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Des possibilités de traiter l’infertilité existent selon un gynécologue

ByAdministrateur

Fév 17, 2022

BUJUMBURA, le 17 fév (ABP) –  » On dit qu’un couple est infertile, lorsqu’après une année de rapports sexuels normaux, non protégés, il n’y a pas de conception. » Dr Gabriel Nahayo, gynécologue obstétricien, s’exprimait mercredi le 16 février 2022 lors d’une interview sur l’infertilité qu’il a accordé à l’ABP, à la Clinique Cesare un centre de soins avancés en reproduction se trouvant en mairie de Bujumbura.

Ce professionnel de santé n’a pas oublié de mentionner que l’infertilité est différente de stérilité. Il a précisé que l’on parle de stérilité lorsque toutes les possibilités de conception sont annulées. Il a donné l’exemple d’une femme qui a atteint la ménopause ou d’une femme qu’on a enlevé les ovaires ou un homme qu’on a enlevé les testicules.

Ce gynécologue a d’abord rappelé que les problèmes d’infertilité sont très fréquents et le taux d’infertilité est identique partout dans le monde. Selon lui, on dénombre 15%de couples infertiles parmi tous les couples qui sont formés. Ce taux représente un problème de santé publique un peu partout dans le monde.

Concernant les causes, Dr Nahayo précise que les causes de l’infertilité ne sont pas uniquement féminines comme aiment le dire certaines personnes. Selon lui, on a 1/3 de causes qui sont d’origine masculine, 1/3 de causes d’origine féminine et 1/3 de causes qui sont partagées.  Il a aussi ajouté qu’en faisant la moyenne, chaque partenaire est responsable à environ 50%.

Ce spécialiste en matière de santé reproductive a profité de cette occasion pour signaler que dans certains cas, ça dépend des possibilités d’exploration. Il a expliqué que pour 10% de cas, on ne trouve pas la cause de l’infertilité. Dans ce cas on parle de l’infertilité inexpliquée.

Selon Dr Nahayo, chez la femme, les causes de l’infertilité qui sont souvent observées sont en grande ligne, des troubles de la fonction ovarienne et les obstacles mécaniques sur les voies génitales qui peuvent se trouver au niveau des trompes ou de la cavité utérine et même au niveau du col de l’utérus ou du vagin. Pour l’homme, il a précisé qu’on peut avoir des problèmes de production des spermatozoïdes qui peuvent être en nombre insuffisant, absents, qui peuvent avoir aussi une mobilité insuffisante ou tout simplement qui n’ont pas de capacité de fécondation.

L’homme peut aussi avoir des problèmes de migration des cellules germinales à partir des testicules jusqu’à l’excrétion des organes génitaux. Le gynécologue obstétricien Nahayo n’a pas manqué de souligner qu’il existe des possibilités de traitement de l’infertilité qui sont liés aux causes.

Il a précisé que chez la femme, on peut stimuler les ovulations et traiter les maladies endocriniennes.  Lorsque la femme a des problèmes d’obstacles sur les voies génitales, qui peuvent être secondaire à des infections ou à des maladies comme l’endométriose, on peut la traiter par la chirurgie ou par des traitements médicamenteux selon les causes.

Dr Nahayo a aussi fait savoir que si ces obstacles ne sont plus à porter des traitements, il faut recourir à des techniques de grossesse médicalement assistée, qui consiste à manipuler un ovule ou un spermatozoïde pour favoriser l’obtention d’une grossesse.  Il a informé que même ici au Burundi, il y a des cliniques qui sont sur le point d’introduire ces techniques de grossesse médicalement assistée dont la Clinique Cesare.

Pour le traitement des causes masculines, ce spécialiste indique que ça dépend du comptage des spermatozoïdes que l’on a, de leur mobilité, de leur morphologie mais aussi de leur nombre. Il a précisé que le 1er traitement qui est disponible au Burundi est l’insémination qu’on peut faire avec le sperme. Dr Nahayo a profité de cette occasion pour inviter les couples infertiles à consulter les médecins pour s’informer de leur situation. Il a aussi fait savoir que l’infertilité au sein du couple n’est pas un problème qui est relatif à l’un des partenaires, plutôt c’est un problème partagé. Il a insisté sur le fait que la consultation se fasse à deux, pour que les traitements se fassent à deux arguant que l’on peut améliorer chez l’un et chez l’autre pour avoir une grossesse.

Lors de son témoignage, une femme répondant au nom de Ngendakumana Aline, âgée de 37ans, vivant dans le quartier Winterekwa de la zone Gihosha, commune Ntahangwa de la mairie de Bujumbura, a témoigné à l’ABP que son infertilité a été traitée.

« Je me suis mariée en 2010, on n’a passé huit ans sans avoir un enfant. Mon mari m’a beaucoup maltraité Jusqu’à arriver à me fouetter m’accusant d’infertilité. Sa famille lui demandait chaque fois de m’expédier du foyer arguant que je suis venu décimer (guhonya umuryango) leur famille. On était même stigmatisé au niveau de notre entourage (Mu kibano baratuvuga,bakadutuma urutoke ngo ntituvyara ).  J’ai demandé à mon mari de venir avec moi pour voir le médecin c’était en 2016. Arrivé à l’hôpital, le gynécologue a constaté chez moi certains troubles de fonction ovarienne précisant qu’on peut essayer de les traiter.  Du côté de mon mari, le médecin a signalé qu’il ne voit aucun problème.

Le médecin a commencé à me faire des traitements, et après en 2019, j’ai eu la chance d’avoir une grossesse. Ma grossesse a évolué normalement et j’ai mis au monde un garçon.  J’ai dit gloire à Dieu et je remercie de tout mon cœur les médecins pour leur travail de sauver des vies. « Mme Ngendakumana demande aux couples infertiles, qui attendent toujours, de rester unis et d’aller voir le médecin pour connaître si l’intervention à leur endroit est encore possible.