• mer. Nov 4th, 2026

Améliorer l’alimentation des enfants, des adolescents et des femmes vulnérables au centre des activités de Concern Worldwide

ByAdministrateur

Nov 4, 2026
Le gestionnaire du projet Concern Worldwide Burundi, M. Japhet Niyonkuru

GITEGA, 23 oct (ABP) – L’organisation Concern Worldwide a organisé, lundi le 19 octobre 2026 à Gitega, la capitale politique et centre du Burundi, une réunion de coordination avec les membres de la plateforme provinciale de sécurité alimentaire et nutritionnelle (PPSAN), consacrée au suivi et à la coordination des interventions nutritionnelles dans la province de Gitega, a appris l’ABP sur place.

Cette réunion s’inscrit dans le cadre du projet visant à améliorer les régimes alimentaires des enfants ainsi que les pratiques alimentaires des adolescents et des femmes dans les communautés vulnérables du Burundi.

Le projet est mis en œuvre par l’organisation Concern Worldwide Burundi, en partenariat avec le ministère ayant la santé publique dans ses attributions et celui chargé de l’agriculture, avec l’appui financier de l’UNICEF.

Lors de sa présentation, le gestionnaire du projet à Concern Worldwide Burundi, M. Japhet Niyonkuru, a indiqué que cette initiative s’inscrit dans un contexte marqué par des indicateurs préoccupants en matière de nutrition infantile. Elle vise à renforcer durablement la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations vulnérables, en particulier les jeunes enfants et les femmes enceintes.

Selon les données tirées dans l’enquête SMART 2024, présentées par M. Niyonkuru, 52,8 % des enfants âgés de 6 à 59 mois souffrent d’un retard de croissance, tandis que 8 % présentent une malnutrition aiguë. Chez les enfants âgés de 6 à 23 mois, seuls 28 % bénéficient d’un régime alimentaire diversifié, alors que 59 % des enfants de 6 à 59 mois souffrent d’anémie.

Les provinces de Gitega et de Muyinga figurent parmi les plus touchées par le retard de croissance, avec des prévalences respectives de 65,1 % et de 60,4 %, selon les chiffres communiqués. Les causes sous-jacentes de cette situation sont notamment la pauvreté, la faible diversité alimentaire, les mauvaises conditions d’hygiène ainsi que l’accès limité aux services nutritionnels et aux aliments riches en micronutriments, a indiqué M. Niyonkuru.

De son côté, Mme Perpétue Ntirakirwa, de la direction provinciale de la santé à Gitega, a affirmé que des cas de malnutrition infantile continuent d’être enregistrés en nombre non négligeable dans la province, alors même que certaines familles semblent accorder une attention particulière à l’alimentation.

Pour faire face à ces défis, M. Niyonkuru a expliqué que le projet entend améliorer la disponibilité des aliments sains et nutritifs ainsi que leur accessibilité, notamment pour les enfants âgés de 6 à 23 mois et les femmes enceintes.

Il prévoit également de renforcer les pratiques alimentaires et nutritionnelles au sein des ménages, tout en consolidant les acquis de l’allaitement maternel.

Parmi les principales approches communautaires envisagées figurent les foyers d’apprentissage nutritionnel (FAN), les activités relatives à l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (ANJE), les foyers d’apprentissage et de réhabilitation nutritionnelle (FARN), ainsi que les écoles des maris (EdM), a-t-il précisé.

Le projet prévoit également de s’appuyer sur les associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC), tout en promouvant l’utilisation de poudres de micronutriments pour la fortification des aliments à domicile.

Niyonkuru a par ailleurs fait savoir qu’au-delà des interventions alimentaires, l’initiative entend renforcer la gouvernance, la coordination et les capacités des différents acteurs intervenant dans les domaines de la nutrition et du développement de la petite enfance.

Cette approche multisectorielle, repose sur la complémentarité entre les systèmes alimentaires, les services de santé et de nutrition ainsi que la protection sociale, afin de contribuer à une amélioration durable de l’état nutritionnel des communautés vulnérables, a-t-il souligné.

Les participants à la réunion ont salué les actions menées par Concern Worldwide. De son côté, Mme Marie Sandrine Havyarimana, de la SEP/CNPS, a recommandé que les équipements et autres biens distribués, notamment le bétail, soient attribués individuellement aux bénéficiaires plutôt que d’être confiés à une seule personne, appelée « maman lumière ». Selon elle, la gestion collective de ces biens, notamment l’alimentation des animaux, pourrait poser des difficultés.

En réaction à cette proposition, le Dr Alice Tumwibaze, conseillère technique senior chargée de la santé et de la nutrition à Concern Worldwide, a indiqué que, malgré les difficultés liées à la collaboration et à la gestion collective, les résultats obtenus sont meilleurs lorsque les animaux sont confiés aux mamans lumière plutôt que distribués individuellement aux bénéficiaires. Elle a toutefois reconnu que, dans certains cas, les animaux peuvent être consommés et leurs œufs volés.

Pour sa part, Mme Perpétue Ntirakirwa a demandé à l’organisation de poursuivre son accompagnement afin de favoriser un changement de mentalité au sein des communautés.

Elle a notamment déploré le mauvais entretien de certains équipements, tels que les moulins destinés à faciliter les activités quotidiennes des bénéficiaires.

Les responsables administratifs ont été appelés à s’impliquer davantage dans la protection de ces équipements et à veiller au remplacement de certaines petites pièces défectueuses, sans attendre l’intervention d’autres services ou organisations.