées. « Ces défis ne peuvent pas être éliminés par un seul pays », a-t-elle souligné, appelant à une collaboration accrue entre les Etats membres et les différents partenaires du secteur.

Pour surmonter ces défis, la Tanzanie, prête à assurer la présidence de l’organisation régionale, entend poursuivre les efforts engagés afin que les préoccupations exprimées par les différents pays soient prises en compte. Elle a réaffirmé sa volonté de travailler avec les partenaires pour trouver des solutions communes aux problèmes qui persistent dans le secteur de la pêche, a indiqué Ng’wasi Damas Kamani.

De ce qui précède, la Tanzanie compte renforcer son cadre juridique et réglementaire, afin de permettre aux partenaires de disposer de lois, de politiques et de règlements clairs pour lutter contre les activités illégales dans le secteur de la pêche. Elle a, en outre, fait état du renforcement des opérations de contrôle sur le lac, ainsi que des mesures visant à empêcher l’introduction sur son territoire des équipements utilisés dans les activités de pêche illégale et non réglementée, selon Mme Ng’wasi.

Photo de famille des participants

Les participants délégués de leurs pays à cette rencontre ont insisté sur le fait que la gestion durable des ressources halieutiques passe par une collaboration étroite entre les Etats, les experts, les pêcheurs et le secteur privé. Concernant les défis liés à la gestion du lac Victoria, ils ont évoqué la nécessité d’une réponse concertée des pays riverains.

Ils ont également insisté sur l’importance de la coopération dans la lutte contre les activités de pêche illégales, la collecte et le partage des données ainsi que le renforcement des mécanismes de contrôle.