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L’infertilité reste un problème de santé majeur tant sur le plan économique que social

ByAdministrateur

Déc 13, 2022

BUJUMBURA, 12 déc (ABP) – L’association nationale des technologistes biomédicaux du Burundi (ANTEBBU) a organisé samedi le 9 décembre 2022 une conférence de la biologie médicale 2 ème édition sous le thème : »Apports du laboratoire en santé sexuelle et reproductive « .

A cette occasion,  le directeur ai des laboratoires de biologie médicale au ministère de la santé publique et de la lutte contre le Sida Dr Nonera Jean Marie a rappelé que lors de la conférence de la fondation Merck du 16 juin 2022 en marge du mois mondial de sensibilisation sur l’infertilité ,la présidente de la fondation Merck, Dr Rasha Kalej a fait savoir qu’en Afrique, l’incidence de l’infertilité est très élevée, précisant aussi qu’un couple sur quatre est infertile.

Selon Dr Kalej, environ 85% des causes d’infertilité sont dues à des maladies infectieuses non traitées, des avortements ou des accouchements à risque, le mariage précoce, et autres. Néanmoins, même si ces causes semblent évitables et traitables  dans certains cas, les efforts fournis pour leur réduction ne sont pas satisfaisants.

Il a précisé qu’au Burundi, cette thématique est rarement évoquée malgré qu’il reste un problème de santé majeur tant sur le plan économique et social. Il a pointé du doigt la stigmatisation à l’endroit des femmes issues des couples infertiles, et les dépenses énormes pour tenter de recouvrir la fertilité en raison de l’insuffisance des services de prise en charge adéquate de l’infertilité au niveau du Burundi.

Selon le président de l’ANTEBBU, M.Emmanuel  Hakizimana, la biologie médicale est une blanche qui consiste à diagnostiquer les différentes maladies.  Pour le cas de l’infertilité, la biologie médicale va déterminer le problème qu’il y a dans un couple infertile, si le problème se trouve chez l’homme ou chez la femme, et à quel niveau.

Selon M. Hakizimana, la biologie médicale intervient aussi lors de la surveillance de l’efficacité du traitement donné par le gynécologue.  Il n’a pas manqué de signaler que cette conférence a été organisée pour faire mieux connaître et mieux comprendre l’impact de l’infertilité au Burundi, grâce à une action efficace de communication, d’éducation, de formation et renforcement des bases de connaissances et factuelles par le diagnostic, le traitement, la surveillance et la recherche. Il a demandé aux décideurs en général et ceux de la santé en particulier, de penser à la mise en place d’un centre spécialisé pour le traitement de l’infertilité. Apres cette conférence, il est prévu une campagne d’information, de communication, et de sensibilisation sur l’infertilité, a-t-il souligné. Dans les perspectives d’avenir, l’ANTEBBU compte faire des dépistages volontaires à l’endroit des couples infertiles pour arriver à avoir des chiffres prouvant l’ampleur du phénomène.

Le Dr Barnabé Mbonimpa, gynécologue obstétricien à la clinique Cesare a quant à lui fait savoir que les principales causes de l’infertilité chez la femme sont les troubles hormonaux, les infections mal traitées, des malformations au niveau des trompes, les troubles ovulatoires et autres. Il a précisé que l’infertilité est différente de la stérilité dans la mesure où l’infertilité peut guérir une fois prise en charge à temps et pour le cas de la stérilité c’est quand on trouve que dans un couple, l’homme ou la femme présente un problème qu’on ne peut pas corriger. Il a profité de cette occasion pour inviter les couples infertiles à consulter le médecin étant à deux pour que le gynécologue puisse détecter l’origine du problème, au lieu de penser que les causes de l’infertilité se trouvent du côté de la femme seulement du fait  que la culture burundaise prend l’infertilité masculine comme un sujet tabou.

Vue partielle des participants