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La CVR mobilise les notables collinaires pour faciliter la restitution des biens spoliés

ByAdministrateur

Nov 4, 2026
Mgr Kimararungu Aimé Désiré et Pascasie Léa Nzigamabasabo

GITEGA, 20 oct (ABP) – La Commission vérité et réconciliation (CVR) entend renforcer la contribution des notables collinaires, appelés « Abahuza », dans la recherche de solutions pacifiques aux conflits fonciers et patrimoniaux liés aux crises du passé. Elle les invite notamment à sensibiliser les communautés à la restitution volontaire des biens spoliés et à orienter les victimes vers les mécanismes appropriés de règlement des litiges.

Cette démarche a été au centre d’une réunion tenue lundi à Gitega (capitale politique et centre du Burundi), réunissant deux représentants des notables collinaires par commune, venus de différentes communes du pays, a appris l’ABP sur place.

Le vice-président de la CVR, Mgr Kimararungu Aimé Désiré et la secrétaire de cette commission, Pascasie Léa Nzigamabasabo, ont insisté sur l’importance de l’implication des notables dans la recherche de la vérité et le rétablissement des droits des personnes lésées. Leur connaissance des communautés et leur proximité avec les familles constituent, selon eux, des atouts pour prévenir l’aggravation des différends, rapprocher les parties et favoriser des accords acceptés par les personnes concernées.

Vue partielle des participants

Les conflits évoqués portent notamment sur les biens abandonnés par des personnes contraintes à l’exil, les propriétés de l’État occupées illégalement ainsi que les patrimoines familiaux accaparés en l’absence de certains héritiers ou membres de la famille. Face à ces situations, la CVR privilégie la restitution volontaire des biens et encourage la formalisation des accords conclus entre les parties. Ces notables collinaires ont été appelés à jouer un rôle de proximité auprès des familles en conflit et à transmettre à la CVR les dossiers relatifs aux violations du passé relevant de son mandat.

Madame Pascasie Léa Nzigamabasabo a recommandé aux notables d’examiner avec attention les dossiers qui leur sont soumis, afin de déterminer ceux qui relèvent effectivement de la compétence de la CVR et ceux qui doivent être orientés vers d’autres instances habilitées. « Vous devez jouer un rôle de proximité auprès des familles en conflit et transmettre à la CVR les dossiers relatifs aux violations du passé relevant de son mandat », a-t-elle insisté.

 » La gestion de certains conflits fonciers et patrimoniaux liés aux événements du passé, auparavant confiée notamment à la Commission nationale des terres et autres biens (CNTB) et à la Commission spéciale des terres et autres biens (CSTB), relève désormais de la CVR, dans les limites de son mandat », a encore rappelé Madame Nzigamasabo.

Elle les a, à cet effet, appelés à combattre les pratiques consistant à recourir à de faux documents ou à de fausses identités pour revendiquer des propriétés. Elle a, en outre, encouragé la population à faire preuve de vérité et à fournir les informations susceptibles de contribuer à l’établissement des faits. Les personnes détenant des biens en sachant qu’ils ont été spoliés ont également été également invitées à y renoncer et à les restituer à leurs propriétaires légitimes.

Les échanges ont également permis aux notables d’exprimer leurs préoccupations concernant le sort des victimes des différentes crises qu’a connues le Burundi. Ils ont notamment soulevé la question de l’inhumation digne des victimes ainsi que celle de l’indemnisation des familles ayant subi des pertes et des souffrances.

En réponse, Mgr Kimararungu a reconnu que, malgré les avancées enregistrées, les tâches qui attendent encore la Commission demeurent nombreuses. Il a souligné la nécessité de poursuivre les enquêtes afin de faire la lumière sur les événements du passé, de reconnaître les souffrances endurées et de contribuer au rétablissement des droits bafoués, autant d’éléments essentiels à une réconciliation durable.

À la suite des préoccupations exprimées, la CVR a annoncé la construction prochaine, à la Ruvubu, dans la province de Gitega, d’un site destiné à conserver les vestiges et les restes humains exhumés. Ce projet vise à préserver les traces matérielles des crises passées et à assurer la sauvegarde de la mémoire des victimes.

À travers cette mobilisation des notables collinaires, comme l’a signalé Lgr Kimararungu, la Commission souhaite consolider son ancrage communautaire, faciliter le règlement pacifique des différends et favoriser la restitution des biens aux personnes lésées. L’objectif est également de permettre aux victimes et à leurs familles de retrouver leurs droits et de voir leurs souffrances reconnues, dans une démarche de réconciliation fondée sur la vérité et la mémoire collective.

Signalons que la présentation d’un film documentaire illustrant les crises traversées par le Burundi, depuis la période coloniale jusqu’aux événements de 1972, a suscité une vive émotion parmi les participants. Certains notables, eux-mêmes marqués par ces événements, ont été submergés par les larmes. Cette séquence a mis en évidence la persistance des blessures liées au passé et les attentes des familles toujours en quête de vérité et de reconnaissance.