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20% des ménages les plus riches au Burundi dépensent, par an, 6,8 fois plus que 20% des ménages les plus pauvres, selon l’ISTEEBU

ByAdministrateur

Fév 8, 2022

BUJUMBURA, 4 fév (ABP) – Quelque 20% des ménages les plus riches au Burundi dépensent, par an, 6,8 fois plus que 20% des ménages les plus pauvres, selon l’Institut des Statistiques et des études économiques (ISTEEBU) dans une enquête réalisée en 2020 sur les conditions de vie des ménages.

Des écarts apparaissent aussi entre différents niveaux de vie. Au niveau spatial, les écarts entre les provinces qui comptent plus de pauvres et celles comptant plus de riches sont importants.

De plus, pour les ménages les plus riches, un ménage de Bujumbura-Mairie dépense en moyenne, par an pour son équivalent adulte, 2.466.500 FBu alors que la moyenne nationale est de 918.100 FBu. Seuls les ménages des provinces Bujumbura, Makamba et Rumonge approchent la moitié de Bujumbura Mairie.

Selon l’ISTEEBU, l’alimentation représente une part importante des dépenses de consommation de ménages, soit 66,0%. Cette catégorie des dépenses se répartit comme suit : aliments et boissons non alcoolisées (63,6%), boissons alcoolisées, tabacs (1,8%) et hôtels et restaurants (0,6%). Les dépenses non alimentaires sont essentiellement réalisées pour payer le logement, l’eau, l’électricité, le gaz et les autres combustibles (14,3%) ; les meubles, les articles du ménage et l’entretien (4,7%), les transports (4,4%), l’habillement et les chaussures (2,8%), la santé (2,7%) et, dans une moindre mesure, les loisirs et cultures (1,0%).

Cette enquête révèle que la part du revenu total consacrée à l’alimentation baisse avec l’augmentation du niveau de vie.

Pour ce qui est des déterminants de la pauvreté, l’enquête montre que les ménages ruraux au Burundi sont plus exposés aux risques d’être pauvres comparativement à ceux du milieu urbain.

Par ailleurs, au regard des privations en condition de vie, à l’exception de la province Mwaro (où la pauvreté en condition de vie diminue de 16,8%), la pauvreté en condition de vie augmente lorsqu’on passe de Bujumbura-Marie à l’intérieur du pays.

Le sexe du chef de ménage induit aussi, selon l’ISTEEBU, des risques différentiels sur la pauvreté monétaire. Le risque d’être pauvre diminue significativement (-8,1%) pour la dimension monétaire lorsqu’un ménage est dirigé par un homme.

Par contre, la pauvreté en condition de vie augmente de 3,7% lorsqu’un ménage est dirigé par une femme. Ce résultat pourrait s’expliquer par la tendance des femmes à être plus rationnelles par rapport aux hommes lorsqu’elles sont chefs de ménage.

Il y a lieu de noter également une corrélation négative entre le niveau d’instruction et la probabilité d’être pauvre.

A noter que de meilleures conditions de vie monétaire pour les chefs de ménages opérant dans les activités non agricoles ont été révélées par cette enquête comparativement aux ménages opérant dans les activités du secteur primaire.

L’ISTEEBU recommande à l’Etat et aux bailleurs du Burundi de renforcer les programmes des filets sociaux et de sécurité pour essayer de relever les ménages se trouvant dans la pauvreté absolue. C’est l’une des voies les plus appropriées pour soulager les conditions de vie des populations les plus démunies. Il recommande par ailleurs de tirer un meilleur profit de la dynamique propre aux activités du secteur informel.

Les résultats des différentes phases de l’ECVMB-2013/2014 ont montré une contribution importante du secteur informel, notamment, dans la création des emplois et de la richesse nationale. Le dynamisme de ce secteur est perceptible particulièrement dans le commerce, l’industrie, l’artisanat et les services.

Aussi, la compréhension de sa nature, à travers des travaux analytiques, devrait-elle permettre de mieux répondre aux besoins et attentes de ce secteur, de manière à proposer des réponses adaptées à ses spécificités.

L’Etat devrait aussi renforcer davantage les infrastructures et promouvoir le développement dans les zones rurales. Pour la plupart des indicateurs, il a été constaté des disparités entre le milieu urbain et celui rural. Cela permettra de diminuer l’exode rural des populations, qui sont économiquement actives.